jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100728 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MONPION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2021, Mme A C, représentée par Me Monpion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 mars 2021 par laquelle la rectrice de l'académie de Limoges a implicitement rejeté son recours gracieux formé contre l'arrêté du 15 septembre 2020 prononçant son admission à la retraite pour invalidité à compter du 5 septembre 2019 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Limoges de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- du fait de l'absence de communication de l'avis de la commission de réforme et de l'avis conforme du ministre chargé du budget, elle n'a pas été à même de comprendre les circonstances de droit et de fait qui fondent la décision prononçant sa mise à la retraite pour invalidité, qui n'est pas suffisamment motivée ;
- l'arrêté du 15 septembre 2020 de la rectrice de l'académie de Limoges a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'en méconnaissance de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, elle n'a pas été informée de ses droits concernant la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin de son choix ;
- la rectrice de l'académie de Limoges a commis une erreur de fait dès lors qu'elle n'a jamais sollicité son admission à la retraite pour invalidité ;
- la rectrice de l'académie de Limoges a commis une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son état de santé ne justifiait pas son admission à la retraite pour invalidité ;
- l'arrêté du 15 septembre 2020 de la rectrice de l'académie de Limoges caractérise une discrimination en raison de son handicap.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2021, la rectrice de l'académie de Limoges conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Mme C a produit un mémoire en réplique, enregistré le 10 mars 2023, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Me Monpion, pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Professeure certifiée hors classe de lettres modernes affectée au lycée Suzanne Valadon à Limoges, Mme C a été admise à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 5 septembre 2019 par un arrêté du 15 septembre 2020 de la rectrice de l'académie de Limoges, pris après avis du 17 février 2020 de la commission de réforme et avis conforme du ministre chargé du budget. Par un courrier du 28 décembre 2020, reçu le 4 janvier 2021, Mme C a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Elle demande au tribunal d'annuler la décision, née le 4 mars 2021 du silence gardé par l'administration, portant rejet implicite de son recours gracieux. Elle doit également être regardée comme demandant l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2020 prononçant son admission à la retraite pour invalidité.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office ". Selon l'article 31 de ce code : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par une commission de réforme selon des modalités qui sont fixées par un décret en Conseil d'Etat. / Le pouvoir de décision appartient, dans tous les cas, au ministre dont relève l'agent et au ministre des finances ". L'article R. 49 bis dudit code prévoit que : " Dans tous les cas, la décision d'admission à la retraite pour invalidité, prise en application de l'article L. 31, est subordonnée à l'avis conforme du ministre chargé du budget ".
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque l'invalidité n'est pas imputable au service, la décision d'admission à la retraite pour invalidité d'un fonctionnaire doit être prise par le ministre dont il relève, sur avis conforme du ministre chargé du budget. L'avis conforme du ministre chargé du budget prévu à l'article R. 49 bis du code des pensions civiles et militaires de retraite a seulement pour objet de faire obstacle à ce que le ministre dont relève l'agent puisse décider de sa mise à la retraite pour invalidité lorsque la demande présentée à ce titre n'est pas fondée ou que l'intéressé n'a pas droit à pension. En cas d'avis conforme favorable du ministre chargé du budget, le ministre dont relève l'agent, auquel appartient le pouvoir de décision, n'est pas tenu de mettre l'agent à la retraite et n'est pas placé en situation de compétence liée.
4. Aux termes de l'article R. 49 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " () Le fonctionnaire ou le magistrat est invité à prendre connaissance personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant de la partie administrative de son dossier et, éventuellement, des conclusions des rapports établis par les médecins agréés. Un délai minimum de huit jours doit séparer la date à laquelle cette consultation est possible de la date de la réunion de la commission de réforme ; il peut présenter les observations écrites et fournir des certificats médicaux. / La commission de réforme, si elle le juge utile, peut faire comparaître le fonctionnaire intéressé. Celui-ci peut se faire accompagner d'une personne de son choix ou demander qu'une personne de son choix soit entendue par la commission de réforme ". Aux termes de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 : " () L'avis formulé en application du premier alinéa de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite doit être accompagné de ses motifs. / Le secrétariat de la commission de réforme informe le fonctionnaire : / - de la date à laquelle la commission de réforme examinera son dossier ; / - de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin et la personne de son choix ".
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Il ressort des pièces du dossier que la lettre datée du 31 janvier 2020 par laquelle Mme C a été informée de la réunion, le 17 février suivant, de la commission de réforme appelée à émettre un avis sur son admission à la retraite pour invalidité, indiquait qu'elle avait la possibilité de prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire d'un représentant, de la partie administrative de son dossier, de présenter des observations écrites et de fournir des certificats médicaux, si nécessaire. Elle mentionnait aussi que la commission de réforme, si elle le jugeait utile, pouvait la faire comparaître et que, dans ce cas, l'intéressée pourrait se faire accompagner d'une personne de son choix ou demander qu'une personne de son choix soit entendue par cette commission. Ainsi, en méconnaissance des dispositions de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, Mme C n'a pas été informée de la possibilité dont elle disposait également en vertu de ce même article de se faire entendre par la commission de réforme, ou de faire entendre le médecin et la personne de son choix. En l'espèce, ce défaut d'information a été de nature à priver Mme C d'une garantie.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2020 par lequel la rectrice de l'académie de Limoges a prononcé son admission à la retraite pour invalidité à compter du 5 septembre 2019 et de la décision née le 4 mars 2021 portant rejet implicite de son recours gracieux formé contre cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'annulation des décisions litigieuses implique nécessairement qu'il soit enjoint à la rectrice de l'académie de Limoges de réintégrer Mme C à compter du 5 septembre 2019, date de son éviction illégale, avec reconstitution de sa carrière. La rectrice devra exécuter cette injonction dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de ce jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante, une somme de 1 200 euros à verser à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du 15 septembre 2020 par lequel la rectrice de l'académie de Limoges a prononcé l'admission à la retraite pour invalidité de Mme C à compter du 5 septembre 2019 ainsi que la décision du 4 mars 2021 portant rejet implicite du recours gracieux formé par l'intéressée contre cet arrêté sont annulés.
Article 2:Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Limoges de réintégrer Mme C à compter du 5 septembre 2019, date de son éviction illégale, avec reconstitution de sa carrière, dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 3:L'Etat versera une somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4:Ce jugement sera notifié à Mme A C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Une copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Limoges.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le rapporteur,
J.B. B
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026