mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001821 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ETCHEVERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 décembre 2020 et le 23 décembre 2021, Mme E A, représentée par Me Etcheverry demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juin 2019 par laquelle l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (Oniam) a refusé de l'indemniser au titre de la solidarité nationale ;
2°) de condamner cet établissement à l'indemniser au titre de l'accident médical non fautif qu'elle a subi le 22 janvier 2016 et à titre provisionnel à hauteur d'une somme de 50 000 euros à valoir sur l'indemnisation définitive de ses préjudices ;
3°) de condamner l'Oniam à lui verser une somme de 5 000 euros à titre de " dommages et intérêts pour résistance abusive " ;
4°) d'ordonner avant dire-droit une expertise aux fins de déterminer l'étendue des préjudices qu'elle a subis en lien avec cet accident médical ;
5°) de mettre à la charge de l'Oniam une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'intervention pratiquée sur son œil droit et qui a conduit à la perte de la vision de cet œil revêt le caractère d'un accident médical non fautif ;
- cet acte de soins a entrainé des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles elle était exposée de manière probable en l'absence de traitement ;
- l'expert a relevé un déficit fonctionnel permanent égal à 24 % ;
- les conséquences dommageables des complications accidentelles de l'acte en cause, qui satisfont au critère de gravité requis par les dispositions du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique doivent dès lors être indemnisées au titre de la solidarité nationale ;
- une expertise devra être ordonnée afin de déterminer l'étendue de ses préjudices ainsi qu'une date de consolidation dès lors que postérieurement au dépôt du rapport d'expertise du 12 août 2018 par l'expert mandaté par la CCI, de nouveaux soins lui ont été prescrits et qu'elle a subi le 23 janvier 2020 une éviscération de l'œil droit avant mise en place d'une prothèse provisoire le 6 mars 2020 et définitive le 30 avril 2020 ;
- elle demande l'allocation, à titre provisionnel, d'une somme de 50 000 euros dans l'attente de pouvoir faire valoir sa créance définitive, au titre des dépenses de santé actuelles et frais divers, du déficit fonctionnel temporaire, des pertes de gains professionnels du 22 février 2016 au 1er août 2018, de l'assistance à tierce personne, des souffrances endurées et du préjudice esthétique temporaire ;
- elle demande également à être indemnisée par l'Oniam à hauteur de 5 000 euros au titre de la " résistance abusive " dont cet office a fait preuve en refusant de l'indemniser.
Par des correspondances adressées le 17 décembre 2020 et le 8 janvier 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Charente Maritime indique au tribunal ne pas avoir de créance à faire valoir et ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée par Mme A.
Par un mémoire enregistré le 7 mai 2021, le centre hospitalier universitaire de Limoges représentée par Me Valière-Vialeix, conclut à sa mise hors de cause en l'absence de manquements susceptibles de lui être imputés.
Par des mémoires enregistrés les 23 avril 2021 et 1er mars 2022, l'Oniam, représenté par Me Ravault conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que soit ordonnée une expertise complète à son contradictoire.
Il fait valoir que :
- en l'absence de retrait de l'implant luxé, l'état de Madame A aurait évolué de manière suffisamment probable vers les mêmes complications que celles survenues dans les suites de l'intervention ;
- elle était particulièrement exposée à la survenue de complications au regard de son état antérieur, de sorte que la survenance d'une inflammation occulaire et d'une hypertonie de l'œil droit ne peut être considérée comme présentant une probabilité faible ;
- à titre subsidiaire, il sera ordonné une expertise complète à son contradictoire dès lors qu'il n'a eu connaissance du rapport d'expertise du 12 août 2018 que lors de son dépôt, rapport d'expertise dont il conteste la teneur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Veyriras, représentant le CHU de Limoges.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 janvier 2016, Mme A, alors âgée de 36 ans a été opérée au CHU de Limoges par le Docteur D d'une luxation de l'implant de son œil droit conduisant à son remplacement. Dans les suites immédiates de cette intervention, Madame A a présenté un œdème de la cornée associé, à une hypertonie et une diminution de l'acuité visuelle. Elle a été prise en charge le 29 mars 2016, par le service de médecine interne pour prise en charge d'une uvéite et d'un œdème maculaire. Le 14 juin 2018, l'implant de Mme A a été retiré avant qu'elle ne subisse le 23 janvier 2020 une éviscération de l'œil droit, puis ne se voit mettre en place une prothèse provisoire le 06 mars 2020 et définitive le 30 avril 2020.
2. La commission de conciliation et d'indemnisation (CCI), saisie par Mme A, a diligenté une expertise dont le rapport rédigé le 12 août 2018 a été déposé par le dr F, médecin spécialisé en ophtalmologie médicale. Selon avis du 31 juillet 2019, la CCI a retenu l'existence d'un accident médical non fautif ouvrant droit pour Mme A à une prise en charge de ses préjudices au titre de la solidarité nationale. Par une décision du 18 juin 2019, l'Oniam a refusé d'adresser à l'intéressée une offre d'indemnisation, estimant que la condition d'anormalité des lésions subies par Mme A à raison de l'accident médical non fautif qu'elle a subi n'était pas satisfaite. Cette dernière demande principalement au tribunal de lui allouer une allocation provisionnelle de 50 000 euros dans l'attente des résultats d'une expertise à ordonner sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative.
Sur le droit à réparation :
3. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Selon le premier alinéa de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'Oniam doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation de dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Il en va ainsi des troubles, entraînés par un acte médical, survenus chez un patient de manière prématurée, alors même que l'intéressé aurait été exposé à long terme à des troubles identiques par l'évolution prévisible de sa pathologie. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Pour apprécier le caractère faible ou élevé du risque dont la réalisation a entraîné le dommage, il y a lieu de prendre en compte la probabilité de survenance d'un événement du même type que celui qui a causé le dommage et entraînant une invalidité grave ou un décès.
5. Tout d'abord, comme dit au point 1, le 22 janvier 2016, Mme A a été opérée sous anesthésie générale par le dr D, qui a procédé au retrait de l'implant de son œil droit, lequel avait été posé à la suite d'une cataracte bilatérale contractée dans son jeune âge, par une incision cornéenne, avec remplacement de cet implant par un cristallin artificiel. Dans les suites immédiates de cette intervention dont l'expert et la CCI estiment de concert qu'elle était indiquée, et qu'elle a été conduite dans les règles de l'art, ont été observés une hypertonie occulaire, un œdème de la cornée et une diminution de l'acuité visuelle, avant que l'intéressée ne soit prise en charge du 29 mars au 1er avril 2016 dans le service de médecine interne pour uvéite et un œdème papillaire bilatéral. Les complications inflammatoires et hypertoniques de l'œil droit ont entraîné plusieurs hospitalisations et interventions entre 2017 et 2019, conduisant devant l'échec des thérapeutiques et la persistance de douleurs, à l'éviscération de l'œil droit de Mme A puis à la pose d'une prothèse définitive en 2020. Les experts comme la CCI estiment sur ce point que les séquelles conservées par l'intéressée sont en lien direct et certain avec l'intervention du 22 janvier 2016 et relèvent d'un accident médical non fautif, ce que ne conteste pas l'Oniam.
6. Ensuite, les experts au même titre que la CCI, ont estimé que l'intervention du 22 janvier 2016 avait entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles Mme A était exposée en l'absence de traitement. Si comme le soutient l'Oniam, l'expert a également relevé que " le fait de garder l'implant exposait également à des complications ", qu'il y avait " un largage du pigment et que la position de l'implant était également source d'inflammation ", il précise d'une part que le port de la lentille donnait de bons résultats avec une acuité visuelle à 7 sur 10, permettant à Mme A de conduire, d'autre part que " si on ne peut exclure la possibilité de complications inflammatoires ou autres, hypertonie, décollement de rétine, si l'implant était resté en place, pour l'instant [elles] ne s'étaient pas manifestées ", enfin qu'il y avait pour Mme A " la possibilité de se soustraire à cette intervention et de rester avec la lentille ". En outre, il ne résulte pas de l'instruction, notamment pas du rapport critique établi par le dr C, ophtalmologue, le 5 avril 2021, que l'atrophie rétinienne et le relargage de pigment au niveau rétinien constatés par le dr D lors de son intervention du 22 janvier 2016, qui constituent un état antérieur, se seraient aggravés à partir de 2013 et du port d'une lentille par Mme A, ni qu'ils auraient conduit, à brève échéance, et en l'absence de l'intervention à des séquelles analogues à celles subies par l'intéressée, à savoir la cécité de son œil droit.
7. Au vu de l'ensemble de ces éléments, il y a lieu de considérer que les troubles, entraînés par l'intervention du 22 janvier 2016, sont survenus chez Mme A de manière prématurée, alors même que l'intéressée pouvait être exposée, à plus ou moins long terme, à des troubles identiques par l'évolution prévisible de sa pathologie. Par suite, et alors que l'Oniam ne conteste pas le taux de déficit fonctionnel permanent fixé par l'expert à 24% de sorte que le critère de gravité exigé par les dispositions citées au point 3 doit être regardé comme rempli, le dommage subi par Mme A présente un caractère d'anormalité au regard de son état de santé et de l'évolution péjorative éventuelle de cet état. Dans ces conditions, les conséquences de cet acte médical non fautif ouvrent droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale sur le fondement des articles L. 1142-1 et D. 1142-1 du code de la santé publique.
Sur la demande d'expertise formulée par l'ONIAM:
8. Le respect du caractère contradictoire de la procédure d'expertise implique que les parties soient mises à même de discuter devant l'expert des éléments de nature à exercer une influence sur la réponse aux questions posées par la juridiction saisie du litige. Lorsqu'une expertise est entachée d'une méconnaissance de ce principe ou lorsqu'elle a été ordonnée dans le cadre d'un litige distinct, ses éléments peuvent néanmoins, s'ils sont soumis au débat contradictoire en cours d'instance, être régulièrement pris en compte par le juge, soit lorsqu'ils ont le caractère d'éléments de pur fait non contestés par les parties, soit à titre d'éléments d'information dès lors qu'ils sont corroborés par d'autres éléments du dossier.
9. Alors que les éléments de pur fait contenus dans le rapport d'expertise du 10 septembre 2018 ne sont pas contestés, que l'appréciation qui a été portée par l'expert sur les conséquences notablement plus graves que celles auxquelles elle était exposée de manière suffisamment probable en l'absence de traitement a été corroborée par l'avis de la CCI et que les conclusions du dr C, médecin mandaté par l'Oniam ne remettent pas en cause le fait que les troubles dont a été atteinte l'intéressée, à la suite immédiate de l'opération du 22 janvier 2016, sont survenus de manière prématurée, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'expertise sollicitée par l'Oniam, à titre subsidiaire, portant sur les conditions d'indemnisation au titre de la solidarité nationale.
Sur l'évaluation des préjudices subis par Mme A :
10. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ".
11. Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge l'existence d'une faute et la réalité du préjudice subi. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
12. Il résulte de l'instruction que postérieurement au 13 juillet 2018, date retenue par l'expert pour fixer la consolidation de l'état de santé de Mme A, cette dernière a subi trois interventions chirurgicales, tout d'abord le 23 janvier 2020 pour une éviscération de l'œil droit, puis le 6 mars 2020 pour se voir mettre en place une prothèse provisoire, enfin le 30 avril 2020 pour la pose d'une prothèse définitive. Ainsi et comme l'a d'ailleurs retenu la CCI dans son avis du 31 janvier 2019, l'état de santé de Mme A ne pouvait être regardé comme consolidé au 13 juillet 2018. Par suite, en l'état de l'instruction, et en l'absence d'éléments au dossier de nature à fixer cette date de consolidation, le tribunal n'est pas en mesure d'évaluer les préjudices temporaires et définitifs subis par Mme A en lien avec l'intervention du 22 janvier 2016. Il y a ainsi lieu, sur le fondement des dispositions cités au point 10, d'ordonner une expertise médicale dans les conditions précisées dans le dispositif du présent jugement.
Sur la demande de provision :
13. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini. L'absence de consolidation, impliquant notamment l'impossibilité de fixer définitivement un taux d'incapacité permanente, ne fait toutefois pas obstacle à ce que soient mises à la charge du responsable du dommage les dépenses futures dont il est d'ores et déjà certain qu'elles devront être exposées à l'avenir, ainsi que la réparation de l'ensemble des conséquences déjà acquises de la détérioration de l'état de santé de l'intéressé.
14. Il résulte de l'instruction, notamment de l'avis de la CCI, que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire total entre le 29 mars 2016 et le 1er avril 2016, du 6 octobre au 13 octobre 2016, le 7 novembre 2016, le 15, le 20 février 2017 et le 31 juillet 2017, un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe II du 22 février 2016 jusqu'au 1er août 2018 et entre les périodes de déficit fonctionnel temporaire total. Elle a également subi des pertes de gains professionnels entre le 22 février 2016 et le 1er août 2018, a dû bénéficier d'une assistance à tierce personne de 2 heures par semaine pendant les périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel, a enduré des souffrances fixées par l'expert à 4 sur 7 et un préjudice esthétique temporaire fixé à 2,5 sur 7. Mme A demande également à être indemnisée, à titre provisionnel, de frais divers en lien avec les déplacements qu'elle a dû effectuer pour se rendre à des rendez-vous médicaux et aux opérations d'expertise. Au vu des éléments produits par l'intéressée, et sans que Mme A ne soit fondée à demander l'allocation d'une somme de 5 000 euros au titre de la prétendue " résistance abusive " de l'Oniam " il y a lieu d'allouer à celle-ci une allocation provisionnelle de 25 000 euros dès lors qu'il résulte de manière suffisamment certaine de l'instruction que cette somme restera inférieure au montant total de l'indemnité qui sera fixée à l'issue de l'expertise.
Sur la mise hors de cause du centre hospitalier universitaire de Limoges :
15. Il ne résulte pas de l'instruction et n'est d'ailleurs pas soutenu que le CHU de Limoges aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Par suite, il y a lieu de mettre hors de cause cet établissement de santé.
Sur les conclusions accessoires :
16. Il y a lieu de réserver jusqu'en fin d'instance tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er: Le centre hospitalier universitaire de Limoges est mis hors de cause.
Article 2:L'ONIAM est condamné à verser à Mme A une somme de 25 000 (vingt-cinq mille) euros à titre de provision.
Article 3:Il sera procédé à une expertise médicale contradictoire entre les parties, à savoir Mme A et l'ONIAM, en vue de déterminer l'étendue des préjudices de Mme A, avec mission pour l'expert :
1°) de se faire communiquer les documents médicaux utiles à sa mission, d'examiner Mme A, de décrire son état actuel et de fixer la date de consolidation ;
2°) de déterminer et d'évaluer les différents préjudices personnels qui résultent directement de l'accident, tels que le déficit fonctionnel, les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément, et le préjudice sexuel, en distinguant pour chaque poste de préjudice, les préjudices temporaires avant consolidation et les préjudices permanents après consolidation, en distinguant la part imputable aux faits en litige de celle ayant pour origine soit l'évolution normale prévisible de l'état de santé de l'intéressée, soit toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment à ses antécédents médicaux ;
3°) de préciser le montant des dépenses de santé et des frais divers supportés jusqu'à la date de consolidation et évaluer, le cas échéant, la nature et le montant des dépenses de santé futures ; de dire si une aide à une tierce personne a été/est nécessaire ;
4°) d'apporter tous éléments utiles permettant d'apprécier l'imputabilité des arrêts de travail de Mme A à l'accident du 22 janvier 2016 ; de déterminer les pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle en lien avec les faits du litige ;
5°) de fournir, plus généralement, tous éléments utiles d'appréciation sur les préjudices subis, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
Article 4:L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il déposera son rapport au greffe en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 5:Mme A communiquera au tribunal tous éléments permettant de déterminer la nature et le montant des sommes qui lui ont été déjà été versées pour l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'accident dont elle a été victime.
Article 6: Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7: Le présent jugement sera notifié à Mme A, à la caisse primaire d'assurance maladie de Charente Maritime, à l'Oniam et au centre hospitalier universitaire de Limoges.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026