mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200039 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JUGE UNIQUE JB BOSCHET |
| Avocat requérant | TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le n° 2200038, par une requête et un mémoire enregistrés les 10 janvier 2022 et 1er août 2022, la SAS GD, représentée par Me Goimier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à concurrence d'une somme globale de 772 646 euros, la restitution partielle des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre des années 2014 à 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'hypermarché et la station-service qu'elle exploite à Guéret ne relèvent pas de la même unité locale et constituent donc, en vertu des dispositions de l'article 1er du décret n° 95-85 du 26 janvier 1995, des établissements distincts en matière de taxe sur les surfaces commerciales ; l'hypermarché et la station-service n'ont pas la même adresse et devaient faire l'objet d'une imposition distincte à la cotisation foncière des entreprises ; conformément aux articles 1494 du code général des impôts et 324 A de l'annexe III à ce code, l'hypermarché et la station-service ne pourraient constituer un seul assujetti en matière de cotisation foncière des entreprises qu'autant que l'ensemble des sols, terrains et bâtiments ferait partie du même groupement topographique et serait par ailleurs normalement destiné à être utilisé par un même occupant en raison de son agencement, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ; au point 300 des commentaires administratifs publiés au BOFIP sous la référence BOI-IF-AUT-50-10, l'administration fiscale a précisé qu'un groupement topographique s'entend uniquement des différentes constructions qui, en raison de leur agencement, forment un ensemble immobilier homogène ; étant donné la configuration des lieux et la différence d'activités exercées, ces deux locaux peuvent faire l'objet d'une exploitation autonome et constituent donc, en application du quatrième alinéa de l'article 310 HA de l'annexe II au code général des impôts, deux établissements distincts en matière de cotisation foncière des entreprises ; eu égard à la définition d'utilité locale récemment donnée par le Conseil d'Etat dans les décisions n° 434111 et 44270 dont l'administration se prévaut en défense, l'hypermarché et la station-service ne peuvent pas davantage être regardés comme un ensemble géographiquement cohérent ;
- la station-service ayant une surface inférieure à 400 m², elle n'était pas imposable à la taxe sur les surfaces commerciales à raison du chiffre d'affaires généré par cette station.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal (DIRCOFI) Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- pour l'application de la taxe sur les surfaces commerciales, l'hypermarché et la station-service exploités par la SAS GD à Guéret ne constituent pas des établissements distincts ;
- si le tribunal devait considérer que l'hypermarché et la station-service constituent des établissements distincts, il appartiendrait à la SAS GD, sur laquelle pèse la charge de la preuve, de justifier du montant du chiffre d'affaires généré par l'activité de la station-service qu'elle prétend exclure pour la détermination de la taxe sur la surface commerciale exigible.
L'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest a produit un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2024, qui n'a pas été communiqué.
II. Sous le n° 2200039, par une requête et un mémoire enregistrés les 10 janvier 2022 et 22 septembre 2022, la SAS GD, représentée par Me Goimier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à concurrence d'une somme globale de 374 898 euros, la restitution partielle des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre des années 2018 à 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'hypermarché et la station-service qu'elle exploite à Guéret ne relèvent pas de la même unité locale et constituent donc, en vertu des dispositions de l'article 1er du décret n° 95-85 du 26 janvier 1995, des établissements distincts en matière de taxe sur les surfaces commerciales ; l'hypermarché et la station-service n'ont pas la même adresse et devaient faire l'objet d'une imposition distincte à la cotisation foncière des entreprises ; conformément aux articles 1494 du code général des impôts et 324 A de l'annexe III à ce code, l'hypermarché et la station-service ne pourraient constituer un seul assujetti en matière de cotisation foncière des entreprises qu'autant que l'ensemble des sols, terrains et bâtiments ferait partie du même groupement topographique et serait par ailleurs normalement destiné à être utilisé par un même occupant en raison de son agencement, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ; au point 300 des commentaires administratifs publiés au BOFIP sous la référence BOI-IF-AUT-50-10, l'administration fiscale a précisé qu'un groupement topographique s'entend uniquement des différentes constructions qui, en raison de leur agencement, forment un ensemble immobilier homogène ; étant donné la configuration des lieux et la différence d'activités exercées, ces deux locaux peuvent faire l'objet d'une exploitation autonome et constituent donc, en application du quatrième alinéa de l'article 310 HA de l'annexe II au code général des impôts, deux établissements distincts en matière de cotisation foncière des entreprises ; eu égard à la définition d'utilité locale récemment donnée par le Conseil d'Etat dans les décisions n° 434111 et 44270 dont l'administration se prévaut en défense, l'hypermarché et la station-service ne peuvent pas davantage être regardés comme un ensemble géographiquement cohérent ;
- la station-service ayant une surface inférieure à 400 m², elle n'était pas imposable à la taxe sur les surfaces commerciales à raison du chiffre d'affaires généré par cette station.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2022, la directrice départementale des finances publique de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
La directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne a produit un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS GD exploite, sous l'enseigne Leclerc, un hypermarché et une station-service ayant comme adresses respectives les 30 et 40 avenue du Berry à Guéret. Au titre des années 2014 à 2020, la SAS GD, qui avait déposé des déclarations uniques pour l'hypermarché et la station-service, a été assujettie, après inclusion au titre des années 2014 à 2017 de suppléments qu'elle a acceptés d'un montant de 16 039 euros résultant de la prise en compte à la suite d'une vérification de comptabilité d'une fraction du chiffre d'affaires généré par le rayon poissonnerie, à des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales pour un montant global de 2 304 587 euros. Par une réclamation du 21 décembre 2020, elle a demandé le dégrèvement partiel de ces cotisations, à concurrence d'une somme globale de 772 646 euros. Par des décisions des 26 novembre 2021 et 16 décembre 2021, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest, pour les années 2014 à 2017, et le directeur départemental des finances publiques de la Creuse, pour les années 2018 à 2020, ont rejeté cette réclamation. Par deux requêtes enregistrées sous les n° 2200038 et 2200039, qu'il y a lieu de joindre, la SAS GD demande la restitution de ces cotisations de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle considère avoir indûment acquittées au titre des années 2014 à 2020 à concurrence d'une somme globale de 772 646 euros.
Sur la demande de restitution des impositions litigieuses :
En ce qui concerne le terrain de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 instituant des mesures en faveur de certaines catégories de commerçants et artisans âgés, dans sa version applicable au litige : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite ". Aux termes de l'article 1er du décret du 26 janvier 1995 relatif à la taxe sur les surfaces commerciales : " Pour l'application de la loi du 13 juillet 1972 susvisée, l'établissement s'entend de l'unité locale où s'exerce tout ou partie de l'activité d'une entreprise. Lorsque plusieurs locaux d'une même entreprise sont groupés en un même lieu comportant une adresse unique ou sont assujettis à une même taxe professionnelle, ils constituent un seul établissement ".
3. Constituent une unité locale au sens de ces dispositions les locaux d'une même entreprise formant un ensemble géographiquement cohérent pour l'exercice de tout ou partie de l'activité de cette entreprise, notamment ceux comportant une adresse unique ou assujettis à une même cotisation foncière des entreprises.
4. Il résulte de l'instruction que l'hypermarché et la station-service exploités par la SAS GD sont situés dans la même zone commerciale, sur des parcelles voisines formant un ensemble intégré de locaux. Il résulte aussi de l'instruction que la clientèle, qui se déplace essentiellement en voiture, peut aisément circuler d'une parcelle à une autre, en particulier de l'hypermarché à la station-service, laquelle apparaît comme une annexe de cet hypermarché. Dès lors, l'hypermarché et la station-service exploités par la SAS GD, au demeurant reliés entre eux par une voie desservant les différentes parties de la zone commerciale, doivent être regardés comme formant un ensemble géographique cohérent pour l'exercice de l'activité de l'entreprise et comme relevant ainsi d'une même unité locale au sens de l'article 1er du décret du 26 janvier 1995. Dans ces circonstances, et quand bien même ils ont une adresse différente et seraient destinés à une utilisation distincte, la SAS n'est pas fondée à faire valoir, sur le terrain de la loi fiscale, que l'hypermarché et la station-service constituent des établissements distincts en matière de taxe sur les surfaces commerciales et que, puisque la surface de la station-service est inférieure au seuil de 400 m² d'assujettissement à cette taxe, il n'y avait pas lieu de prendre en compte le chiffre d'affaires généré par cette station pour le calcul des cotisations dues au titre des années 2014 à 2020.
En ce qui concerne le terrain de la doctrine fiscale :
5. Comme l'indique l'administration fiscale en défense, la SAS GD ne peut utilement se prévaloir du paragraphe 300 des commentaires administratifs publiés au BOFIP sous la référence BOI-IF-AUT-50-10 dès lors qu'il concerne non pas la taxe sur les surfaces commerciales mais la taxe sur les bureaux et parkings en Île-de-France.
6. Il résulte de ce qui précède que la SAS GD n'est pas fondée à demander la restitution partielle, à concurrence d'une somme globale de 772 646 euros, des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre des années 2014 à 2020.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme à verser à la SAS GD sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de la SAS GD sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS GD, à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
Le magistrat désigné,
J.B. A
La greffière,
M. BLa République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
La greffière,
M. B
Nos 2200038,2200039
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026