jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101080 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, M. C A, représenté par Me Dounies, demande au tribunal :
- A titre principal :
1°) d'annuler la décision du 28 avril 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne a confirmé qu'il avait bénéficié à tort des aides versées par le fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter la propagation, pour la période allant de mars 2020 à juin 2020, pour un montant total de 6 000 euros ;
2°) d'annuler les titres de perception n° ADCE-21-2600013279, n°ADCE-21- 2600013286, n° ADCE-21-2600013288 et n° ADCE-21-2600013289 émis en vue du recouvrement de l'indu d'un montant de 5 269 euros, résultant du versement à tort de ces aides pour cette même période de mars 2020 à juin 2020, ensemble la décision du même jour de rejet de son recours administratif contre ces titres de perception ;
3°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à l'Etat de procéder à un nouvel examen de sa situation personnelle dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) à titre subsidiaire de faire application des dispositions de l'article L. 113-1 du code de justice administrative et de renvoyer devant le Conseil d'Etat la question de la qualification du contrat d'engagement militaire avant de se prononcer sur la question ou encore de décider d'un renvoi préjudiciel auprès de la Cour de justice de l'Union européenne ;
6°) dans tous les cas, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- il remplit les conditions d'octroi de l'aide fixées par l'article 2 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation dès lors qu'il ne perçoit ni pension de retraite ni indemnité journalière de la sécurité sociale ; en tout état de cause, le contrat d'engagement militaire ne constitue pas un contrat de travail.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2021 et des courriers enregistrés respectivement le 30 juillet 2021 et le 4 août 2021, la directrice régionale des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Siquier,
- et les conclusions de Mme Benzaid, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, militaire en situation de non activité suite au renouvellement de son congé de longue durée pour maladie depuis le 22 novembre 2019 pour une durée de six mois, a créé, le 26 décembre 2019, une entreprise en qualité d'exploitant individuel de mécanique automobile générale, mécanique agricole et fabrication d'objets divers en bois. Il a bénéficié des aides versées par le fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter la propagation pour la période allant de mars 2020 à juin 2020 pour un montant total de 6 000 euros. La direction départementale des finances publiques (DDFIP) de la Haute-Vienne, suite à un contrôle, a estimé que M. A n'était pas éligible à ces aides dont elle lui demande le remboursement pour un montant total ramené à 5 269 euros le 10 novembre 2020. M. A a contesté les critères qui lui ont été appliqués, estimant remplir les conditions fixées pour l'octroi de ces aides. Par décision du 28 avril 2021, la directrice de la DDFIP de la Haute-Vienne a confirmé rejeter sa réclamation du 2 avril 2021 et des titres de perception ont été émis en vue du recouvrement de l'indu. M. A demande l'annulation de la décision du 28 avril 2021 et la décharge de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge.
Sur les conclusions tendant au renvoi préjudiciel auprès de la Cour de justice de l'Union européenne :
2. La Cour de justice de l'Union européenne a dit pour droit, dans son arrêt du 15 juillet 2021, B.K. c/ Republika Slovenija (Ministrstvo za obrambo) (C-742/19), que l'Union respecte, d'une part, l'identité nationale des Etats membres, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles et, d'autre part, les fonctions essentielles de l'Etat, notamment celles qui ont pour objet d'assurer son intégrité territoriale, de maintenir l'ordre public et de sauvegarder la sécurité nationale, celle-ci relevant de la seule responsabilité de chaque Etat membre. La Cour a rappelé que les missions principales des forces armées des Etats membres, que sont la préservation de l'intégrité territoriale et la sauvegarde de la sécurité nationale, figuraient explicitement parmi les fonctions essentielles de l'Etat que l'Union doit respecter, en vertu de l'article 4, paragraphe 2, du traité sur l'Union européenne. La Cour a ainsi précisé que les règles du droit de l'Union ne sauraient être interprétées d'une manière telle qu'elles empêcheraient les forces armées d'accomplir leurs missions et souligné à cet égard que les spécificités que chaque Etat membre confère au fonctionnement de ses forces armées devaient être dûment prises en considération, que ces spécificités résultent, entre autres, des responsabilités internationales particulières assumées par cet Etat membre, des conflits ou des menaces auxquels il est confronté, ou encore du contexte géopolitique dans lequel cet Etat évolue.
3. Elle a cependant estimé qu'il ne découlait pas du respect dû par l'Union aux fonctions essentielles de l'Etat que les décisions des Etats membres relatives à l'organisation de leurs forces armées échapperaient au champ d'application du droit de l'Union. Elle a déduit de son interprétation de l'article 4, paragraphe 2, du traité sur l'Union européenne que ne sauraient relever du champ d'application de la directive du 4 novembre 2003 les activités des militaires intervenant dans le cadre d'une opération militaire, de leur formation initiale, d'un entraînement opérationnel, ainsi que celles qui présentent un lien d'interdépendance avec des opérations militaires et pour lesquelles l'application de la directive se ferait au détriment du bon accomplissement de ces opérations. Elle a également rappelé que les activités qui ne se prêtent pas à un système de rotation des effectifs, eu égard aux hautes qualifications des militaires en question ou à leurs tâches extrêmement sensibles, ainsi que celles qui sont exécutées dans le cadre d'événements exceptionnels, ne sauraient se voir appliquer les règles de la directive.
4. Lorsqu'il est saisi d'un recours contre un acte administratif relevant du champ d'application du droit de l'Union et qu'est invoqué devant lui le moyen tiré de ce que cet acte, ou les dispositions législatives qui en constituent la base légale ou pour l'application desquelles il a été pris, sont contraires à une directive ou un règlement européen, il appartient au juge administratif, après avoir saisi le cas échéant la Cour de justice d'une question préjudicielle portant sur l'interprétation ou la validité de la disposition du droit de l'Union invoquée, d'écarter ce moyen ou d'annuler l'acte attaqué, selon le cas. Toutefois, s'il est saisi par le défendeur d'un moyen, assorti des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé, tiré de ce qu'une règle de droit national, alors même qu'elle est contraire à la disposition du droit de l'Union européenne invoquée dans le litige, ne saurait être écartée sans priver de garanties effectives une exigence constitutionnelle, il appartient au juge administratif de rechercher s'il existe une règle ou un principe général du droit de l'Union européenne qui, eu égard à sa nature et à sa portée, tel qu'il est interprété en l'état actuel de la jurisprudence du juge de l'Union, garantit par son application l'effectivité de l'exigence constitutionnelle invoquée. Dans l'affirmative, il lui revient, en l'absence de difficulté sérieuse justifiant une question préjudicielle à la Cour de justice, d'écarter cette argumentation avant de faire droit au moyen du requérant, le cas échéant. Si, à l'inverse, une telle disposition ou un tel principe général du droit de l'Union n'existe pas ou que la portée qui lui est reconnue dans l'ordre juridique européen n'est pas équivalente à celle que la Constitution garantit, il revient au juge administratif d'examiner si, en écartant la règle de droit national au motif de sa contrariété avec le droit de l'Union européenne, il priverait de garanties effectives l'exigence constitutionnelle dont le défendeur se prévaut et, le cas échéant, d'écarter le moyen dont le requérant l'a saisi.
5. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne du 15 juillet 2021, B.K. c/ Republika Slovenija (Ministrstvo za obrambo) (C-742/19), traite d'un litige relatif à l'application aux militaires de la directive 89/391/CEE du Conseil du 12 juin 1989 concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail et n'a pas eu pour effet de refuser la qualification de contrat de travail aux contrats d'engagement militaire. Dans ces conditions, et dès lors que M. A n'assortit son moyen tiré de ce que l'application à sa situation particulière des critères d'octroi des aides du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter la propagation serait contraire à une disposition du droit de l'Union européenne, d'aucune des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé, ses conclusions tendant au renvoi préjudiciel auprès de la Cour de justice de l'Union européenne doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant non éligibilité aux aides perçues :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. La décision attaquée du 28 avril 2021 énonce clairement et d'une manière détaillée l'ensemble des considérations de droit et de fait relatives à la situation personnelle de M. A sur lesquelles elle se fonde, dans une mesure suffisante pour permettre à son destinataire d'en connaître et discuter utilement les motifs, et pour mettre le juge de l'excès de pouvoir en mesure d'exercer son office en pleine connaissance de cause. Il ressort de cette motivation que la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne s'est fondée sur les dispositions du décret du 30 mars 2020 modifié applicables à la situation M. A. Contrairement à ce que soutient le requérant, cette décision ne se borne pas à indiquer que chacune des trois conditions fixées par ce décret ne serait pas remplie, mais précise, qu'en l'espèce, M. A a confirmé dans son courrier de réclamation être titulaire d'un contrat de travail à temps complet au cours des périodes considérées. Dans ces conditions, la décision du 28 avril 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne a confirmé à M. A qu'il avait bénéficié à tort des aides versées par le fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter la propagation, pour la période allant de mars 2020 à juin 2020, pour un montant total de 6 000 euros est suffisamment motivée en droit et en fait et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article premier de l'ordonnance 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " Il est institué, jusqu'au 31 décembre 2020, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. / Sa durée d'intervention peut être prolongée par décret pour une durée d'au plus trois mois. ".
9. Aux termes de l'article 2 du décret précité, applicable aux aides au titre du mois de mars 2020 : " Les aides financières prévues à l'article 3 prennent la forme de subventions attribuées par décision du ministre de l'action et des comptes publics aux entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret qui remplissent les conditions suivantes : / () 2° () elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mars 2020 et le 31 mars 2020 : / - par rapport à la même période de l'année précédente ; () / 4° Les personnes physiques () ne sont pas titulaires, au 1er mars 2020, d'un contrat de travail à temps complet () ". Aux termes de l'article 3-1 du même décret, applicable aux aides au titre du mois d'avril 2020 : " Les aides financières prévues à l'article 3-2 prennent la forme de subventions attribuées par décision du ministre de l'action et des comptes publics aux entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret qui remplissent les conditions suivantes : / () 2° () elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er avril 2020 et le 30 avril 2020 : / - par rapport à la même période de l'année précédente ; () / 4° Les personnes physiques () ne sont pas titulaires, au 1er mars 2020, d'un contrat de travail à temps complet () ". Aux termes de l'article 3-3 de ce décret, applicable aux aides au titre du mois de mai 2020 : " Les aides financières prévues à l'article 3-4 prennent la forme de subventions attribuées par décision du ministre de l'action et des comptes publics aux entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret qui remplissent les conditions suivantes : / 2° () elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mai 2020 et le 31 mai 2020 : / - par rapport à la même période de l'année précédente ; () / 4° Les personnes physiques () ne sont pas titulaires, au 1er mars 2020, d'un contrat de travail à temps complet () ". Aux termes de l'article 3-5, applicable aux aides au titre du mois de juin 2020 : " Les aides financières prévues à l'article 3-6 prennent la forme de subventions aux entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret qui remplissent les conditions suivantes : / 2° () elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er juin 2020 et le 30 juin 2020 : / - par rapport à la même période de l'année précédente ; () 4° Les personnes physiques () ne sont pas titulaires, au 1er juin 2020, d'un contrat de travail à temps complet () ". Enfin, les articles 3, 3-2, 3-4 et 3-6 de ce décret prévoient, pour chacun des mois en litige, que la demande est notamment accompagnée d'une " une déclaration sur l'honneur attestant que l'entreprise remplit les conditions prévues par le () décret et l'exactitude des informations déclarées ".
10. Aux termes des dispositions de l'article L. 4138-11 du code de la défense : " La non-activité est la position temporaire du militaire qui se trouve dans l'une des situations suivantes : 1° En congé de longue durée pour maladie ; () ". En vertu des dispositions de l'article R. 4138-52 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Le militaire placé en congé de longue durée pour maladie perçoit la solde indiciaire, l'indemnité pour charges militaires, les primes et indemnités liées à la qualification ainsi que l'indemnité pour services aériens au taux n° 1 dans la limite des droits ouverts par l'exécution des épreuves de contrôle. / Il perçoit en outre la totalité des indemnités de résidence et pour charge de famille ainsi que, le cas échéant, la majoration de l'indemnité pour charges militaires. ". Aux termes de l'article R. 4138-54 du même code applicable à la date du litige : " Le militaire placé en congé de longue durée pour maladie peut exercer des activités prescrites et contrôlées médicalement au titre de la réadaptation. / Dans cette situation, le montant du cumul éventuel des rémunérations perçues par le militaire ne peut être supérieur à celui de sa rémunération en position d'activité, à l'exception des primes et indemnités attachées à l'exercice effectif de l'emploi. ".
11. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 28 octobre 2019, le congé de longue durée de M. A a été prolongé du 22 novembre 2019 au 21 mai 2020. Si M. A ne produit ni son contrat d'engagement ni ses éléments de rémunération, il n'en demeure pas moins que M. A, en sa qualité de militaire en position de non-activité, perçoit une rémunération complète soumise à cotisations sociales assortie des primes de sujétion particulières découlant de son statut de militaire en position non active. Par suite, le requérant doit être regardé comme titulaire d'un contrat de travail à temps complet au sens des dispositions du décret du 30 mars 2020. Dans ces conditions, et alors que les conditions fixées à l'article 2 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifiées ne sont, contrairement à ce que soutient le requérant pas cumulatives, la directrice départementale des finances publique de la Haute-Vienne pouvait sans méconnaitre les dispositions précitées, confirmer que M. A avait perçu à tort les aides du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, pour la période allant de mars à juin 2020. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de transmettre pour avis au Conseil d'Etat une question de droit, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 28 avril 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne a confirmé qu'il avait bénéficié à tort des aides versées par le fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter la propagation, pour la période allant de mars 2020 à juin 2020, pour un montant total de 5 269 euros doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des titres de perception :
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à ce que M. A soit déchargé de l'obligation de payer les sommes exigées par les titres de perception n° ADCE-21-2600013279, n° ADCE-21-2600013286, n° ADCE-21-2600013288 et n° ADCE-21-2600013289 émis en vue du recouvrement de l'indu d'un montant ramené à un montant total de 5 269 euros, résultant du versement à tort de ces aides, pour cette même période de mars 2020 à juin 2020, ensemble la décision du même jour de rejet de son recours administratif contre ces titres de perception, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
14. Dès lors que M. A ne remplit pas les conditions d'octroi des aides réclamées, il n'y a pas lieu d'enjoindre à la DDFIP de procéder au réexamen de sa situation. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la direction départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La rapporteure,
H. SIQUIER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
M. B
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026