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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2100278

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2100278

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2100278
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des pièces enregistrées les 15 février 2021, 5 mai 2021, 3 juin 2021, 6 août 2021, 23 août 2021, 20 novembre 2023 et 8 avril 2024, Mme E A et autres demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a enregistré l'installation d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de véhicules terrestres hors d'usage exploitée par la SA CEAPL sur son site de Verneuil-sur-Vienne et a délivré à cette société un agrément d'exploitant de centre de véhicules terrestres hors d'usage.

Ils font valoir que :

- alors que la zone de découpe aurait dû figurer dans l'arrêté du 3 novembre 2020 " par une étude et un traitement soigné ", " rien n'est détaillé, rien n'est précisé et c'est donc toute latitude laissée à l'exploitant " quant à l'implantation de cette zone en limite des propriétés ;

- l'avis défavorable final rendu le 15 juillet 2020 par le maire de la commune de Verneuil-sur-Vienne aurait dû être mieux pris en compte ;

- s'agissant du problème des nuisances sonores et d'atteinte à l'environnement paysager, l'installation d'un écran occultant, préalable incontournable au commencement de l'activité, doit être effectuée en " concertation avec les riverains " afin de veiller à son efficacité acoustique, à son impact visuel et à son intégration paysagère et environnementale ; outre l'installation d'un tel écran occultant, ils sont fondés à exiger aucun entreposage au-delà de 2,5 mètres de haut en limite de leurs habitations et que les camions ne soient pas visibles de leurs résidences ;

- s'agissant du problème de la pollution des sols, le préfet de la Haute-Vienne, qui s'est borné à l'article 25 de son arrêté du 3 novembre 2020 à indiquer qu'il " est demandé à l'exploitant de garder en mémoire la localisation des zones polluées et d'y remédier en cas de travaux dans celles-ci ", devait exiger la réalisation des travaux de remise en état des sols pollués ; il y avait lieu de demander à la SA CEAPL de procéder au démantèlement de la zone bétonnée de lavage des poids lourds située à l'arrière du bâtiment et très proche des parcelles habitées riveraines situées à moins de 40 mètres et à la dépollution des zones correspondantes ;

- s'agissant du problème de l'implantation de la zone de découpe, le préfet de la Haute-Vienne devait, par analogie avec la prescription particulière imposée pour les zones de stockage, prévoir que cette zone de découpe ne pouvait être située à une distance inférieure à au moins 40 mètres des limites des parcelles habitées riveraines ;

- s'agissant du préjudice économique des riverains, l'installation litigieuse comporte un risque réel de dévalorisation du patrimoine immobilier des propriétés du voisinage immédiat et alentour.

Par des mémoires en défense enregistrés le 15 avril 2021 et 12 mai 2021, la SA Centre Europe Atlantique Poids Lourds (CEAPL) a produit ses observations dans la présente instance.

Par un mémoire enregistré le 26 juillet 2021, Mme C informe le tribunal de ce que, compte tenu de la vente de sa maison située au 60 rue de Limoges à Verneuil-sur-Vienne, elle se désiste de ses conclusions.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 janvier 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête de Mme A et autres est irrecevable ; en premier lieu, dans la mesure où Mme C, qui s'était présentée comme représentante du collectif de riverains par un courrier du 22 mai 2021, a produit un mémoire en désistement, la présente requête, présentée par plusieurs personnes physiques sans signature d'un mandataire régulièrement constitué ni désignation d'un représentant unique, n'est pas recevable en application des articles R. 411-5 et R. 411-6 du code de justice administrative ; en second lieu, les requérants, qui n'apportent pas de justificatif relatif à leur résidence principale à proximité du site concerné et des inconvénients qu'ils subiraient au vu de leur situation et de la configuration des lieux, ne démontrent pas que l'arrêté litigieux lèse leurs intérêts légitimes de façon suffisamment directe et certaine ;

- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Par une ordonnance du 18 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 avril 2024.

Les requérants ont produit un mémoire, enregistré le 24 septembre 2024 postérieurement à l'intervention de la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'arrêté du 2 mai 2012 relatif aux agréments des exploitants des centres VHU et aux agréments des exploitants des installations de broyage de véhicules hors d'usage ;

- l'arrêté du 26 novembre 2012 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2712-1 (installation d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de véhicules terrestres hors d'usage) de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les parties ont été invitées à présenter des observations sur la possibilité pour le tribunal de sursoir à statuer afin de permettre la régularisation des vices tirés de la méconnaissance de la règle d'implantation de la zone de découpe à au moins 100 mètres des habitations ou des zones destinées à l'habitation prévue par les prescriptions générales de l'article 5 de l'arrêté du 26 novembre 2012, de ce que l'existence de circonstances locales particulières de nature à justifier l'octroi d'une dérogation à cette règle d'implantation de la zone de découpe n'est pas établie et de l'insuffisance de motivation de l'arrêté du 3 novembre 2020 quant aux raisons qui ont conduit le préfet de la Haute-Vienne à accorder cette dérogation à la SA CEPAL.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boschet,

- les conclusions de Mme Siquier, rapporteur public,

- les observations de Mme A,

- les observations de M. D, pour le préfet de la Haute-Vienne.

Considérant ce qui suit :

1. La SA Centre Europe Atlantique Poids Lourds (CEAPL), dont le siège est à Verneuil-sur-Vienne, exerce des activités de vente, achat, entretien, réparation et vente de pièces détachées de poids lourd et utilitaires. Elle exploite à cet égard un site situé à Verneuil-sur-Vienne, au lieu-dit " Les Fonts ". Pendant plusieurs années, cette société a, en lien avec son activité de vente de pièces détachées exercée sur ce même site, été amenée à utiliser une installation d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de véhicules terrestres hors d'usage (VHU) sans toutefois avoir préalablement obtenu d'autorisation environnementale. Dans la perspective de sa reprise future par la SAS Marpier, la SA CEAPL a engagé une démarche de régularisation de cette situation et a déposé une demande d'enregistrement pour une installation classée pour la protection de l'environnement datée du 20 février 2020. A la suite d'avis favorables à cette demande émis par le maire et le conseil municipal de Verneuil-sur-Vienne, par le président de la communauté urbaine Limoges Métropole, par le Sdis de la Haute-Vienne, par l'inspection des installations classées et par le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst), le préfet de la Haute-Vienne, par un arrêté du 3 novembre 2020, a procédé à l'enregistrement de l'installation d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de VHU exploitée par la SA CEAPL à Verneuil-sur-Vienne. Par ce même arrêté, le préfet de la Haute-Vienne a délivré à cette société un agrément d'exploitant d'un centre de VHU. Mme A et autres, riverains de cette installation, demandent l'annulation de cet arrêté du 3 novembre 2020.

Sur le désistement de Mme C :

2. Le désistement de Mme C est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur la recevabilité de la requête :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 514-3-1 du code de l'environnement : " Les décisions mentionnées aux articles L. 211-6 et L. 214-10 et au I de l'article L. 514-6 peuvent être déférées à la juridiction administrative : 1° Par les tiers intéressés en raison des inconvénients ou des dangers que le fonctionnement de l'installation présente pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 dans un délai de quatre mois à compter du premier jour de la publication ou de l'affichage de ces décisions ; () ". Il appartient au juge administratif d'apprécier si les tiers, personnes physiques, qui contestent une autorisation environnementale justifient d'un intérêt suffisamment direct leur donnant qualité pour en demander l'annulation, compte tenu des inconvénients et dangers que présente pour eux l'installation en cause, appréciés notamment en fonction de la situation des intéressés et de la configuration des lieux.

4. D'une part, si, en dépit de la fin de non-recevoir opposée en défense, les requérants n'ont pas produit de " justificatif relatif à leur résidence principale ", tel qu'un titre de propriété, il résulte toutefois des diverses pièces concordantes versées au dossier, notamment des mentions portées sur plusieurs courriers reçus ou envoyés par ceux-ci, des plans cadastraux et du compte rendu d'une réunion du 24 avril 2021 entre les " riverains CEAPL ", le maire de la commune de Verneuil-sur-Vienne et le directeur de la SA CEAPL, lequel compte rendu comporte en particulier une photographie aérienne permettant d'appréhender précisément la localisation des habitations de Mme A et autres par rapport à l'installation classée pour la protection de l'environnement litigieuse, que les intéressés, dont la qualité de riverains est au demeurant pleinement admise par la SA CEAPL, doivent être regardés comme résidant effectivement aux adresses qu'ils ont indiquées dans leur requête. Dès lors, et alors que les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables dans la présente instance, Mme A et autres ne peuvent qu'être regardés comme ayant leur habitation sur des parcelles à proximité immédiate de l'installation. D'autre part, alors que la circonstance que cette installation est déjà exploitée depuis plusieurs années par la SA CEAPL est sans incidence dans la mesure où cette exploitation a été réalisée sans autorisation, il résulte de l'instruction que l'installation litigieuse est, notamment, susceptible de générer pour les requérants des risques pour leur sécurité et leur santé, ainsi que des nuisances sonores, visuelles et olfactives. Dans ces conditions, les requérants justifient d'un intérêt suffisamment direct qui leur donne qualité pour demander l'annulation de l'arrêté du 3 novembre 2020 du préfet de la Haute-Vienne.

5. En second lieu, aux termes de l'article R. 411-5 du code de justice administrative : " Sauf si elle est signée par un mandataire régulièrement constitué, la requête présentée par plusieurs personnes physiques ou morales doit comporter, parmi les signataires, la désignation d'un représentant unique. / A défaut, le premier dénommé est avisé par le greffe qu'il est considéré comme le représentant mentionné à l'alinéa précédent, sauf à provoquer, de la part des autres signataires qui en informent la juridiction, la désignation d'un autre représentant unique choisi parmi eux ". Selon l'article R. 411-6 de ce code : " Lorsque la requête est signée par un mandataire, les actes de procédure sont accomplis à son égard à l'exception de la notification de la décision prévue aux articles R. 751-1 à R. 751-4. / Lorsqu'elle est présentée par plusieurs personnes physiques ou morales, tous les actes de la procédure sont accomplis à l'égard du représentant unique mentionné à l'article R. 411-5 ".

6. D'une part, la circonstance que des requérants n'ont pas désigné de représentant unique en réponse à l'invitation qui leur a été faite par le greffe de la juridiction, implique seulement que le premier dénommé soit considéré comme ce représentant unique et non que la requête devrait être regardée comme irrecevable, notamment en tant qu'elle émane des autres requérants qui l'ont également signée. D'autre part, et en tout état de cause, par un courrier du 17 août 2021 produit après la date d'enregistrement du mémoire en désistement de Mme C, les requérants ont informé le tribunal qu'ils donnaient " mandat " à Mme A pour les représenter dans la présente instance. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le préfet de la Haute-Vienne, tirée de l'irrecevabilité de la requête collective au motif que Mme C, initialement désignée comme représentante du collectif des riverains, s'est désistée de ses conclusions, doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la motivation :

7. Aux termes de l'article R. 512-46-18 du code de l'environnement : " La décision de refus ou d'enregistrement est motivée notamment au regard des articles L. 512-7 et L. 512-7-2 et de l'ensemble des critères pertinents mentionnés à l'annexe de l'article R. 122-3-1, et notifiée au pétitionnaire ".

8. Par l'article 1.5.2 de son arrêté du 3 novembre 2020, le préfet de la Haute-Vienne a remplacé les prescriptions générales prévues à l'article 5 de l'arrêté du 26 novembre 2012 susvisé, qui précisent notamment que " les zones de stockage de l'installation ainsi que toutes les parties de l'installation où sont exercées des activités () de découpage non situées dans des locaux fermés sont implantés à une distance d'au moins 100 mètres des () habitations () ou des zones destinées à l'habitation par les documents d'urbanisme ", par les prescriptions particulières suivantes, relatives aux seules zones de stockage de VHU : " - La surface maximale des îlots au sol est de 500 m² ; - Aucun empilement de VHU n'est autorisé ; - La distance minimale entre deux îlots est de 6 mètres ; - Aucun stockage n'est autorisé à l'arrière du bâtiment ; - Une distance d'éloignement de 40 mètres des parcelles de terrains habitées limitrophes est respectée ; - Un marquage au sol délimitant les zones de stockage est mis en place ". Or, et alors que, dans son rapport établi le 1er octobre 2020, l'inspection des installations classées avait proposé de remplacer ces prescriptions générales par des prescriptions particulières tenant, sans distinction entre les zones de stockage et les zones de découpage de l'installation, à ce que " les îlots [soient] implantés à une distance minimale de 40 mètres par rapport aux limites de propriété ou de tout bâtiment occupé par des tiers ", l'arrêté du 3 novembre 2020 ne comporte pas d'élément permettant de comprendre les raisons liées aux circonstances locales qui ont justifié que le préfet de la Haute-Vienne ne retienne des prescriptions particulières que pour les seules zones de stockage, à l'exclusion de la zone de découpe, qui, en l'espèce, touche les limites de certaines des parcelles des habitations des requérants et ne se voit pas imposer de prescriptions générales ou particulières de distance d'implantation par rapport à ces limites. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté du 3 novembre 2020 du préfet de la Haute-Vienne est, pour cette raison, entaché d'une insuffisance de motivation.

En ce qui concerne l'absence de prise en compte suffisante de la lettre du 15 juillet 2020 du maire de la commune de Verneuil-sur-Vienne :

9. Si les requérants reprochent au préfet de la Haute-Vienne de ne pas avoir suffisamment pris en compte une lettre du 15 juillet 2020 du maire de la commune de Verneuil-sur-Vienne, le fait que cette lettre, au demeurant reçue en préfecture après la clôture de la consultation au public, ne soit pas visée dans l'arrêté du 3 novembre 2020 ne suffit pas à établir que le préfet de la Haute-Vienne n'en aurait pas tenu compte avant d'enregistrer l'installation exploitée par la SA CEAPL. En outre, la seule circonstance que, dans cette lettre du 15 juillet 2020, le maire de la commune de Verneuil-sur-Vienne, après avoir rappelé les critiques exprimées par les riverains du site, a noté que leurs arguments " paraissaient très recevables " et qu'il était " inquiet pour toute extension d'activité ", n'imposait pas nécessairement au préfet de la Haute-Vienne, au regard de l'ensemble des éléments d'appréciation à sa disposition, notamment des différents avis favorables rendus sur la demande d'enregistrement de l'installation, de refuser de procéder à cet enregistrement ou bien d'assortir cet enregistrement de prescriptions supplémentaires plus rigoureuses. Enfin, il résulte de l'instruction que, par un courrier du 19 novembre 2020, le maire de la commune de Verneuil-sur-Vienne a indiqué à M. B qu'à son sens, eu égard aux prescriptions particulières retenues dans l'arrêté du 3 novembre 2020, le préfet de la Haute-Vienne avait tenu compte " des remarques qui avaient été formulées notamment du fait de l'environnement et des habitations situées à proximité immédiate de cette installation classée ".

En ce qui concerne l'insuffisance des prescriptions techniques :

10. L'article L. 511-1 du code de l'environnement dispose que : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique ". Aux termes de l'article L. 511-2 de ce code : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat (). Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation ". Selon l'article L. 512-7 du même code : " I. - Sont soumises à autorisation simplifiée, sous la dénomination d'enregistrement, les installations qui présentent des dangers ou inconvénients graves pour les intérêts mentionnés à l'article L. 511-1, lorsque ces dangers et inconvénients peuvent, en principe, eu égard aux caractéristiques des installations et de leur impact potentiel, être prévenus par le respect de prescriptions générales édictées par le ministre chargé des installations classées. () / II. - Les prescriptions générales peuvent notamment prévoir : / 1° Des conditions d'intégration du projet dans son environnement local ; / 2° L'éloignement des installations des habitations, des immeubles habituellement occupés par des tiers, des établissements recevant du public, des cours d'eau, des voies de communication, des captages d'eau ou des zones destinées à l'habitation par des documents d'urbanisme opposables aux tiers. / III. - Les prescriptions générales sont fixées par arrêté du ministre chargé des installations classées après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques et consultation des ministres intéressés. / La publication d'un arrêté de prescriptions générales est nécessaire à l'entrée en vigueur du classement d'une rubrique de la nomenclature dans le régime d'enregistrement. / L'arrêté fixant des prescriptions générales s'impose de plein droit aux installations nouvelles. Il précise, après avis des organisations professionnelles intéressées, les délais et les conditions dans lesquels il s'applique aux installations existantes ". L'article

L. 512-7-3 du même code prévoit que : " L'arrêté d'enregistrement est pris par le préfet après avis des conseils municipaux intéressés. / En vue d'assurer la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et, le cas échéant, à l'article L. 211-1, le préfet peut assortir l'enregistrement de prescriptions particulières complétant ou renforçant les prescriptions générales applicables à l'installation. Dans les limites permises par la protection des intérêts mentionnés à l'article

L. 511-1, ces prescriptions particulières peuvent aussi inclure des aménagements aux prescriptions générales justifiés par les circonstances locales. Dans ces deux cas, le préfet en informe l'exploitant préalablement à la clôture de l'instruction de la demande et consulte la commission départementale consultative compétente. / Le préfet ne peut prendre l'arrêté d'enregistrement que si le demandeur a justifié que les conditions de l'exploitation projetée garantiraient le respect de l'ensemble des prescriptions générales, et éventuellement particulières, applicables ". Aux termes de l'article L. 512-7-6 du même code : " Lorsque l'installation est mise à l'arrêt définitif, son exploitant place son site dans un état tel qu'il ne puisse porter atteinte aux intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et, le cas échéant, à l'article L. 211-1 et qu'il permette un usage futur du site déterminé conjointement avec le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'urbanisme et, s'il ne s'agit pas de l'exploitant, le propriétaire du terrain sur lequel est sise l'installation ".

11. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 26 novembre 2012 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2712-1 (installation d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de véhicules terrestres hors d'usage) de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement : " Le présent arrêté fixe les prescriptions applicables aux installations classées soumises à enregistrement sous la rubrique n° 2712-1 (installation d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de véhicules terrestres hors d'usage). () / Ces dispositions s'appliquent sans préjudice de prescriptions particulières les complétant ou les renforçant dont peut être assorti l'arrêté d'enregistrement dans les conditions fixées par les articles L. 512-7-3 et L. 512-7-5 du code de l'environnement ". Selon l'article 3 de cet arrêté : " Conformité de l'installation. / L'installation est implantée, réalisée et exploitée conformément aux plans et autres documents joints à la demande d'enregistrement. / L'exploitant énumère et justifie en tant que de besoin toutes les dispositions prises pour la conception, la construction et l'exploitation de l'installation afin de respecter les prescriptions du présent arrêté ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Implantation. / L'installation ne se situe pas au-dessus ou en dessous de locaux habités ou occupés par des tiers. / Les zones de stockage de l'installation ainsi que toutes les parties de l'installation où sont exercées des activités de traitement de dépollution, démontage ou découpage non situées dans des locaux fermés sont implantées à une distance d'au moins 100 mètres des hôpitaux, crèches, écoles, habitations ou des zones destinées à l'habitation par les documents d'urbanisme, à l'exception des logements habités par les salariés de l'installation ". Selon l'article 7 du même arrêté : " Intégration dans le paysage. / L'exploitant prend les dispositions appropriées qui permettent d'intégrer l'installation dans le paysage. / L'ensemble des installations est maintenu propre et entretenu en permanence. / Les abords de l'installation, placés sous le contrôle de l'exploitant, sont aménagés et maintenus en bon état de propreté. / Les surfaces où cela est possible sont engazonnées ou végétalisées et au besoin des écrans de végétation sont mis en place ". Aux termes de l'article 10 du même arrêté : " Caractéristique des sols. / Le sol des emplacements utilisés pour le dépôt des véhicules terrestres hors d'usage non dépollués, le sol des aires de démontage et les aires d'entreposage des pièces et fluides issus de la dépollution des véhicules sont imperméables et munis de rétention ". L'article 15 du même arrêté prévoit que : " Clôture de l'installation. / L'installation est ceinte d'une clôture d'au moins 2,5 mètres de haut permettant d'interdire toute entrée non autorisée. Un accès principal est aménagé pour les conditions normales de fonctionnement du site, tout autre accès devant être réservé à un usage secondaire ou exceptionnel. Les issues sont fermées en dehors des heures d'ouverture ". Selon l'article 16 du même arrêté : " Ventilation des locaux. / Sans préjudice des dispositions du code du travail et en phase normale de fonctionnement, les locaux sont convenablement ventilés. Le débouché à l'atmosphère de la ventilation est placé aussi loin que possible des immeubles habités ou occupés par des tiers et des bouches d'aspiration d'air extérieur, et à une hauteur suffisante compte tenu de la hauteur des bâtiments environnants afin de favoriser la dispersion des gaz rejetés ". L'article 25 de ce même arrêté dispose : " IV. ' Le sol des aires et des locaux de stockage ou de manipulation des matières dangereuses pour l'homme ou susceptibles de créer une pollution de l'eau ou du sol est étanche et équipé de façon à pouvoir recueillir les eaux de lavage et les matières répandues accidentellement. / V. ' Toutes mesures sont prises pour recueillir l'ensemble des eaux et écoulements susceptibles d'être pollués lors d'un sinistre, y compris les eaux utilisées lors d'un incendie, afin que celles-ci soient récupérées ou traitées afin de prévenir toute pollution des sols, des égouts, des cours d'eau ou du milieu naturel. Ce confinement peut être réalisé par des dispositifs internes ou externes à l'installation. Les dispositifs internes sont interdits lorsque des matières dangereuses sont stockées ". Aux termes de l'article 41 du même arrêté : " Entreposage. / I. Entreposage des véhicules terrestres hors d'usage avant dépollution : L'empilement des véhicules terrestres hors d'usage est interdit, sauf s'il est utilisé des étagères à glissières superposées (type rack). Les véhicules terrestres hors d'usage non dépollués ne sont pas entreposés plus de six mois. La zone d'entreposage est distante d'au moins 4 mètres des autres zones de l'installation. Elle est imperméable et munie de dispositif de rétention. () / II. ' Entreposage des pneumatiques : Les pneumatiques retirés des véhicules sont entreposés dans une zone dédiée de l'installation. La quantité maximale entreposée ne dépasse pas 300 m³ et dans tous les cas la hauteur de stockage ne dépasse pas 3 mètres. () / IV. - Entreposage des véhicules terrestres hors d'usage après dépollution : Les véhicules dépollués peuvent être empilés dans des conditions à prévenir les risques d'incendie et d'éboulement. La hauteur ne dépasse pas 3 mètres ".

S'agissant du problème des nuisances sonores et d'atteinte à l'environnement paysager :

12. Il résulte de l'instruction que, pour limiter les nuisances visuelles et sonores, le préfet de la Haute-Vienne a notamment complété les prescriptions générales définies aux articles 7 et 15 de l'arrêté du 26 novembre 2012 par des prescriptions renforcées tenant à l'installation d'un écran occultant en limite des propriétés riveraines, à la mise en place d'une clôture d'au moins 2,5 mètres de haut autour de la totalité de l'installation classée et à la fixation d'un accès principal du site par la route départementale 941 A (ancienne nationale 141). Alors qu'il résulte de l'instruction, pour ce qui concerne les nuisances sonores invoquées, que celles-ci résultent également et surtout de l'axe routier fréquenté de la route départementale 941 A et de l'aéroport Limoges-Bellegarde, que les horaires d'ouverture du site sont limités du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30 avec une pause méridienne entre 12h et 14h et qu'un rapport de mesures acoustiques établi le 3 septembre 2019 par l'organisme Orféa Acoustique n'a pas relevé de dépassement réglementaire du niveau sonore et a classé le site exploité par la SA CEAPL comme " agréable " suivant l'échelle de bruit de cet organisme, la seule circonstance que le préfet de la Haute-Vienne n'a pas précisé dans son arrêté du 3 novembre 2020 que l'installation d'un écran occultant devait être effectué en " concertation " avec les riverains n'entache pas cet arrêté d'illégalité. Par ailleurs, compte tenu des prescriptions générales non remplacées prévues par l'arrêté du 26 novembre 2012 susvisé, et des prescriptions particulières imposées par l'arrêté du 3 novembre 2020, en particulier celles de son article 1.5.2 par lequel le préfet a prévu, en complément des prescriptions renforcées relatives à la mise en place d'un écran occultant et d'une clôture d'au moins 2,5 mètres de hauteur, que, " dans le cadre des zones de stockage ", " aucun empilement de VHU n'est autorisé ", " aucun stockage n'est autorisé à l'arrière du bâtiment " et " une distance d'éloignement de 40 mètres des parcelles de terrain habitées limitrophes est respectée ", les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet devait, à peine d'illégalité de son arrêté, et afin d'assurer la protection des intérêts mentionnés par les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement, imposer une prescription particulière supplémentaire tenant à l'interdiction d'entreposage au-delà de 2,5 mètres de hauteur en limite de leurs habitations et à ce que les camions ne soient pas visibles de leur résidence.

S'agissant du problème de la pollution des sols :

13. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport du 10 octobre 2019 de l'organisme EGEH, qu'à l'arrière du bâtiment principal du site exploité par la SA CEAPL, trois zones polluées en hydrocarbures lourds (type huiles) à cause de l'activité de dépollution des poids lourds ont été identifiées à proximité des parcelles habitées riveraines. S'agissant de ces sols pollués, et outre la précision de se conformer à son obligation de remise en état du site à la fin de l'exploitation, la SA CEAPL a notamment prévu, dans le cadre de son dossier de demande d'enregistrement, afin de prévenir les pollutions futures, la création d'une aire bétonnée autour du bâtiment principal pour les opérations de dépollution et de démontage des poids lourds, la collecte et le traitement des eaux pluviales avant rejet en milieu naturel et la rétention de déversement accidentel. Pour sa part, le préfet de la Haute-Vienne, en complément des prescriptions générales prévues par l'arrêté du 26 novembre 2012, en particulier celles de son article 25, a imposé, conformément aux propositions de l'inspection des installations classées et du Coderst, des prescriptions spécifiques tenant à ce que l'exploitant garde en mémoire la localisation des zones polluées, réalise des prélèvements et analyses tous les cinq ans par un organisme agréé communiqués à l'inspection des installations classées, instaure une période de surveillance de dix ans et procède à la dépollution des sols en cas de travaux dans les zones polluées.

14. Les requérants, qui ne contestent pas que l'installation exploitée par la SA CEAPL est conforme aux prescriptions générales prévues par l'arrêté du 26 novembre 2012 ou que les mesures envisagées par cette société pour prévenir une nouvelle pollution des sols ne seraient pas suffisantes, font toutefois valoir que le préfet de la Haute-Vienne devait imposer à l'exploitant, préalablement à l'exercice de l'activité d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de VHU, de dépolluer ces sols en démontant la zone bétonnée de lavage des poids lourds. Cependant, et alors que, lorsqu'il se prononce sur une demande d'enregistrement d'une installation classée pour la protection de l'environnement, le préfet n'est pas tenu d'examiner les conditions dans lesquelles l'installation était auparavant exploitée pour compléter ou renforcer les prescriptions générales applicables à l'installation, il ne résulte d'aucune disposition que la SA CEAPL aurait nécessairement été tenue, avant de poursuivre son exploitation de ce site munie cette fois-ci de l'autorisation environnementale simplifiée requise, de remettre le site en état, notamment de dépolluer les sols. Également, il résulte de l'instruction que la réalisation préalable de travaux de dépollution des sols demandée par les requérants serait en l'espèce susceptible d'avoir, au regard des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement, des risques plus importants qu'un maintien sans remise en état de l'exploitation actuelle avec les mesures de prévention envisagées par la SA CEAPL et imposées par le préfet de la Haute-Vienne. A cet égard, il résulte de l'instruction que l'usage du site et l'isolement des zones polluées rendent compatibles le maintien de la pollution actuelle des sols et que, compte tenu de la nature de la pollution, par des hydrocarbures lourds peu volatiles sous des dalles en béton, il n'existe ni de risques sanitaires pour les travailleurs ou les riverains ni de voies de transmission dans l'environnement.

S'agissant du problème de l'implantation de la zone de découpe :

15. Il résulte des dispositions citées au point 10 que l'arrêté d'enregistrement pris par le préfet peut être assorti de prescriptions particulières incluant des aménagements aux prescriptions générales applicables à l'installation, telles qu'une dérogation aux règles de distance minimale d'implantation, sous réserve que ces aménagements soient justifiés par les circonstances locales.

16. Il résulte de l'instruction que la zone de découpe des VHU, telle qu'elle est prévue dans le dossier de demande d'enregistrement de l'installation déposée par la SA CEAPL et qu'elle a ainsi été autorisée par le préfet de la Haute-Vienne par son arrêté du 3 novembre 2020, est située, par rapport à une partie des limites des parcelles d'habitation riveraines du site, en particulier de celle de Mme A qui en est contiguë, à une distance inférieure à celle de 100 mètres prévue par les prescriptions générales de l'article 5 de l'arrêté du 26 novembre 2012. Or, les seuls éléments apportés par le préfet de la Haute-Vienne et la SA CEAPL ne suffisent pas pour démontrer qu'il aurait existé, en l'espèce, des circonstances locales particulières susceptibles de justifier l'octroi d'une telle dérogation à la règle de distance minimale d'implantation de la zone de découpe, en particulier dans une ampleur telle que celle finalement retenue, alors par ailleurs que, dans son rapport établi le 1er octobre 2020, l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement s'était prononcée, sans que le préfet ne reprenne cette préconisation, pour une implantation de la zone de découpe à au moins 40 mètres des limites de propriété des riverains ou de tout bâtiment occupé par des tiers. Dans ces conditions, et alors au surplus que la SA CEAPL n'établit ni même n'allègue qu'une implantation de la zone de découpe à au moins 100 mètres des habitations ou des zones destinées à l'habitation ne serait pas possible eu égard à la configuration des lieux, les requérants sont fondés à soutenir que la dérogation accordée par le préfet de la Haute-Vienne aux prescriptions générales de l'article 5 de l'arrêté du 26 novembre 2012 concernant l'implantation de la zone de découpe des VHU est illégale.

En ce qui concerne la perte de valeur alléguée des propriétés riveraines :

18. Mme A et autres n'établissent pas que l'exploitation depuis plusieurs années de l'installation litigieuse ou que l'arrêté du 3 novembre 2020 du préfet de la Haute-Vienne procédant à l'enregistrement de cette installation seraient à l'origine d'une perte de la valeur des divers biens immobiliers dans lesquels ils résident. Par suite, à supposer que ce moyen, qui n'a notamment pas trait aux intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement, puisse être utilement invoqué pour contester la légalité de l'arrêté du 3 novembre 2020 du préfet de la Haute-Vienne, il doit en tout état de cause être écarté comme non-fondé.

Sur la régularisation et la poursuite de l'exploitation de l'installation :

19. Les dispositions de l'article L. 181-18 du code de l'environnement, qui concernent les pouvoirs du juge de l'autorisation environnementale, sont applicables aux recours formés contre une décision d'enregistrement d'une installation classée dans le cas où le projet fait l'objet, en application du 7° du paragraphe I de l'article L. 181-2 du code de l'environnement, d'une autorisation environnementale tenant lieu d'enregistrement ou s'il est soumis à évaluation environnementale donnant lieu à une autorisation du préfet en application du troisième alinéa du II de l'article L. 122-1-1 du même code.

20. Dans les autres cas où le juge administratif est saisi de conclusions dirigées contre une décision relative à l'enregistrement d'une installation classée, y compris si la demande d'enregistrement a été, en application de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement, instruite selon les règles de procédure prévues pour les autorisations environnementales, les dispositions de l'article L. 181-18 du code de l'environnement ne sont pas applicables. Cependant, en vertu des pouvoirs qu'il tient de son office de juge de plein contentieux des installations classées pour la protection de l'environnement, le juge administratif, s'il estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la modification de cet acte est susceptible d'être régularisée, peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le juge peut préciser, par sa décision avant dire droit, les modalités de cette régularisation, qui implique l'intervention d'une décision corrigeant le vice dont est entachée la décision attaquée. En outre, le juge peut limiter la portée ou les effets de l'annulation qu'il prononce si le ou les vices qu'il retient n'affectent qu'une partie de la décision.

21. Enfin, lorsque l'annulation n'affecte qu'une partie seulement de la décision, le juge administratif peut déterminer s'il y a lieu de suspendre l'exécution des parties non viciées de cette décision. Et lorsqu'il prononce l'annulation, totale ou partielle, d'une décision relative à une installation classée soumise à enregistrement, il a toujours la faculté, au titre de son office de juge de plein contentieux, d'autoriser lui-même, à titre provisoire, et le cas échéant sous réserve de prescriptions et pour un délai qu'il détermine, la poursuite de l'exploitation de l'installation en cause, dans l'attente de la régularisation de sa situation par l'exploitant.

22. En premier lieu, les illégalités mentionnées aux points 8 et 16 de ce jugement, tenant à la méconnaissance de la règle d'implantation de la zone de découpe à au moins 100 mètres des habitations ou des zones destinées à l'habitation prévue par les prescriptions générales de l'article 5 de l'arrêté du 26 novembre 2012, à ce que l'existence de circonstances locales particulières de nature à justifier l'octroi d'une dérogation à cette règle d'implantation n'est pas démontrée et à l'insuffisance de motivation quant aux raisons qui ont conduit le préfet de la Haute-Vienne à accorder cette dérogation à la SA CEPAL, sont susceptibles d'être régularisées. Il y a lieu de surseoir à statuer sur la requête de Mme A et autres pendant un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la production par le préfet de la Haute-Vienne, dans ce même délai, d'un arrêté d'enregistrement de l'installation classée pour la protection de l'environnement exploitée par la SA CEAPL purgé des vices retenus.

23. En second lieu, les illégalités mentionnées aux point 8 et 16 de ce jugement ne font pas obstacle, par leur nature et par la possibilité d'une régularisation, à la poursuite de l'exploitation de l'installation classée pour la protection de l'environnement par la SA CEAPL sur le site de Verneuil-sur-Vienne sous réserve du respect des prescriptions générales et spécifiques applicables à cette installation. Il y a donc lieu d'autoriser la poursuite de cette exploitation dans l'attente de la régularisation, sous réserve du respect de ces prescriptions générales et spécifiques.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme C.

Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête de Mme A et autres pendant un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la production, par le préfet de la Haute-Vienne, d'un arrêté d'enregistrement de l'installation classée pour la protection de l'environnement exploitée par la SA CEAPL purgé des illégalités mentionnées aux points 8 et 16 de ce jugement.

Article 3 : Pendant la période laissée au préfet de la Haute-Vienne pour procéder à la régularisation des illégalités dont son arrêté du 3 novembre 2020 est entaché, la SA CEAPL est autorisée, sous réserve du respect des prescriptions générales et spécifiques applicables à cette installation, à exploiter l'installation d'entreposage, dépollution, démontage ou découpage de véhicules terrestres hors d'usage située sur son site de Verneuil-sur-Vienne.

Article 4 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 5 : Ce jugement sera notifié à Mme E A, à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques et à la SA CEAPL. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Revel, président,

M. Boschet, premier conseiller,

M. Christophe, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

Le rapporteur,

J.B. BOSCHET

Le président,

FJ. REVELLa greffière,

M. F

La République mande et ordonne

à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef,

La Greffière

M. F

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