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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2001268

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2001268

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2001268
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère chambre
Avocat requérantDEBLOIS DANCIE BOURRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I une requête enregistrée le 9 septembre 2020 et un mémoire enregistré le 7 février 2022, M. B A, représenté I Me Dancie, demande au tribunal :

1°) d'ordonner une expertise médicale aux fins de déterminer les causes de la dégradation de son état de santé ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges à lui verser une somme de 29 700 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices ;

3°) de condamner le CHU aux entiers dépens ;

4°) de mettre à la charge de cet établissement la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a été victime d'une infection nosocomiale à la suite de l'intervention chirurgicale qu'il a subie au CHU de Limoges le 13 octobre 2016 et dont cet établissement est responsable en application de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ;

- une expertise médicale est nécessaire pour déterminer notamment la consistance et l'imputabilité des dommages, pour fixer la date de consolidation, pour évaluer l'importance de ses préjudices ;

- compte tenu de l'engagement de la responsabilité du CHU de Limoges, il est fondé à obtenir le versement d'une allocation provisionnelle de 29 700 euros.

I des mémoires enregistrés le 14 septembre 2020 et le 1er août 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Charente-Maritime ne s'oppose pas à la demande d'expertise et de provision sollicitée I M. A, demande le remboursement de ses débours évalués à 213 463,34 euros, somme à assortir des intérêts au taux légal à compter du jugement, et d'une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

I des mémoires en défense enregistrés le 20 novembre 2020 et le 26 novembre 2021, le CHU de Limoges, représenté I Me Valière-Vialeix, conclut au rejet de la requête de M. A et à la demande de remboursement présentée I la caisse.

Il fait valoir que la demande d'expertise est dépourvue de toute utilité dès lors que l'expertise en date du 1er août 2019, diligentée à la demande de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) comporte tous les éléments nécessaires pour apprécier le bien-fondé des prétentions de M. A. Il soutient que la demande d'allocation provisionnelle doit également être rejetée dès lors que M. A est en mesure de solliciter la liquidation définitive de ses préjudices qu'il a refusé la proposition amiable qui lui a été faite de l'indemniser à hauteur de la somme qu'il demande dans la présente instance, qu'une provision ne peut être allouée quand est demandé simultanément la désignation d'un expert pour se prononcer sur d'éventuels manquements.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,

- les observations de Me Dancie, représentant M. A,

- les observations de Me Veyriras, représentant le CHU de Limoges.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été admis au CHU de Limoges le 26 septembre 2016 en raison d'un œdème pulmonaire avec insuffisance mitrale de grade 4. Il a été opéré le 13 octobre suivant et sa valve mitrale a été remplacée I une valve mécanique. 3 jours plus tard, est diagnostiqué un choc septique avec Escherichia Coli et Klebsielle en lien avec la pose d'un catheter lors de l'intervention du 13 octobre 2016, qui a rendu nécessaire un transfert en réanimation le 19 octobre 2016 et l'administration d'un traitement antibiotique. Il a subi une trachéotomie de sevrage le 14 novembre 2016 et différents dysfonctionnements cardio-vasculaires et liés à une insuffisance rénale ont été pris en charge. A sa sortie de l'hôpital le 12 décembre 2016, l'intéressé a été atteint d'une neuropathie de réanimation touchant les 4 membres, avec impossibilité de marcher. Du 12 décembre 2016 au 09 janvier 2017, M. A a été accueilli I le service de soins de suite et de réadaptation de l'établissement médical Sainte-Feyre, sans qu'il ne puisse retrouver la station debout ni la marche. M. A a ensuite été pris en charge jusqu'au 1er décembre 2017 au SSR Lalande où il a été décanulé le 27 février 2017. L'intéressé, qui a réintégré son domicile le 1er décembre 2017, conserve une paraplégie des membres inférieurs et des douleurs invalidantes.

2. Estimant que les séquelles et douleurs dont il souffre étaient imputables à une infection nosocomiale, M. A a saisi la CCI le 21 janvier 2019 d'une demande d'indemnisation de ses préjudices. Après expertise confiée le 2 mai 2019 aux docteur C F, spécialiste en maladies infectieuses et au docteur H D, neurologue, lesquels ont rendu leur rapport le 1er août 2019, la CCI a émis un avis au terme duquel la réparation du dommage subi I M. A incombe au CHU de Limoges au titre d'une infection nosocomiale contractée I l'intéressé à la faveur de sa prise en charge dans cet établissement de santé.

3. I la présente requête, M. A demande au tribunal d'ordonner une expertise sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative et de condamner cet établissement à lui verser une allocation provisionnelle d'un montant de 29 700 euros dans l'attente qu'il puisse, après avoir pris connaissance des résultats de l'expertise qui sera ordonnée, chiffrer l'ensemble de ses préjudices. La CPAM de la Charente-Maritime s'associe à la demande d'expertise sollicitée I le requérant et demande le remboursement des débours qu'elle a exposés pour le compte de M. A.

Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Limoges :

4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute./ Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Si ces dispositions font peser sur l'établissement de santé la responsabilité des infections nosocomiales, à moins que la preuve d'une cause étrangère soit rapportée, seule une infection survenant au cours ou au décours d'une prise en charge, qui n'était ni présente ni en incubation au début de la prise en charge et dont il n'est pas établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge peut être qualifiée de nosocomiale. L'appréciation du caractère nosocomial d'une infection ne dépend pas de l'origine du germe, mais seulement de l'origine de l'infection du patient I ce germe. Enfin, il n'y a pas lieu de tenir compte de ce que la cause directe de l'infection a le caractère d'un accident médical non fautif ou a un lien avec une pathologie préexistante pour qualifier l'infection de nosocomiale si les critères précédemment définis sont réunis.

5. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise des docteurs F et D, que M. A a présenté le 19 octobre 2016 un choc septique à Escherichia Coli et Kiebsielle dans les suites immédiates de la chirurgie cardiaque réalisée le 13 octobre 2016 au CHU de Limoges, laquelle a consisté au " remplacement valvulaire mitral I valve mécanique ". Il n'est pas établi que cette infection aurait été présente ou en incubation au début de la prise en charge de M. A I le CHU de Limoges, et ce dernier ne rapporte pas la preuve d'une cause étrangère. Compte tenu de ces éléments, quand bien même le diagnostic et le traitement de cette infection ont été conduits conformément aux règles de l'art comme l'indiquent les experts grâce en particulier à l'association " de manœuvres intensives de réanimation et de traitement anti-infectieux adaptés ", le requérant est fondé à rechercher la responsabilité du CHU de Limoges, lequel ne conteste pas sa responsabilité de plein droit, sur le fondement des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.

Sur l'évaluation des préjudices subis I M. A :

6. Aux termes de l'article R.621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés I sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. ".

7. Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge l'existence d'une faute et la réalité du préjudice subi. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.

8. D'une part, si le requérant conteste la date de consolidation retenue I les experts au 27 février 2017, il résulte de l'instruction que la CCI a retenu une date de consolidation au 1er décembre 2017 et a, en conséquence, proposé une indemnisation au titre du déficit fonctionnel temporaire du 26 septembre 2016 au 1er décembre 2017. Ensuite, contrairement à ce qui est soutenu I le demandeur, les experts comme la CCI ont retenu que le choc sceptique était intervenu le 19 octobre 2016, la date du 19 juin 2016 mentionnée à une reprise dans le rapport d'expertise relevant d'une erreur de plume.

9. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'alors que " les suites opératoires [ont été] simples " dans un premier temps avec un sevrage mécanique à J2 et que les échographies de contrôle post- opératoires [ont été] satisfaisantes], le matin du 19 octobre 2016 M. A a présenté une détresse respiratoire avec polypnée, tirage, balancement thoraco-abdominal et désaturation à 80% malgré l'instauration d'une ventilation non invasive, associée à une hyper-thermie majeure à 40° et une atélectasie du poumon gauche. A la suite de ce choc septique à Escherichia Coli et Kiebsielle, l'intéressé a connu un séjour très prolongé en réanimation, jusqu'au 12 décembre 2016 pour détresse respiratoire aigüe avec des difficultés de sevrage cardiorespiratoire, une insuffisance rénale et une impotence fonctionnelle. Les experts indiquent que, au niveau neurologique, " il existait une neuromyopathie de réanimation majeure touchant les quatre membres ". Ces mêmes experts indiquent également qu'une IRM cérébrale réalisée le 25 juillet 2017 " montrera une atrophie cérébrelleuse modérée et accidents ischémiques ". Si les experts concluent que, au jour de l'expertise, aucun signe en faveur d'une neuropathie de réanimation n'existe, ils n'expliquent pas les difficultés de la station debout et de la marche alors que la force musculaire est totalement conservée au niveau des membres inférieurs et n'ont pas fait procéder aux investigations complémentaires qui auraient permis de corroborer ou d'infirmer leur hypothèse d'une neuropathie de type ischémie cérébrale sans rapport avec la réanimation, ni l'évolution clinique du sepsis. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, le rapport d'expertise susvisé, qui ne se prononce pas sur l'ensemble des préjudices, notamment sur l'incidence professionnelle, et retient sans plus d'explication un déficit fonctionnel permanent indemnisable de 5% tout en notant que le déficit fonctionnel permanent théorique serait de 70%, ne permet pas au tribunal de déterminer dans quelle mesure les séquelles conservées I M. A sont en lien direct et certain avec l'infection nosocomiale dont il a été victime et les conditions de sa prise en charge, ni de déterminer l'étendue et le montant des préjudices subis résultant de ce phénomène infectieux. I suite, l'état du dossier ne permet pas au tribunal de statuer en toute connaissance de cause sur les préjudices directement imputables à cette infection. Il y a dès lors lieu d'ordonner une expertise aux fins précisées I l'article 2 du présent jugement.

Sur les conclusions tendant à l'octroi d'une allocation provisionnelle :

10. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini. L'absence de consolidation, impliquant notamment l'impossibilité de fixer définitivement un taux d'incapacité permanente, ne fait toutefois pas obstacle à ce que soient mises à la charge du responsable du dommage les dépenses futures dont il est d'ores et déjà certain qu'elles devront être exposées à l'avenir, ainsi que la réparation de l'ensemble des conséquences déjà acquises de la détérioration de l'état de santé de l'intéressé.

11. Si, ainsi qu'il l'a été dit ci-dessus, l'état du dossier ne permet pas d'apprécier l'étendue et le montant des préjudices liés aux conséquences de l'infection nosocomiale dont a été victime M. A, il résulte cependant de l'instruction et notamment du rapport d'expertise des docteurs F et D que l'intéressé a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 19 octobre 2016 au 1er décembre 2017, des souffrances, un préjudice esthétique temporaire, un déficit fonctionnel et un préjudice esthétique permanents. La réparation définitive de ces seuls préjudices certains, ne saurait être inférieure à 29 700 euros, somme demandée I M. A et qui avait été proposée I le centre hospitalier dans le cadre d'une offre d'indemnisation établie le 20 janvier 2020. Dans ces conditions, il y a lieu d'allouer à M. A, la somme de 29 700 euros à titre de provision à valoir sur la réparation définitive des préjudices de ce dernier.

12. Il résulte de ce qui précède que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de Limoges à verser à M. A une somme provisionnelle de 29 700 euros et de réserver jusqu'en fin d'instance tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué I le présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er: Le CHU de Limoges est condamné à verser à M. A une somme de 29 700 (vingt-neuf mille sept cents) euros à titre de provision.

Article 2:Il sera, avant de statuer sur la demande indemnitaire de M. A, procédé à une expertise médicale complémentaire en présence de ce dernier, de la caisse primaire d'assurance maladie de Charente Maritime, du centre hospitalier universitaire de Limoges et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Article 3: L'expert aura pour mission de :

1°) se faire communiquer et prendre connaissance de tous documents relatifs à l'état de santé de M. A et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de sa prise en charge I le centre hospitalier universitaire de Limoges ;

2°) examiner M. A et décrire la nature et l'étendue des séquelles qu'il a gardées en précisant notamment l'origine des troubles de la station debout et de la marche, la part éventuelle de ces séquelles relevant de son état antérieur ou de ses pathologies initiales, la part de ses séquelles en lien direct avec l'infection nosocomiale dont il a été victime et les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge, notamment I le recours à un séjour prolongé en réanimation ;

3°) en retenant comme date de consolidation le 1er décembre 2017, se prononcer sur la nature et l'étendue des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux, temporaires et permanents subis I M. A, directement et exclusivement liés à l'infection nosocomiale contractée à la suite de sa prise en charge le 26 septembre 2016 au CHU de Limoges, à l'exclusion de ceux résultant de la pathologie ayant justifié son hospitalisation, ainsi que de l'évolution et des conséquences prévisibles de celle-ci et, plus généralement, de toute autre cause étrangère ;

Article 4:L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachant, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le Tribunal et tous les examens qu'il jugera utile pour remplir sa mission. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 5:L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires dans le délai fixé I le président du tribunal dans sa décision le désignant et en notifiera copie aux parties intéressées telles que précisées à l'article 2 du présent jugement, le cas échéant, avec leur accord, sous forme électronique.

Article 6:Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement I le président du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-11 du code de justice administrative.

Article 7:Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué I le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance, y compris la charge définitive des dépens.

Article 8:Le présent jugement sera notifié à M. G A, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime, à la société hospitalière des assurances mutuelles et au centre hospitalier universitaire de Limoges. Une copie sera adressée à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à l'expert.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 où siégeaient :

- M. Gensac, président,

- M. Martha, premier conseiller,

- M. Boschet, premier conseiller.

Rendu public I mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

Le rapporteur,

F. E

Le président,

P. GENSAC

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

aj

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