mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100188 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | JAMES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2021, M. et Mme C B, représentés par Me James, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge totale des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014, 2015 et 2016, avec les intérêts moratoires prévus à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les impositions supplémentaires mises en recouvrement au titre de l'année 2014 étaient prescrites dès lors que la proposition de rectification n° 3924 du 26 décembre 2017 relative aux bénéfices non commerciaux perçus par M. B dans le cadre de son activité d'architecte n'a été retirée que le 2 janvier 2018, soit après expiration du droit de reprise de trois ans prévu par les dispositions de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales ;
- s'agissant de l'année 2014, l'administration ne justifie pas du bien-fondé de l'intégration dans le résultat imposable d'un profit sur le trésor concernant un rappel de TVA sur charges non déductibles, une telle intégration ayant pour effet de " neutraliser " les effets de la déduction en cascade ;
- c'est à tort que l'administration a rejeté le caractère déductible de diverses sommes qui ont justement été déclarées en charges ; il appartient à l'administration d'apporter la preuve de ce que ces charges déclarées n'étaient pas déductibles, ce qu'elle ne fait pas ;
- l'administration n'apporte pas la preuve, qu'elle supporte, d'un manquement délibéré susceptible de fonder une majoration de 40 %.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2021, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'activité professionnelle d'architecte de M. B a fait l'objet d'une vérification de l'ensemble des déclarations ou opérations pouvant être examinées sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. Deux propositions de rectification n° 3924 des 26 décembre 2017 et 29 juin 2018 ont été adressées à son cabinet en matière de bénéfice non commercial ainsi que de TVA pour les années 2014, 2015 et 2016. Pour ces années, et en conséquence des rehaussements concernant l'activité d'architecte de M. B, deux propositions de rectification n° 2120 des 26 décembre 2017 et 29 juin 2018 ont également été adressées au foyer fiscal au titre de l'impôt sur les revenus. Pour M. et Mme B, les impositions supplémentaires en résultant en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2014, 2015 et 2016, qui ont été mises en recouvrement le 31 octobre 2019, s'élèvent, en droits, intérêts et majorations, à la somme globale de 102 830 euros. Par une réclamation du 12 décembre 2019, les époux B ont contesté les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis. Cette réclamation ayant été rejetée par une décision en date du 30 novembre 2020, ils demandent au tribunal de prononcer la décharge de ces cotisations.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la prescription de l'imposition établie au titre de l'année 2014 :
2. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ". Selon l'article L. 189 du même code : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification () ". Eu égard à l'objet de ces dispositions, relatives à la détermination du délai dont dispose l'administration pour exercer son droit de reprise, la date d'interruption de la prescription est celle à laquelle le pli contenant la proposition de rectification a été présenté à l'adresse du contribuable. Il en va de même lorsque le pli n'a pu lui être remis lors de sa présentation et que, avisé de sa mise en instance, il l'a retiré ultérieurement ou a négligé de le retirer.
3. Il résulte de l'instruction que s'agissant des impositions supplémentaires établies au titre de l'année 2014, les plis comprenant les propositions de rectification nos 3924 et 2120 du 26 décembre 2017 ont été respectivement présentés à l'adresse du contribuable les 27 et 28 décembre 2017, soit avant la fin du délai de reprise de trois ans prévu à l'article L. 169 du livre des procédures fiscales. Contrairement à ce que soutiennent les époux B, ces impositions supplémentaires ne sont donc pas prescrites, sans qu'ait d'incidence la circonstance que le pli qui comprenait la proposition de rectification n° 3924 du 26 décembre 2017 n'ait été retiré que le 2 janvier 2018. Il s'ensuit que le moyen tiré de la prescription des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles les requérants ont été assujettis au titre de l'année 2014 doit être écarté.
En ce qui concerne le " profit sur le Trésor " :
4. Il résulte de l'instruction que, dans le cadre de la vérification de comptabilité relative à l'activité professionnelle d'architecte de M. B, l'administration fiscale a constaté une TVA déduite à tort au titre de l'année 2014, pour un montant de 752 euros, qui a généré, au bénéfice du cabinet d'architecte, un " profit sur le Trésor " d'un même montant. D'une part, si les requérants contestent le bien-fondé de ce " profit sur le Trésor ", une telle contestation concerne un profit TVA réintégré dans les résultats de l'exercice clos en 2014 du cabinet d'architecte à la suite de la vérification de comptabilité, laquelle n'a fait l'objet, en tant que telle, d'aucune réclamation. Or, le présent litige porte uniquement sur les conséquences financières à l'impôt sur le revenu de cette vérification. D'autre part, outre que les époux B ne remettent pas en cause le bien-fondé des rappels de TVA déductible en cause, ils ne développent aucun argument tendant à établir que la TVA éludée n'aurait pas constitué un " profit sur le Trésor ".
En ce qui concerne la déductibilité de plusieurs sommes déclarées en charges :
5. Aux termes de l'article 93 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession ". Quelle que soit la procédure d'imposition suivie à l'encontre du contribuable, il lui appartient de justifier que les sommes qu'il a déduites de son bénéfice non commercial ont constitué des dépenses nécessitées par l'exercice de sa profession.
6. Par les seuls éléments qu'ils produisent, les requérants ne peuvent être regardés comme apportant la preuve, qu'ils supportent, de la réalité des frais de déplacement et de véhicules qui ont été déclarées par M. B et de ce que ces frais ont bien été exposés dans l'intérêt de l'activité d'architecte de ce dernier. Il en est de même des frais de réception, des cotisations diverses et des cadeaux professionnels qui, en l'état des justificatifs transmis, ont justement été réintégrés dans les bases imposables par le service.
En ce qui concerne la majoration pour manquement délibéré :
7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ". Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir un tel manquement, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
8. L'administration fiscale fait valoir que " diverses charges notamment des indemnités kilométriques et des frais de repas et de réception ont été déduites des résultats sans que l'intérêt direct pour l'exploitation n'ait été établi ", que " M. B n'a pas fourni d'éléments suffisants pour en justifier le caractère professionnel " et qu'" une absence manifeste de rigueur dans la tenue des justificatifs a été mise en évidence ". Elle relève également que le manquement délibéré est établi dès lors, d'une part, que " M. B ne pouvait ignorer, de même que ses comptables, les principes fiscaux selon lesquels des charges ne présentent un caractère déductible des résultats imposables que lorsqu'elles sont appuyées de justificatifs et qu'elles sont engagées dans l'intérêt propre de l'entreprise, principes déjà rappelés lors d'une vérification antérieure " et, d'autre part que le caractère répétitif de l'infraction est ainsi relevé et surtout le constat de cette infraction sur les trois exercices vérifiés. Enfin, elle indique que " ces éléments attestent donc d'une volonté du requérant de se soustraire délibérément au paiement de l'impôt par la déduction de charges surévaluées et d'égarer l'administration dans son pouvoir de contrôle par une absence de rigueur avérée dans la tenue des justificatifs ce qui explique l'application de cette sanction ". Compte tenu de ces éléments, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qu'elle supporte, d'un manquement délibéré justifiant l'application d'une majoration de 40 % en application du a. de l'article 1729 du code général des impôts.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des époux B tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014, 2015 et 2016 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme à verser aux époux B sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er: La requête des époux B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le rapporteur,
J.B. A
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026