mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100157 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 janvier 2021 et 8 mars 2023, la SAS LASER 87, représentée par Me Goimier, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée qui lui ont été réclamés au titre de l'années 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
La SAS LASER 87 soutient que :
- l'administration fiscale n'a pas fait une correcte application de l'article 257ter du code général des impôts et de la jurisprudence de la cour de justice de l'union européenne ;
- les prestations réalisées par la société LASER 87 comprennent majoritairement un travail de création, de conception, de programmation et de conseils qui traduisent une logique économique spécifique recherchée par les clients comme le traduisent la nature de leur demande et surtout les contraintes techniques particulières auxquelles est confrontée la société, de sorte qu'elle est fondée à considérer que l'ensemble de son activité relève d'une activité de prestation de service ;
- son activité se caractérise par de véritables prestations intellectuelles qui individualisent des savoir-faire spécifiques et qui ont un caractère prédominant ;
- c'est à tort que l'administration a retenu que c'est " le fait d'acquérir la propriété des pièces commandées qui constituent une fin en soi pour les clients ".
Par des mémoires en défense enregistré le 27 juillet 2021 et le 3 février 2023, la direction départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Un mémoire a été présenté par l'administration fiscale le 16 mars 2023 qui a été enregistré sans être communiqué.
Vu :
- la directive 2006/112/CE du 28 novembre 2006 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Suire, pour la SAS LASER 87.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS LASER 87 a fait l'objet d'une vérification des opérations de TVA pour la période du 1er avril 2014 au 31 mars 2017. A l'issue des opérations de contrôle, le service a constaté des manquements en matière de TVA pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2017, qui ont donné lieu à une proposition de rectification le 19 décembre 2017. Des rappels de TVA et des pénalités ont été mis en recouvrement le 15 octobre 2019 pour un montant global de 54 057 euros. La SAS LASER 87 demande à être déchargée de ces rappels et des pénalités correspondantes.
2. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. / II. 1° Est considéré comme livraison d'un bien, le transfert du pouvoir de disposer d'un bien corporel comme un propriétaire. () / IV. 1° Les opérations autres que celles qui sont définies au II, () sont considérés comme des prestations de services ; () ". Aux termes de l'article 269 du même code : " 2. La taxe est exigible : a) Pour les livraisons et les achats visés au a du 1 et pour les opérations mentionnées aux b et d du même 1, lors de la réalisation du fait générateur ; () c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la fourniture d'un bien corporel et le transfert du droit d'en disposer comme un propriétaire caractérisent une livraison de biens. Toutefois, l'opération peut être qualifiée de prestations de services si, compte tenu de l'importance que les services complémentaires revêtent pour la clientèle, de leur ampleur, du temps nécessaire à leur exécution et de la part de leur coût dans le coût total, ceux-ci ne sont ni mineurs ni accessoires mais présentent un caractère prédominant par rapport à la livraison de sorte qu'ils constituent une fin en soi pour le client.
4. Il résulte de l'instruction que la société requérante exerce une activité de découpe laser et de pliage de matériaux pour les particuliers et pour les professionnels. Dans ce cadre, elle est amenée à fabriquer des pièces uniques à la demande de ses clients, à l'appui ou non de plans communiqués par ces derniers.
5. La société requérante soutient que de telles prestations, qui doivent être analysées dans leur ensemble, constituent des prestations de services et non des livraisons de biens comme l'a retenu l'administration, et qu'il convient, dès lors, de retenir au titre de l'exigibilité de la TVA, l'encaissement des factures et non la livraison des équipements. La société soutient que les prestations réalisées comprennent majoritairement un travail de création, de conception, de programmation et de conseils, soit des prestations intellectuelles faisant appel à des savoir-faire spécifiques, qui traduisent une logique économique spécifique comme en atteste la nature des demandes formulées par les clients et les contraintes techniques particulières auxquelles la société est confrontée.
6. De première part, la SAS requérante ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article 257ter du code général des impôts dès lors que cette disposition, entrée en vigueur le 31 décembre 2020, n'était pas applicable à l'imposition en litige.
7. De seconde part, ainsi que le relève l'administration, une telle activité a pour finalité, après fabrication des pièces commandées, la fourniture de ces biens corporels, selon des spécificités plus ou moins précises, déterminées lors de la commande par les clients pour satisfaire leurs besoins, et se traduit par l'obtention du droit pour ces derniers d'en disposer comme un propriétaire. La fabrication et la livraison de ces pièces constituent l'objet même des contrats passés par la SAS avec ses clients. S'il est constant que la réalisation de ces pièces nécessite la mise en œuvre de prestations intellectuelles préalables de conseil, de création, d'adaptation et de validation de plans et fichiers, il ne résulte pas de l'instruction, notamment des pièces produites par la SAS dont le caractère probant est utilement contesté par l'administration fiscale, que les études de faisabilité et le processus initial de conception, représenteraient, au regard du temps nécessaire à leur exécution comme de leur coût dans le coût total facturé aux clients, une part prépondérante par rapport à la livraison du bien. En outre, la SAS ne peut utilement retirer du processus de fabrication la phase de programmation de la fabrication et la phase de vérification et de contrôle qualité qui font partie intégrante du processus de fabrication et de livraison des pièces vendues. Par suite, la société requérante ne démontre pas que les prestations dont elle se prévaut constituent pour sa clientèle des services distincts de l'opération de livraison revêtant du fait de leur ampleur, du temps nécessaire à leur exécution et de la part de leur coût dans le coût total, un caractère prédominant par rapport à cette livraison du bien, laquelle constitue bien la finalité recherchée par cette clientèle. Il résulte de tout ce qui précède que c'est par une exacte application des articles 256 et 269 du code général des impôts et sans méconnaître la jurisprudence de la cour de justice de l'union européenne que l'administration fiscale a estimé que la taxe sur la valeur ajoutée afférente à ces opérations était exigible lors de la livraison des biens.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par la SAS LASER 87 doit être rejetée y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de la SAS LASER 87 est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à la SAS LASER 87 et à la direction départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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