mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200173 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FOLEY HOAG AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 février 2022 et 21 février 2023, l'association La Pêcherie du Liboulier et Mme B C, représentés par Me Véron, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2006-1138 du 18 octobre 2006 en tant que le préfet de la Creuse a transféré le bien de section de commune du Liboulier cadastré BC n°9 au lieu-dit La Croix à Ars à la Commune d'Ars ;
2°) d'annuler la décision implicite du 8 décembre 2021 par laquelle la préfète de la Creuse a refusé de retirer cet arrêté du 18 octobre 2006 en tant qu'il a procédé au transfert du bien de section du Liboulier à la commune d'Ars ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté du 18 octobre 2006 n'est pas devenu définitif faute de mesures adéquates de publicité. Elles sont donc recevables à en contester la légalité de même qu'elles sont recevables à contester la décision refusant de retirer cet acte sans que la tardiveté de la requête ne puisse leur être opposée ;
- elles ont toutes deux intérêt pour agir ;
- l'arrêté du 18 octobre 2006 a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l'article L. 2411-12-1 du code général des collectivités territoriales ; d'une part, la commune d'Ars ne rapporte pas la preuve qu'elle s'est acquittée des impôts de la section du Liboulier durant les cinq années précédant ce transfert, d'autre part, les membres de la section du Liboulier n'ont pas été informés de leurs obligations fiscales lors des cinq années précédant le transfert intervenu en 2006.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2022, la préfète de la Creuse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est tardive et que les requérants n'ont pas d'intérêt pour agir. Elle soutient à titre subsidiaire que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée :
- le rapport de M. Martha, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public ;
- et les observations de Me Rouizard pour les requérantes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 octobre 2006 pris sur la base de deux délibérations de la commune d'Ars des 6 juillet 2005 et 19 janvier 2006, le préfet de la Creuse a procédé au transfert de biens, propriétés des sections d'Arfeuille, de Semenon, du Puy de Chermeaux et d'Arfeuille, de Voutouery et de la Lizolle, du Bourg d'Ars, du Bourg et d'Arfeuille, de Conchas, de la Besse, de la Vallade Basse, du Liboulier, du Monteil, de Nizerolles, de Peyreladas, de Treix, de Vedignat, de Villesauveix, de Voutouery, des Grands Essarts, du Chatelard, du Puy, de Quéraud, à la commune d'Ars. Par la présente requête, l'association La Pêcherie du Liboulier et Mme C doivent être regardées comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2006 en tant qu'il a transféré le bien de section du Liboulier cadastré BC n°9 au lieu-dit La Croix à Ars à la commune d'Ars ainsi que la décision implicite de rejet de la demande de retrait de cet arrêté qu'elles ont formulée le 6 octobre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2006 en tant qu'il a transféré le bien de section du Liboulier à la commune d'Ars :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Aux termes de l'article L. 2411-12 du code général des collectivités territoriales dans sa version applicable à la date à laquelle a été prise cet arrêté : " Lorsque, en raison du défaut de réponse des électeurs, constaté dans les conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 2411-5 ou en raison de l'absence d'électeurs, la commission syndicale n'a pas été constituée à la suite de deux renouvellements généraux consécutifs des conseils municipaux, le transfert à la commune des biens et obligations de la section peut être prononcé par arrêté du représentant de l'Etat dans le département sur avis favorable du conseil municipal et après l'enquête publique prévue en matière d'expropriation. Dans le délai de deux mois à compter de l'arrêté de transfert, le représentant de l'Etat dans le département porte à la connaissance du public le transfert des biens de la section.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la lettre du maire d'Ars du 21 mars 2017 produite en défense, que l'arrêté préfectoral du 18 octobre 2006 portant transfert des biens de section du Liboulier a été affiché " dès le 27 octobre 2006 aux lieux habituels d'affichage de la commune où il est resté pendant 3 mois ".
5. D'une part, cette attestation du maire n'est pas remise en cause par les requérants, de sorte que la réalité matérielle de cet affichage pendant 3 mois doit être tenue pour établie. D'autre part, en faisant référence aux lieux habituels d'affichage de la commune, le maire doit être regardé comme ayant procédé à l'affichage de l'arrêté considéré dans les locaux de la mairie à tout le moins. Enfin aucune disposition législative ou réglementaire en vigueur à la date de l'arrêté préfectoral portant transfert des biens des sections de communes mentionnées au point 1 au profit de la commune d'Ars n'imposait que cet arrêté fît l'objet de mesures de publicité particulières, notamment pas qu'il fit l'objet d'un affichage dans l'ensemble des sections de communes concernées par ce transfert. Dans ces conditions, l'affichage en mairie pendant une durée de 3 mois de l'arrêté contesté a permis de porter à la connaissance du public le transfert des biens de la section en cause dans le présent litige et a ainsi constitué une formalité adéquate et suffisante de publicité.
6. Il suit de là que contrairement à ce qui est soutenu en demande, la publication par affichage en mairie de l'arrêté du 18 octobre 2006 a fait courir le délai de recours contentieux de deux mois dont disposait les tiers pour le contester devant le juge administratif. Les requérantes n'ayant saisi le tribunal que le 7 février 2022, leurs conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2006, en tant qu'il a transféré le bien de section du Liboulier à la commune d'Ars, lequel était devenu définitif à cette date du 7 février 2022, doivent être rejetées pour tardiveté et par suite irrecevabilité comme le fait valoir la préfecture dans la fin de non-recevoir qu'elle a opposée.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de la demande du 6 octobre 2021 formulée par les requérantes aux fins d'obtenir le retrait de l'arrêté du 18 octobre 2006 en tant qu'il a transféré le bien de section du Liboulier à la commune d'Ars :
7. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
8. L'arrêté du 18 octobre 2006, eu égard à son caractère de décision individuelle créatrice de droits au profit de la commune d'Ars et ainsi qu'il résulte des dispositions citées au point 7, ne pouvait être retiré par la préfète de la Creuse à la demande des requérantes, lesquelles ont la qualité de tiers à cet acte, que dans les 4 mois suivant son édiction. Par suite, en refusant de faire droit à la demande de retrait de cet acte, en tant qu'il a transféré le bien de section du Liboulier à la commune d'Ars, la préfète de la Creuse n'a commis aucune illégalité.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête présentée par l'association La Pêcherie du Liboulier et par Mme B C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de l'association La Pêcherie du Liboulier et de Mme C est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à l'association La Pêcherie du Liboulier, à Mme B C, à la commune d'Ars et à la préfète de la Creuse.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Crosnier, premier conseiller,
- M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La greffière,
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026