jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001733 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CHARTIER PREVOST -PLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 novembre 2020 et 24 août 2021, la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre, représentée par son maire en exercice, représentée par Me Pauliat-Defaye, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du président de la communauté de communes Ouest Limousin rejetant sa demande du 23 juillet 2020 tendant à procéder à la mise en sécurité du site situé 21 rue de la République et au retrait des gravats suite à la mise en œuvre de la procédure de péril imminent ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Ouest Limousin de mettre fin au péril sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Ouest Limousin la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les dispositions de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation ont été méconnues dès lors qu'il ressort du procès-verbal de constat dressé le 25 mai 2020 que la communauté de communes Ouest Limousin s'est bornée à démolir l'immeuble en péril sans respecter l'ensemble des préconisations du rapport d'expertise diligenté à ce sujet qui visait, outre la démolition, le tri des matériaux, la récupération des pierres de taille et l'enlèvement aux décharges ;
- un avis de l'architecte des Bâtiments de France du 15 avril 2020 indique que la démolition du bâtiment ne pourra être effective qu'après proposition d'un aménagement de la parcelle ;
- les dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'environnement ont également été méconnues dès lors que la communauté de communes Ouest Limousin a la qualité de maître d'ouvrage dans l'opération de démolition qu'elle a menée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 août 2021 et 30 novembre 2022, la communauté de communes Ouest Limousin, représentée par Me Plas, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la commune intéressée ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F,
- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mons-Bariaud, représentant la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre, et de Me Plas, représentant la communauté de communes Ouest Limousin,
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Saint-Laurent-sur-Gorre demande l'annulation de la décision implicite du président de la communauté de communes Ouest Limousin rejetant sa demande du 23 juillet 2020 tendant à procéder à la mise en sécurité du site situé 21 rue de la République et au retrait des gravats suite à la mise en œuvre de la procédure de péril imminent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation alors en vigueur : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. / Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais. / Si les mesures ont à la fois conjuré l'imminence du danger et mis fin durablement au péril, le maire, sur le rapport d'un homme de l'art, prend acte de leur réalisation et de leur date d'achèvement. / Si elles n'ont pas mis fin durablement au péril, le maire poursuit la procédure dans les conditions prévues à l'article L. 511-2 ". En application de l'article R. 511-2 du même code, le maire ou le président de la communauté de communes informe l'architecte des Bâtiments de France de la mise en œuvre de la procédure prévue à l'article L. 511-3 lorsqu'est concerné un immeuble situé dans un périmètre de protection des monuments historiques créée conformément aux articles L. 642-1 et L. 642-2 du code du patrimoine.
3. Par une ordonnance n° 2000362 du 10 mars 2020, le tribunal, saisi par la communauté de communes Ouest Limousin, bénéficiant du transfert de la police administrative spéciale au titre des articles L. 511-1 à L. 511-6 du code de la construction et de l'habitation, a désigné un expert pour qu'il se prononce sur l'état du bâtiment situé sur le territoire de la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre, 21 rue de la République, parcelle cadastrée section C n° 104, et appartenant à Mme D A, M. G A et M. E B. L'expert désigné devait dire si ce bâtiment présentait un péril grave et imminent et dresser, le cas échéant, un constat de l'état des bâtiments mitoyens et, dans le cas d'un péril grave et imminent, proposer les mesures conservatoires et définitives de nature à mettre fin à l'imminence du péril. Le rapport d'expertise, qui a été rendu le 16 mars 2020, a indiqué que la seule solution envisageable était la démolition de l'ensemble avec le tri des matériaux, la récupération des pierres de taille et l'enlèvement aux décharges. Par suite, la communauté de communes Ouest Limousin a pris un arrêté, le 17 mars 2020, enjoignant les propriétaires de l'immeuble précité de prendre, dans un délai d'un mois, toutes mesures utiles pour garantir la sécurité publique. Les propriétaires n'ayant pas exécuté les prescriptions de cet arrêté, la communauté de communes a procédé à la démolition de l'immeuble en cause.
4. Toutefois, la commune requérante soutient que la communauté de communes a laissé sur place des gravats et s'est bornée à délimiter le site par des barrières en métal galvanisé et de la rubalise. Ces faits sont corroborés par deux constats d'huissiers datés des 25 mai et 17 août 2020. Alors même que la communauté de communes précitée a conjuré l'imminence du danger et que les propriétaires de l'immeuble avaient l'intention de conserver les gravats afin de les vendre, dès lors qu'il n'est pas contesté que des travaux de tri, de chargement et d'évacuation des déchets, directement en lien avec l'exécution de l'arrêté du 17 mars 2020, ont été mentionnés parmi les mesures nécessaires à la garantie de la sécurité publique dans le rapport d'expertise précité, dès lors qu'un avis de l'architecte des Bâtiments de France du 15 avril 2020 indique que la démolition du bâtiment ne pourra être effective qu'après le confortement du mur mitoyen à l'immeuble en cause, impliquant nécessairement le déblaiement et l'évacuation des gravats et qu'également à la date du présent jugement, il n'est pas davantage contesté que le défendeur n'a pas effectué lesdits travaux, chargement et évacuation des déchets afin de mettre fin durablement au péril au regard, par ailleurs, de la configuration des lieux qui sont aisément accessibles aux usagers de la voie publique, la communauté de communes a méconnu les dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation. Ainsi, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre est fondée à demander l'annulation de la décision implicite attaquée par laquelle la communauté de communes Ouest Limousin a rejeté sa demande de retrait des gravats et à la mise en sécurité du site.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'annulation de la décision implicite attaquée a été prononcée au motif que le président de la communauté de communes Ouest Limousin a méconnu les dispositions de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation. Par suite, et en l'absence de changement dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au président de la communauté de communes précitée, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de mettre en sécurité le site situé sur la parcelle cadastrée section C n° 104, appartenant à Mme D A, M. G A et M. E B, en retirant les gravats présents sur ledit site. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la communauté de communes Ouest Limousin la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que la commune précitée, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à la communauté de communes la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du président de la communauté de communes Ouest Limousin rejetant la demande du 23 juillet 2020 de la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre tendant à procéder à la mise en sécurité du site situé 21 rue de la République et au retrait des gravats suite à la mise en œuvre de la procédure de péril imminent est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président de la communauté de communes Ouest Limousin, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de mettre en sécurité le site situé sur la parcelle cadastrée section C n° 104, appartenant à Mme D A, M. G A et M. E B, en retirant les gravats présents sur ledit site.
Article 3 : La communauté de communes Ouest Limousin versera à la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre la somme de 1 200 (mille deux cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la communauté de communes Ouest Limousin sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 :Le présent jugement sera notifié à la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre et à la communauté de communes Ouest Limousin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
A. F
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026