mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001651 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CHARTIER PREVOST -PLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 novembre 2020, Mme C B, représentée par Me Des Champs De Verneix, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 10 061,24 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 13 juillet 2020, à laquelle elle estime avoir droit en exécution du jugement du 30 janvier 2020 par lequel le tribunal a condamné l'Etat à réparer le préjudice financier qu'elle a subi en raison de l'illégalité de son licenciement pour insuffisance professionnelle et l'a renvoyée devant le ministre chargé de l'agriculture pour le calcul de l'indemnité ;
2°) de mette à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- contrairement à ce qu'a estimé le ministre chargé de l'agriculture, seule la moitié de la somme versée par Pôle emploi au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi pendant la période de son éviction irrégulière devait être déduite de l'indemnité à laquelle elle est en droit de prétendre en exécution du jugement du 30 janvier 2020 ;
- compte tenu des calculs produits dans son courrier du 10 mai 2020, elle est fondée à demander le versement d'une somme globale de 10 061,24 euros en réparation du préjudice financier qu'elle a subi en raison de l'absence de versement de sa rémunération pendant la période de son éviction irrégulière.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2021, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation conclut au rejet de la requête comme non-fondée ou, à titre subsidiaire, à ce que le montant de l'indemnisation allouée à Mme B soit limité à 4 954,46 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 71-750 du 14 septembre 1971 ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 94-50 du 12 janvier 1994 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Me Des Champs de Verneix, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Recrutée par le ministre chargé de l'agriculture en contrat à durée indéterminée pour exercer les fonctions d'enseignante au lycée d'enseignement général et technologique agricole Les Vaseix à Limoges à compter du 15 septembre 2018, Mme B a été licenciée pour insuffisance professionnelle par un arrêté ministériel du 12 juillet 2012, qui a pris effet le 12 octobre 2012. Par un jugement n° 1201715 du 20 juin 2013, confirmé en appel, le tribunal a annulé cet arrêté et a condamné l'Etat à verser une somme de 5 000 euros à Mme B en réparation de son préjudice moral. A la suite de ce jugement, le ministre chargé de l'agriculture, par arrêté du 26 juillet 2013, a prononcé rétroactivement la réintégration de l'agent dans ses anciennes fonctions à compter du 12 octobre 2012. L'intéressée a repris effectivement ses fonctions à compter du 2 septembre 2013. Par un jugement n° 1601270 du 30 janvier 2020, le tribunal, selon l'article 1er de ce jugement, a condamné l'Etat à verser à Mme B une indemnité au titre du préjudice résultant de la perte de sa rémunération pendant la période de son éviction irrégulière, avec les intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable du 23 mai 2016. L'état de l'instruction ne permettant pas de déterminer l'étendue du droit à indemnisation de Mme B, le tribunal, par l'article 2 de son jugement, l'a renvoyée devant le ministre chargé de l'agriculture pour le calcul de l'indemnité à laquelle elle pouvait prétendre, " conformément aux éléments fixés par les motifs du présent jugement ".
2. Par un courrier du 10 mai 2020, Mme B a sollicité " l'exécution du jugement " et, à cette fin, a demandé au ministre chargé de l'agriculture de lui verser une somme globale de 10 061,24 euros. Par une décision du 4 juin 2020, le ministre chargé de l'agriculture a refusé de faire droit à cette demande au motif que " le montant de l'allocation d'aide au retour à l'emploi versé par Pôle emploi était supérieur à la rémunération [qui lui aurait été] versée si [elle n'avait] pas été licenciée " et qu'ainsi, aucune indemnité ne devait lui être versée en exécution du jugement du 30 janvier 2020. Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision par un courrier du 8 juillet 2020, reçu le 13 juillet 2020, qui a été implicitement rejeté. Estimant qu'en lui refusant le paiement de l'indemnité qu'elle a réclamée, le ministre chargé de l'agriculture n'a pas exécuté ce jugement, Mme B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser cette somme de 10 061,24 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 13 juillet 2020, correspondant au préjudice financier qu'elle a subi en raison de l'absence de versement de sa rémunération pendant la période de son éviction irrégulière.
Sur la somme devant être versée par l'Etat en exécution du jugement du 30 janvier 2020 :
3. Il résulte de l'instruction qu'avant la prise d'effet de son licenciement, Mme B bénéficiait, d'une part, de sa rémunération versée par l'Etat en contrepartie du service à temps incomplet à 50 % qu'elle effectuait au lycée d'enseignement général et technologique agricole Les Vaseix à Limoges, d'autre part, compte tenu de l'exercice à temps incomplet de son activité, d'une allocation d'aide au retour à l'emploi d'un montant journalier de 51,50 euros bruts, dont elle ne percevait que la moitié en raison de sa quotité de travail en qualité d'enseignante. Il est constant que si Mme B n'avait pas été irrégulièrement évincée, elle aurait eu une chance sérieuse de continuer à percevoir ces deux sources de revenus pendant la période du 12 octobre 2012 au 1er septembre 2013. Après exclusion des primes et des indemnités uniquement destinées à compenser des frais, charges ou contraintes liés à l'exercice effectif des fonctions, le préjudice financier subi par Mme B du fait de son licenciement, dont elle a droit à la réparation intégrale comme rappelé au point 4 du jugement du 30 janvier 2020, devait, comme indiqué au point 8 de ce même jugement, être évalué au regard de la différence entre les revenus nets qu'elle aurait dû percevoir et les revenus nets qu'elle a effectivement perçus. S'il résulte de l'instruction que, pour la période du 12 octobre 2012 au 1er septembre 2013, Mme B a perçu une somme globale de 15 635,71 euros nets au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, cette somme ne pouvait, afin de déterminer l'étendue exacte de son préjudice financier, et eu égard à son droit à la réparation intégrale de ce préjudice, être déduite dans son intégralité de l'indemnisation susceptible de lui être allouée. Contrairement à ce que soutient le ministre chargé de l'agriculture, la circonstance qu'au point 11 de son jugement du 30 janvier 2020, le tribunal a précisé que " l'ensemble des revenus, issus du travail ou des prestations de remplacement doivent être déduites du montant alloué au titre de l'indemnisation du préjudice financier subi par un agent public irrégulièrement évincé " n'impliquait pas que, en l'espèce, cette somme de 15 635,71 euros devait être intégralement déduite dès lors, notamment, que seule la moitié de cette somme constituait une prestation de remplacement de la rémunération non versée pendant la période d'éviction, l'autre moitié devant en tout état de cause être versée en l'absence même de licenciement. Il s'ensuit que, comme le soutient Mme B, seule la moitié de cette somme de 15 635,71 euros, à savoir 7 817,86 euros, devait être déduite de l'indemnité à laquelle elle avait droit en exécution du jugement du 30 janvier 2020.
4. Au point 10 de son jugement du 30 janvier 2020, le tribunal a indiqué que " le montant des rémunérations dont Mme B est fondée à demander l'indemnisation doit être calculé sur la base hebdomadaire de 9 heures contractualisées, auquel s'ajoute la part fixe de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves (ISOE), le supplément familial de traitement et 1,10 heure supplémentaire, à payer au taux applicable aux HSA en vigueur au moment du licenciement, la somme ainsi obtenue étant à multiplier par le nombre de semaines d'éviction irrégulière ". Compte tenu des calculs particulièrement précis et détaillés figurant dans le mémoire en défense produit par le ministre chargé de l'agriculture, qui ne sont d'ailleurs pas utilement contestés, la rémunération nette que l'intéressée avait une chance sérieuse de percevoir pendant la période du 12 octobre 2012 au 1er septembre 2013 inclus s'élève à 12 772,30 euros. Après déduction de la somme de 7 817,86 euros mentionnée au point 3, le préjudice financier subi par Mme B en raison de l'absence de versement de sa rémunération pendant cette période est donc de 4 954,44 euros. Il y a donc lieu de condamner l'Etat au paiement de cette somme de 4 954,44 euros à Mme B. Il y a également lieu de condamner l'Etat à verser une somme correspondant aux intérêts au taux légal dus sur cette somme, à compter de la date de réception de la demande préalable du 23 mai 2016, et jusqu'au 30 janvier 2020.
Sur les intérêts :
5. Comme elle le demande, Mme B a droit aux intérêts au taux légal dus sur les sommes mentionnées au point 4 à compter du 13 juillet 2020.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante, une somme de 1 500 euros à verser à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: L'Etat est condamné à verser à Mme B, d'une part, une somme de 4 954,44 (quatre mille neuf cent cinquante-quatre euros et quarante-quatre centimes) en réparation du préjudice financier qu'elle a subi en raison de son licenciement, d'autre part, une indemnité correspondant aux intérêts au taux légal dus sur cette somme à compter de la date de réception de la demande préalable du 23 mai 2016, et jusqu'au 30 janvier 2020.
Article 2:Les sommes mentionnées au point 1 porteront intérêts au taux légal à compter du 13 juillet 2020.
Article 3:L'Etat versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Ce jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le rapporteur,
J.B. A
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026