jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101254 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AVOCAT FREYSSINET JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2021, Mme C D, représentée par Me Freyssinet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Nouvelle-Aquitaine (DREETS-NA) a rejeté son recours gracieux contre la décision du 21 avril 2021 lui refusant l'attribution du titre professionnel d'assistante de vie aux familles, ensemble la décision du 21 avril 2021 ;
2°) d'annuler la délibération du jury de refus d'attribution du titre professionnel d'assistante de vie aux familles ;
3°) d'enjoindre la délivrance du titre professionnel d'assistante de vie aux familles ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- la présence lors de la session d'examen au sein du jury de sa formatrice qu'elle accuse de harcèlement a compromis ses chances d'obtenir son diplôme ;
- les principes d'égalité et d'impartialité qui doivent prévaloir lors de la préparation et de l'organisation d'une formation en vue de la délivrance d'un titre professionnel ont été violés ;
- le groupe auquel elle appartenait n'a pas reçu la même qualité de formation que celle proposée aux autres groupes et elle a subi en son sein des comportements inacceptables ;
- il appartient au juge administratif de vérifier qu'aucune violation du règlement de nature à créer une rupture d'égalité entre les candidats n'entache la proclamation des résultats.
La requête a été communiquée à la DREETS-NA qui n'a pas présenté d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 22 décembre 2015 relatif aux conditions de délivrance du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi ;
- l'arrêté du 21 juillet 2016 portant règlement général des sessions d'examen pour l'obtention du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les conclusions de M. Slimani, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D s'est présentée à la session d'examen organisée le 8 avril 2021 par l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) de Brive-la-Gaillarde pour l'obtention du titre professionnel d'assistante de vie aux familles, délivré par le ministère du travail. Par une décision du 21 avril 2021, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Nouvelle-Aquitaine lui a notifié ses résultats obtenus à l'examen et le refus d'attribution du titre professionnel concerné. Mme D a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté par une décision du 2 juin 2021. Par la présente requête Mme D doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 21 avril 2021, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 21 avril 2021 :
2. Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 22 décembre 2015 relatif aux conditions de délivrance du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi : " Le jury est une entité collégiale compétente sur l'ensemble des activités évaluées au cours de la session de validation. (). Les membres du jury ne doivent entretenir ou avoir entretenu aucun lien professionnel ou personnel avec le candidat. ". Aux termes du paragraphe 4.2 " Etablissement du procès-verbal " du règlement général des sessions d'examen pour l'obtention du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi, annexé à l'arrêté du 21 juillet 2016 portant règlement général des sessions d'examen pour l'obtention du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi : " () Pour garantir leur impartialité, les membres du jury ne doivent pas évaluer, ni participer aux délibérations concernant les candidats avec lesquels ils entretiennent, ou ont entretenu, des liens tenant à la vie personnelle ou professionnelle. / Un formateur ayant assuré la formation ou l'accompagnement d'un candidat ne peut faire partie du jury chargé d'apprécier celui-ci ".
3. La seule circonstance qu'un membre d'un jury d'examen professionnel connaisse un candidat ne suffit pas à justifier qu'il s'abstienne de participer aux délibérations qui concernent ce candidat. En revanche, le respect du principe d'impartialité exige que s'abstienne de participer, de quelque manière que ce soit, aux interrogations et aux délibérations qui concernent un candidat un membre du jury qui aurait avec celui-ci des liens, tenant à la vie personnelle ou aux activités professionnelles, qui seraient de nature à influer sur son appréciation. En outre, un membre du jury qui a des raisons de penser que son impartialité pourrait être mise en doute ou qui estime, en conscience, ne pas pouvoir participer aux délibérations avec l'impartialité requise, peut également s'abstenir de prendre part aux interrogations et aux délibérations qui concernent un candidat. En dehors de ces hypothèses, il incombe aux membres des jurys d'examen de siéger dans les jurys auxquels ils ont été nommés en application de la réglementation applicable.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier notamment du livret de suivi des périodes en entreprises ainsi que du courriel du 8 février 2021 du responsable formation de l'Afpa en réponse à un courriel du même jour adressé par la requérante, que cette dernière avait pour formatrice référente Mme A B dont le nom et la qualité apparaissent clairement dans ces deux documents. Or, Mme D soutient sans être contredite par la DREETS-NA, qui n'a pas produit de mémoire en défense, que Mme B qu'elle accuse par ailleurs de harcèlement, de propos humiliants et d'absence délibérée de tout conseil ou instruction utile pendant sa formation théorique à l'Afpa, était présente dans le jury. Par suite, et alors que la DREETS-NA ne produit aucun élément permettant au tribunal d'exclure que Mme B siégeait au sein du jury chargé d'apprécier la requérante et qu'ainsi le principe d'impartialité n'a pas été respecté, Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 21 avril 2021, ensemble le rejet de son recours gracieux.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête que les décisions du 21 avril 2021 et du 2 juin 2021 par lesquelles le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Nouvelle-Aquitaine a refusé à Mme D l'attribution du titre professionnel d'assistante de vie aux familles doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation prononcée n'implique pas qu'il soit enjoint au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Nouvelle-Aquitaine de délivrer à la requérante le diplôme d'assistante de vie aux familles.
Sur les frais d'instance :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante, une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: Les décisions du directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Nouvelle-Aquitaine du 21 avril 2021 et du 2 juin 2021 sont annulées.
Article 2:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3:L'Etat versera à Mme D la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités. Une copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Nouvelle-Aquitaine.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
D. ARTUS
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026