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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2101033

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2101033

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2101033
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantRAYNAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 juin 2021 et le 25 juillet 2023, M. D B et Mme A B, représentés par Me Raynaud-Pelaudeix, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde à leur verser la somme de 26 360 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 juin 2021, en réparation des préjudices propres subis par leur fils C, décédé le 9 avril 2018 ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde à leur verser la somme de 90 833,74 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 juin 2021, en réparation des préjudices qu'ils ont subis du fait du décès de leur enfant ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la faute médicale commise le 28 mars 2018, qui a consisté à réaliser tardivement une césarienne engage la responsabilité du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde ;

- la perte de chance d'éviter le décès de leur fils doit être fixé à 80% ;

- les souffrances endurées par C avant son décès seront justement évaluées à la somme de 20 000 euros, de même que son préjudice esthétique à hauteur de 6 000 euros et son déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 360 euros ;

- le préjudice spécifique d'accompagnement de fin de vie par les deux parents, qui ont été présents au côté de leur fils pendant douze jours, ont fait procéder à son baptême et ont dû prendre la difficile décision d'accepter que les médecins débranchent l'assistance respiratoire de l'enfant justifie l'octroi d'une somme de 10 000 euros pour chacun d'eux.

- le préjudice d'affection subi par les parents de la victime justifie une indemnisation à hauteur de 30 000 euros pour chacun d'eux ;

- les frais d'obsèques exposés seront indemnisés à hauteur de 10 833,74 euros comprenant les frais funéraires, d'ouverture et de fermeture du caveau familial et de réfection du monument.

- le préjudice économique et professionnel de chacun des parents ainsi que le coût des consultations psychologiques qu'ils ont été amenés à suivre devront également être indemnisés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 février 2022 et le 7 mars 2022, le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde, représenté par Me Valière-Vialeix conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à la réduction du montant des préjudices indemnisables ;

3°) à limiter à hauteur de 50% la prise en charge par ses soins de la créance de la caisse primaire d'assurances maladie du Puy-de-Dôme et de ramener à de plus justes proportions la somme que cette dernière demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa responsabilité ne saurait être engagée, l'échographie a été réalisée dans un délai raisonnable, la césarienne a été décidée au bon moment au regard des éléments médicaux recueillis et l'extraction de l'enfant a été réalisée en moins de trente minutes, conformément aux règles de l'art ; l'évènement hypoxique à l'origine du décès de l'enfant est intervenu préalablement à la prise en charge par le centre hospitalier, probablement dans la nuit du 27 au 28 mars 2018 ;

- si sa responsabilité devait être engagée, il convient de limiter à 50% le taux de perte de chance tel que défini par l'expert ;

- limiter à la somme de 3 578 euros le montant indemnitaire à verser au titre des souffrances endurées par l'enfant, de son préjudice esthétique et de son déficit fonctionnel temporaire ;

- limiter à 200 euros au titre du préjudice d'accompagnement et à la somme de 7 500 euros pour chacun des parents au titre du préjudice d'affection le montant de l'indemnité à verser à M. et Mme B et de ramener à la somme de 1 416,87 euros l'indemnisation des frais d'obsèques ;

- rejeter comme infondés et injustifiés les demandes indemnitaires présentées par les requérants au titre d'un préjudice économique et professionnel ainsi que de leurs suivis psychologiques.

Par un mémoire enregistré le 23 février 2022, la Caisse primaire d'assurances maladie du Puy-de-Dôme, représentée par Me Raynaud-Pelaudeix, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde à lui verser la somme de 8 700, 39 euros, correspondant à 50% des frais qu'elle a supportés, assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement à intervenir ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale à hauteur de 557 euros ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 28 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Crosnier,

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,

- et les observations de Me Susperregui, représentant M. et Mme B, et de E, représentant le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, enceinte de son premier enfant, dont la date d'accouchement était prévue pour le 27 mars 2018, s'est présentée le 28 mars 2018 au matin au centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde en signalant une diminution des mouvements actifs et des palpitations depuis 7 heures du matin. A 14h, Mme B a appelé la sage-femme pour lui signaler des saignements. A 14h40, suite à un nouvel appel de la patiente, la sage-femme a contacté le médecin de garde en raison de métrorragies épaisses et foncées. Le médecin a réalisé une échographie à 14h50 qui a montré une présentation céphalique, des mouvements fœtaux actifs, un liquide amniotique d'abondance normale mais d'aspect échogène et a pris la décision " d'une expectative armée. ". A 15h15, Mme B a appelé à nouveau la sage-femme pour des " métrorragies par jet ", avec un " sang épais et foncé ". C'est alors que le médecin a pris, à 15h17, la décision de pratiquer une césarienne, aboutissant à la naissance de C, à 15h43. L'état de santé du nouveau-né nécessitait son admission en service de néonatologie puis, à deux heures de vie, au centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges, en réanimation, où il fût mis en hypothermie cérébrale et sous assistance respiratoire. L'enfant présentait un tableau d'insuffisance cardiaque gauche ainsi qu'une insuffisance rénale aigue oligo-anurique. Le 3 avril 2018, une IRM mettait en évidence un œdème cytotoxique diffus sus-tensoriel et un pronostic néphrologique très négatif. Une décision de limitation des thérapeutiques actives fût alors prise conjointement avec les parents. C est décédé le 9 avril 2018 à 14h35. La commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux a, dans son avis du 25 juin 2020 estimé que la responsabilité du centre hospitalier était engagée et a invité l'assureur de l'établissement à faire une offre d'indemnisation au titre de la perte de chance de survie de l'enfant à hauteur de 50%. A la suite du refus de l'assureur de leur faire une offre, M. et Mme B demandent au tribunal, d'une part, en leur qualité d'ayants droits de leur fils décédé, la réparation des préjudices directement subis par ce dernier, ainsi que, d'autre part, celle des préjudices qu'ils estiment avoir subis conjointement.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde :

2. Le I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique prévoit que la responsabilité de tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins peut être engagée en cas de faute. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou de se soustraire au risque lié à l'intervention en refusant qu'elle soit pratiquée, la réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue. C'est seulement dans le cas où l'intervention était impérieusement requise, de sorte que le patient ne disposait d'aucune possibilité raisonnable de refus, que l'existence d'une perte de chance peut être niée. La réparation du dommage résultant de cette perte doit être fixée à une fraction des différents chefs de préjudice qui tient compte du rapprochement entre, d'une part, les risques inhérents à l'acte médical et, d'autre part, les risques encourus en cas de renoncement à cet acte.

3. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise établi à la demande de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, que la prise en charge de la patiente durant sa grossesse a suivi les bonnes pratiques et que l'équipe obstétricale a su s'entourer de spécialistes pour la prise en charge de l'hypertension artérielle de la patiente qui a été traitée de manière adaptée et efficace. La consultation du 27 mars 2018, jour du terme, a respecté les pratiques recommandées. Le lendemain, 28 mars 2018, Mme B s'est présentée à l'hôpital pour signaler une diminution des mouvements actifs et des palpitations depuis 7 heures du matin. Elle a été admise à 10 heures 15 et installée en salle d'accouchement. L'expert relève qu'après un premier épisode hémorragique signalé par la patiente à 14 heures puis d'un deuxième à 14 heures 35, la sage-femme n'a pas contacté le médecin de garde, lequel pratiquait une opération chirurgicale non urgente sur sa période de garde, pour qu'il l'autorise à enlever le propess, ni pris l'initiative de contacter un autre obstétricien ou de le faire elle-même alors qu'elle constatait un absorbex imbibé de métrorragies " épaisses et foncées ". Seule une échographie a été pratiquée à 14 heures 40. L'obstétricienne de garde a décidé à 14 heures 50 à la vue de l'échographie, qu'il y avait encore lieu d'attendre malgré la constatation d'un liquide amniotique épais, jusqu'à ce qu'elle prenne finalement la décision à 15 heures 17 d'enclencher une césarienne suite à une troisième métrorragie par jet, avec présence d'un sang épais et foncé. L'expert estime que le retard dans la prise de décision de la césarienne, qui aurait dû être engagée idéalement à 14 heures et impérativement à 14 heures 50, est lié à la désorganisation du service et a eu pour conséquence une anoxie fœtale responsable de l'état de C à sa naissance qui a abouti douze jours plus tard à son décès. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à se prévaloir d'un manquement de l'établissement de santé de nature à engager sa responsabilité et il y a lieu d'évaluer la perte de chance de ne pas présenter les séquelles décrites au point 1 qui ont entrainé le décès de C à 70%.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne les préjudices subis par C B :

4. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers.

S'agissant des souffrances endurées :

5. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par l'enfant en les évaluant à 6 sur une échelle de 7 et en fixant la réparation de ce chef de préjudice à la somme de 18 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique :

6. Compte tenu de la durée de la dégradation de l'apparence physique de l'enfant durant son séjour en réanimation, l'expert a retenu l'existence d'un préjudice esthétique évalué à 3 sur une échelle de 7. Dès lors que l'indemnisation d'un préjudice personnel ne dépend pas de la conscience que peut s'en faire la victime et que ce droit à indemnisation d'un préjudice personnel né avant le décès se transmet aux héritiers, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice esthétique en fixant la réparation à la somme de 3 000 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en fixant à la somme de 160 euros les troubles subis par C du jour de sa naissance à celui de son décès.

En ce qui concerne les préjudices subis par M. et Mme B :

S'agissant des préjudices d'accompagnement et d'affection :

8. Il résulte de l'instruction que les requérants ont été très présents auprès de leur fils pendant les jours qui ont précédé son décès. Ils ont suivi les examens médicaux pratiqués et constaté la dégradation de l'état de C avant de prendre conjointement avec l'équipe médicale la décision d'interrompre les thérapeutiques actives et de l'accompagner jusqu'à son décès après avoir fait procéder à son baptême. Ils ont particulièrement souffert de la perte de leur premier enfant dans de telles circonstances, aussi il sera fait une juste appréciation de leurs préjudices d'accompagnement et d'affection en leur allouant à chacun la somme de 20 000 euros.

S'agissant des frais d'obsèques :

9. Compte tenu des justificatifs produits, les montants retenus au titre des frais d'obsèques s'élèvent à la somme de 2833,74 euros, à l'exclusion du forfait d'office religieux et de la réfection du monument funéraire familial.

S'agissant des préjudices économiques, des incidences professionnelles et des frais divers :

10. Les requérants n'apportent aucune précision, d'une part, sur la nature et le montant des préjudices économiques et professionnels qu'ils prétendent avoir subis et, d'autre part, sur le montant des consultations psychologiques qu'ils soutiennent avoir suivis. Dès lors, leur demande ne peut qu'être rejetée.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les préjudices personnels de C B peuvent être chiffrés à la somme de 21 160 euros. Les préjudices personnels de ses parents ont été retenus pour un montant de 42 833,74 euros. Compte tenu de la part de préjudice indemnisable de 70 % mise à la charge du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde, l'indemnité due à M. et Mme B en leur qualité d'ayants-droits de C B doit être fixée à la somme de 14 812 euros et celle qui leur revient pour leurs préjudices propres doit être fixée à la somme de 29 984 euros.

Sur les droits de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme :

En ce qui concerne le remboursement des sommes versées :

12. Il résulte de la notification des débours assumés par la CPAM du Puy-de-Dôme que les prestations correspondant aux frais d'hospitalisation de C Dumay le 28 mars 2018 au centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde et celles liées à son hospitalisation du 28 mars au 9 avril 2018 au centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges se sont élevés à la somme totale de 17 400,78 euros. Le remboursement des débours supportés par la CPAM du Puy-de-Dôme s'élèvera à la somme de 8 700,39 euros, conformément à sa demande.

13. Même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution. La demande de la CPAM du Puy-de Dôme tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du présent jugement, des intérêts au taux légal sur la somme que le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde est condamné à lui verser est donc dépourvue de tout objet et doit être rejetée.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

14. Compte tenu du montant qui lui a été alloué au titre des dépenses d'hospitalisation mentionnées au point précédent, la CPAM du Puy-de-Dôme a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 577 euros qu'elle demande, assorti des intérêts au taux légal à compter de la date du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde une somme de 1 800 euros à verser à M. et Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, Il n'y a pas lieu, de mettre à la charge de cet établissement la somme demandée par la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde versera à M. et Mme B, en leur qualité d'ayants-droits de leur fils C, la somme de 14 812 (quatorze mille huit cent douze) euros.

Article 2 : Le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde versera à M. et Mme B, en leur nom propre, la somme de 29 984 (vingt neuf mille neuf cent quatre-vingt-quatre) euros.

Article 3 : Le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 8 700,39 (huit mille sept cents euros et trente-neuf centimes) euros au titre du remboursement des débours versés qui lui sont imputables, outre la somme de 577 (cinq cent soixante-dix-sept) euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale.

Article 4 : Le centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde versera à M. et Mme B une somme de 1 800 (mille huit cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à Mme A B, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et au centre hospitalier de Brive-la-Gaillarde.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023 où siégeaient :

- M. Artus, président,

- M. Crosnier, premier conseiller,

- M. Boschet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.

Le rapporteur,

Y. CROSNIER

Le président,

D. ARTUS

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

mf

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