mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200031 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2022, M. B D A, représenté par Me David, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 novembre 2021 par laquelle le Premier ministre, exerçant les fonctions de garde des sceaux, ministre de la justice, a ordonné le maintien de son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son recours est recevable, les décisions de maintien au répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS) faisant grief ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence, en ce que l'auteur de l'acte ne dispose pas de délégation et en ce que cette dernière n'a pas été régulièrement publiée ;
- elle est irrégulière du fait de l'irrégularité de la composition de la commission des détenus particulièrement signalés ;
- elle est entachée de défaut de motivation ;
- elle est dépourvue de base légale dès lors que l'article D. 276-1 du code de procédure pénale est issu du décret n° 98-1099 du 8 décembre 1998 pris sur le fondement de l'article 728 du code de procédure pénale, dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009, a été déclaré non conforme à la constitution par la décision n° 2014-393 QPC du 25 avril 2014 du Conseil constitutionnel ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2024, le Premier ministre conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations du public avec l'administration ;
- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 2020-1293 du 23 octobre 2020 ;
- la circulaire NORJUSD1236970C du 15 octobre 2012 relative à l'instruction ministérielle relative au répertoire des détenus particulièrement signalés ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Christophe a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, écroué depuis le 29 novembre 2013, a été incarcéré à la maison centrale de Saint-Maur du 8 novembre 2018 au 16 mai 2023. Par une décision du 12 novembre 2021 dont il demande l'annulation, le premier ministre a ordonné le maintien de son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 2-1 du décret du 22 janvier 1959 relatif aux attributions des ministres : " Le ministre qui estime se trouver en situation de conflit d'intérêts en informe par écrit le Premier ministre en précisant la teneur des questions pour lesquelles il estime ne pas devoir exercer ses attributions. Un décret détermine, en conséquence, les attributions que le Premier ministre exerce à la place du ministre intéressé. / Ce dernier s'abstient de donner des instructions aux administrations placées sous son autorité ou dont il dispose, lesquelles reçoivent leurs instructions directement du Premier ministre ". Aux termes de l'article 1er du décret du 23 octobre 2020 pris en application de l'article 2-1 du décret du 22 janvier 1959 : " Le garde des sceaux, ministre de la justice ne connaît pas : () - des actes de toute nature relevant des attributions du garde des sceaux, ministre de la justice, relatifs aux conditions d'exécution des peines et au régime pénitentiaire de personnes condamnées qui ont été, directement ou indirectement, impliquées dans les affaires dont il a eu à connaître en sa qualité d'avocat ou dont le cabinet Vey a à connaître ; () / Conformément à l'article 2-1 du décret du 22 janvier 1959 susvisé, les attributions correspondantes sont exercées par le Premier ministre ".
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions () peuvent signer, au nom du ministre () et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : () / 2° Les chefs de service () / Cette délégation s'exerce sous l'autorité du ou des ministres et secrétaires d'Etat dont relèvent les agents, ainsi que, le cas échéant, de leur supérieur hiérarchique immédiat ".
4. D'une part, il résulte de la lecture combinée des dispositions citées aux points 2 et 3 que, lorsque le Premier ministre exerce les attributions d'un ministre empêché par une situation de conflit d'intérêts, les agents mentionnés à l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 peuvent signer en son nom et sous son autorité, dans le cadre de la délégation de plein droit prévue par cet article, les actes relatifs aux affaires des services dont ils ont la charge. En l'espèce, la décision de maintien au répertoire des détenus particulièrement signalés a été signée pour le Premier ministre, par le sous-directeur de la sécurité pénitentiaire à la direction de l'administration pénitentiaire, M. E C, nommé à cette fonction par arrêté du 17 février 2021, publié au Journal officiel de la République française du 19 février 2021.
5. D'autre part, eu égard à l'objet d'une délégation de signature, une telle publication au Journal officiel, qui permet de donner date certaine à la décision de délégation prise par le sous-directeur de la sécurité pénitentiaire, constitue une mesure de publicité adéquate. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'incompétence.
6. En deuxième lieu, l'article D. 276-1 du code de procédure pénale alors en vigueur dispose que : " En vue de la mise en œuvre des mesures de sécurité adaptées, le ministre de la justice décide de l'inscription et de la radiation des détenus au répertoire des détenus particulièrement signalés dans des conditions déterminées par instruction ministérielle ". Aux termes de l'article 1.1.2.2 de la circulaire du 15 octobre 2012 relative à l'instruction ministérielle relative au répertoire des détenus particulièrement signalés prévue par l'article D. 276-1 du code de procédure pénale précité : " La consultation de la commission DPS / La commission DPS se réunit au sein de tout établissement dans lequel sont écrouées des personnes détenues inscrites au répertoire des DPS ou faisant l'objet de demandes d'inscription. / Elle se réunit à l'initiative du chef d'établissement. Il appartient à ce dernier de veiller à la tenue régulière de cette commission. / • Composition / Les membres de cette commission sont : / - le chef d'établissement pénitentiaire ou son représentant, qui préside, / - le procureur de la République, ou son représentant, / - le préfet ou son représentant, en cas de nécessité - le directeur inter-régional des services pénitentiaires ou son représentant, /- un représentant de chacun des services de police exerçant leurs activités dans le ressort du tribunal, / - le commandant du groupement de gendarmerie départemental ou son représentant, / - le délégué local du renseignement pénitentiaire, / - le juge d'instruction, s'agissant des personnes prévenues, / - le juge de l'application des peines, s'agissant des personnes condamnées, / - le juge de l'application des peines de Paris en charge des condamnés pour affaires de terrorisme ainsi que le parquet de l'exécution des peines de Paris s'agissant des personnes détenues pour des faits de nature terroriste ". Par ailleurs, l'article R. 57-6-9 du code de procédure pénale alors en vigueur dispose que : " () L'autorité compétente peut décider de ne pas communiquer à la personne détenue, à son avocat ou au mandataire agréé les informations ou documents en sa possession qui contiennent des éléments pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes ou des établissements pénitentiaires ".
7. M. D A, en se bornant à soutenir qu'il n'est pas possible de vérifier la régularité de la composition de la commission qui s'est prononcée le 18 mai 2021 sur sa situation, n'établit pas l'irrégularité de sa tenue, ni même n'apporte d'élément permettant de douter de la tenue de celle-ci. Il résulte de l'instruction et notamment de la feuille de présence produite en défense que ladite commission était régulièrement composée. En tout état de cause, s'agissant d'une commission composée exclusivement d'agents de l'Etat, destinée seulement à éclairer le ministre, et qui n'a pas vocation à entendre le détenu, lequel a pu, en l'espèce, faire valoir ses observations avant que le Premier ministre prenne sa décision, un éventuel vice dans la composition de cette commission n'est pas susceptible de priver l'intéressé d'une garantie, pas plus qu'il n'a en l'espèce, pu influer sur le sens de la décision prise. Par suite le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
8. En troisième lieu, l'article 1.1.2.3 de la circulaire du 15 octobre 2012 relative à l'instruction ministérielle relative au répertoire des détenus particulièrement signalés dispose que : " La décision motivée d'inscription ou de maintien au répertoire DPS prise à l'issue de cette procédure est notifiée à la personne détenue par l'établissement ". Par ailleurs, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Enfin, l'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
9. La décision du 12 novembre 2021 par laquelle le Premier ministre a maintenu l'inscription de M. D A sur le répertoire des détenus particulièrement signalés comporte l'exposé détaillé des considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, et dès lors que la motivation d'un acte administratif ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision en litige doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 22 de la loi susvisée du 24 novembre 2009, alors en vigueur : " L'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits. L'exercice de ceux-ci ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la récidive et de la protection de l'intérêt des victimes. Ces restrictions tiennent compte de l'âge, de l'état de santé, du handicap et de la personnalité de la personne détenue. ". Aux termes de l'article D. 276-1 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " En vue de la mise en œuvre des mesures de sécurité adaptées, le ministre de la justice décide de l'inscription et de la radiation des détenus au répertoire des détenus particulièrement signalés dans des conditions déterminées par instruction ministérielle ".
11. Il ressort de la circulaire du 15 octobre 2012 relative au répertoire des détenus particulièrement signalés, prise pour la mise en œuvre des dispositions de l'article D. 276-1 du code de procédure pénale, que l'inscription d'un détenu au répertoire des détenus particulièrement signalés a pour seul effet d'appeler l'attention des personnels pénitentiaires et des autorités amenées à le prendre en charge, en intensifiant à son égard les mesures particulières de surveillance, de précaution et de contrôle prévues pour l'ensemble des détenus par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur. Dans ce cadre, seules peuvent être apportées aux droits des détenus les restrictions résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la récidive et de la protection de l'intérêt des victimes, dans les conditions rappelées par les articles 22 et suivants de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009.
12. Le pouvoir réglementaire est compétent pour édicter le régime applicable aux détenus particulièrement signalés, dès lors que ce dernier a pour seul effet de prescrire aux personnels et autorités pénitentiaires de faire preuve d'une vigilance particulière s'agissant de certains individus, dès lors que, ce faisant, il ne porte pas une atteinte illégale aux droits que les détenus tiennent notamment des articles 22 et suivants de la loi du 24 novembre 2009. Quand bien-même la circulaire du 15 octobre 2012 emporte des répercussions concrètes pour les détenus, notamment lors des appels, des opérations de fouille et de contrôle des locaux, ainsi que dans leurs relations avec l'extérieur et leur affectation en priorité en maison centrale, ses effets demeurent toutefois étroitement limités. M. D A ne peut donc utilement soutenir que l'article D. 276-1 du code de procédure pénale serait dépourvu de base légale, non plus que la circulaire prise pour son application, ainsi que, par voie de conséquence, de la décision attaquée. Les arguments évoqués au soutien de ce moyen, tirés, d'une part, des conséquences de la décision n° 2014-393 QPC du 25 avril 2014 du Conseil constitutionnel, ayant déclaré l'article 728 du code de procédure pénale, inconstitutionnel, dans sa version antérieure à la loi du 24 novembre 2009, et, d'autre part, de ce que la nouvelle rédaction de cet article issue de la loi du 24 novembre 2009, ni l'article 22 de cette dernière, ne peuvent constituer la base légale de l'article D. 276-1 du code de procédure pénale, sont dès lors inopérants.
13. En dernier lieu, selon l'article 1.1.1 de la circulaire du 15 octobre 2012 relative à l'instruction ministérielle relative au répertoire des détenus particulièrement signalés :
" 1.1.1 Les critères d'inscription et de maintien au répertoire des DPS. Les critères d'inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés sont liés au risque d'évasion et à l'intensité de l'atteinte à l'ordre public que celle-ci pourrait engendrer ainsi qu'au comportement particulièrement violent en détention de certaines personnes détenues.
Les personnes détenues susceptibles d'être inscrites au répertoire des DPS sont celles : / 1) appartenant à la criminalité organisée locale, régionale, nationale ou internationale ou aux mouvances terroristes, appartenance établie par la situation pénale ou par un signalement des magistrats, de la police ou de la gendarmerie ; / 2) ayant été signalées pour une évasion réussie ou un commencement d'exécution d'une évasion, par ruse ou bris de prison ou tout acte de violence ou ayant fait l'objet d'un signalement par l'administration pénitentiaire, les magistrats, la police ou la gendarmerie, selon lequel des informations recueillies témoignent de la préparation d'un projet d'évasion ; / 3) susceptibles de mobiliser les moyens logistiques extérieurs d'organisations criminelles nationales, internationales ou des mouvances terroristes ; / 4) dont l'évasion pourrait avoir un impact important sur l'ordre public en raison de leur personnalité et / ou des faits pour lesquels elles sont écrouées ; / 5) susceptibles d'actes de grandes violences, ou ayant commis des atteintes graves à la vie d'autrui, des viols
ou actes de torture et de barbarie ou des prises d'otage en établissement pénitentiaire ".
14. Pour maintenir l'inscription de M. D A au répertoire des détenus particulièrement signalés, le Premier ministre s'est fondé sur son appartenance à une organisation criminelle internationale et son ancrage dans le trafic illicite de produits stupéfiants, et plus particulièrement la cocaïne, attestés par sa condamnation le 7 juin 2018 par la cour d'assise de la Martinique à une peine de vingt ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté de dix ans. Ces faits démontrent son appartenance à la criminalité organisée, dont il ne ressort pas des pièces du dossier que depuis son incarcération M. D A aurait entendu rompre tout lien avec cette dernière, et ainsi la possibilité de disposer de moyens logistiques et financiers que l'intéressé serait susceptible de mobiliser dans la perspective de préparatifs d'évasion, comme en attestent la découverte, à plusieurs reprises en 2020 et 2021 de téléphones portables, de cartes Sim et de clés USB ainsi que les très importantes sommes d'argent qu'il a régulièrement perçues tout au long de sa détention. De même, il ressort de la décision attaquée que de nombreuses saisines de cannabis ont été réalisées entre 2019 et 2020 à l'occasion de fouilles de sa cellule traduisant son absence complète de rupture avec le trafic de produits stupéfiants. Dans ces conditions, compte tenu des liens de M. D A au moment de son incarcération avec la criminalité organisée et de l'impact qu'une évasion serait susceptible d'avoir sur l'ordre public, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le Premier ministre a décidé de maintenir son inscription sur le répertoire des détenus particulièrement signalés.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 novembre 2021 par laquelle le Premier ministre, a décidé du maintien de l'inscription de M. D A au répertoire des détenus particulièrement signalés doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. D A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. D A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B D A et au Premier ministre.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
F-J. REVEL
La greffière,
M. DUCOURTIOUX
La République mande et ordonne
au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière,
M. DUCOURTIOUX
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026