jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100770 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
| Avocat requérant | MARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 mai 2021 et 28 juillet 2023, Mme A C, représentée par Me Maret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Creuse a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette s'élevant à 3 222,30 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active au titre de la période de septembre 2019 à novembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge du département de la Creuse la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée par une insuffisance de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le département n'établit pas les éléments sur lesquels il s'est fondé pour établir le montant de l'indu en cause en méconnaissance des articles R. 262-6 et R. 262-9 du code de l'action sociale et des familles ;
- le département a commis une erreur d'appréciation ;
- ce même département ne l'a pas sollicité pour des explications lors du contrôle de ses ressources commettant ainsi une erreur de droit ;
- il n'existe pas de pension alimentaire versée à sa fille.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 octobre 2021 et 19 octobre 2023, le département de la Creuse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Maret, représentant Mme C, qui a repris les éléments développés dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C demande l'annulation de la décision du 11 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Creuse a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette s'élevant à 3 222,30 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de septembre 2019 à novembre 2020.
2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 3°) () imposent des sujétions () ; 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il ressort de la décision attaquée que l'indu de revenu de solidarité active réclamé à l'intéressée a pour origine l'absence de déclaration de cette dernière concernant le type d'hébergement, les sommes d'argent versées à sa fille par son père, la situation professionnelle de ladite fille, la situation professionnelle de la requérante en tant que travailleur saisonnier et ses revenus. Dès lors, cette décision comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait devant y figurer en application des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-9 du même code : " Les avantages en nature procurés par un logement occupé soit par son propriétaire ne bénéficiant pas d'aide personnelle au logement, soit, à titre gratuit, par les membres du foyer, sont évalués mensuellement et de manière forfaitaire : 1° A 12 % du montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne ; 2° A 16 % du montant forfaitaire calculé pour deux personnes lorsque le foyer se compose de deux personnes ; 3° A 16,5 % du montant forfaitaire calculé pour trois personnes lorsque le foyer se compose de trois personnes ou plus () ".
6. Il résulte de l'instruction et notamment du mémoire en défense que l'indu de revenu de solidarité active en litige résulte de la prise en compte des salaires non déclarés de l'intéressée dans ses déclarations trimestrielles de ressources, d'aides pécuniaires versées à la fille de la requérante par son père, les revenus professionnels de cette dernière et l'hébergement à titre gratuit. Ces éléments ont été pris en compte dans le calcul des nouveaux droits de Mme C entre les mois de septembre 2019 et de novembre 2020 comme l'atteste le tableau fourni en défense sur le fondement des dispositions des articles L. 262-3, R. 262-6 et R. 262-9 du code de l'action sociale et des familles. Dès lors, le moyen tiré de ce que le département de la Creuse ne justifie pas le fondement de la créance en cause doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 121-2 de ce code dispose que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale (), sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction. () ".
8. Si Mme C soutient que la caisse d'allocations familiales de la Creuse ne l'a pas sollicitée pour des explications lors du contrôle de ses ressources, il résulte de l'instruction qu'en tout état de cause l'intéressée n'a pas contesté lors de la procédure contradictoire, établie par écrit le 23 novembre 2020 par l'agent de contrôle assermenté de la caisse d'allocations familiales, les constats de ce dernier, si ce n'est qu'elle était hébergée à titre gratuit. Au surplus, la requérante a pu faire valoir ses observations sur le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active en litige à l'occasion du recours administratif préalable obligatoire qu'elle a adressé le 15 décembre 2020 au président du conseil départemental de la Creuse.
9. Dans ces conditions, c'est sans commettre ni d'erreur d'appréciation ni d'erreur de droit que le président du conseil départemental de la Creuse a confirmé l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C. Par suite, c'est à bon droit que, par sa décision du 11 mars 2021 attaquée, le président du conseil départemental de la Creuse a rejeté sa demande de remise gracieuse.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation relatives à l'indu de revenu de solidarité active présentée par Mme C ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme C est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département de la Creuse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
A. D
La greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef,
La Greffière
M. B
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026