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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2200271

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200271

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200271
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI
Avocat requérantSCP DIGNAC - BEAUDRY PAGES- PAGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 février 2022 et 5 mars 2024, M. A D et Mme C B, représentés par Me Beaudry, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Corrèze a rejeté leur recours à l'encontre des indus qui leur ont été notifiés le 21 avril 2021 d'un montant de 6 048,17 euros au titre de la prime d'activité, de 608 euros au titre de l'aide personnalisée au logement, de 457,34 euros au titre d'aides exceptionnelles de fin d'année, de 300 euros au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité et de 8 354,66 euros au titre du revenu de solidarité active, soit un montant total de 16 319,10 euros ;

2°) d'annuler la décision du 22 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales leur a infligé une pénalité administrative de 2 210 euros ;

3°) d'annuler un avis des sommes à payer émis le 6 décembre 2021 par le département de la Corrèze fixant à 6 734,99 euros le montant de l'indu au titre du revenu de solidarité active ;

4°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze de leur restituer les sommes retenues à tort ;

5°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Corrèze la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils sont de bonne foi et n'ont pas commis de fraude ;

- ils étaient séparés entre le mois de mars et le mois de décembre 2018 ;

- il appartient à la caisse d'allocations familiales de justifier le montant global réclamé de 16 319,10 euros ;

- ils n'ont été aidés financièrement par un tiers qu'occasionnellement ;

- Mme B n'a perçu entre février 2019 et avril 2020 aucun revenu professionnel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- les requérants n'ont pas saisi dans les délais requis la commission de recours amiable ;

- le tribunal n'est pas compétent en matière de pénalité administrative ;

- les moyens soulevés par les intéressés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le département de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable car enregistrée tardivement ;

- les moyens soulevés par les intéressés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 ;

- le décret n° 2018-101 du 16 février 2018 ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- l'arrêté du 6 mars 2018 relatif à l'expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges sociaux ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Par une décision du 23 mai 2024, le président du tribunal a désigné Mme Noémi Gaullier-Chatagner en qualité de rapporteure publique sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. E a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Suite à un contrôle des ressources, il a été relevé des anomalies dans les déclarations des requérants ce qui a engendré des indus. Par une décision du 21 avril 2021, la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Corrèze a notifié à M. D et à Mme B des indus de 6 048,17 euros au titre de la prime d'activité, de 608 euros au titre de l'aide personnalisée au logement, de 457,34 euros au titre de deux primes exceptionnelles de fin d'année, de 300 euros au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité et de 8 354,66 euros au titre du revenu de solidarité active, soit un montant total de 16 319,10 euros. Le 19 mai 2021, les intéressés ont formé un recours devant le président du conseil départemental de la Corrèze au titre du revenu de solidarité active, lequel a rejeté ce recours par une décision du 30 juin 2021. Le 15 novembre 2021, les intéressés ont formé un recours contre la décision du 21 avril 2021 qui a été rejetée par une décision du 10 décembre 2021. Un avis des sommes à payer a été émis le 6 décembre 2021 par le département de la Corrèze fixant à 6 734,99 euros le montant de l'indu au titre du revenu de solidarité active. Par une décision du 22 décembre 2021, la caisse d'allocations familiales leur a infligé une pénalité administrative de 2 210 euros. Les intéressés demandent l'annulation des décisions des 10 et 22 décembre 2021 et de l'avis des sommes à payer du 6 décembre 2021.

Sur la pénalité administrative du 22 décembre 2021 :

2. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 3° L'exercice d'un travail dissimulé, constaté dans les conditions prévues à l'article L. 114-15, par le bénéficiaire de prestations versées sous conditions de ressources ou de cessation d'activité ; / 4° Les agissements visant à obtenir ou à tenter de faire obtenir le versement indu de prestations servies par un organisme mentionné au premier alinéa, même sans en être le bénéficiaire ; / 5° Les actions ou omissions ayant pour objet de faire obstacle ou de se soustraire aux opérations de contrôle exercées, en application de l'article L. 114-10 du présent code et de l'article L. 724-7 du code rural et de la pêche maritime, par les agents mentionnés au présent article, visant à refuser l'accès à une information formellement sollicitée, à ne pas répondre ou à apporter une réponse fausse, incomplète ou abusivement tardive à toute demande de pièce justificative, d'information, d'accès à une information, ou à une convocation, émanant des organismes chargés de la gestion des prestations familiales et des prestations d'assurance vieillesse, dès lors que la demande est nécessaire à l'exercice du contrôle ou de l'enquête () ". Il résulte ensuite de l'article

L. 114-17-2 du même code : " I.- Le directeur de l'organisme mentionné aux articles L. 114-17 ou L. 114-17-1 notifie la description des faits reprochés à la personne physique ou morale qui en est l'auteur afin qu'elle puisse présenter ses observations dans un délai fixé par voie réglementaire. A l'expiration de ce délai, le directeur : 1° Décide de ne pas poursuivre la procédure ; 2° Notifie à l'intéressé un avertissement ; 3° Ou saisit la commission mentionnée au II du présent article. A réception de l'avis de la commission, le directeur : () c) Soit notifie à l'intéressé la pénalité qu'il décide de lui infliger, en indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. La pénalité est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire () ".

3. Par une décision du 22 décembre 2022, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Corrèze a infligé aux intéressés une pénalité administrative de 2 210 euros en application de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. Toutefois, il résulte des dispositions précitées que la contestation d'une telle décision relève de la compétence du tribunal judiciaire. Par suite, comme le fait valoir la caisse d'allocations familiales de la Corrèze, les conclusions de la requête dirigées contre cette pénalité doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales :

4. D'une part, aux termes du IV de l'article 5 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle : " IV. - A titre expérimental () les requêtes relatives aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale () peuvent faire l'objet d'une médiation préalable obligatoire, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ". L'article 4 du décret n° 2018-101 du 16 février 2018 énonce que : " En application des dispositions de l'article L. 213-6 du code de justice administrative, la saisine du médiateur interrompt le délai de recours contentieux et suspend les délais de prescription, qui recommencent à courir à compter de la date à laquelle soit l'une des parties ou les deux, soit le médiateur déclarent, de façon non équivoque et par tout moyen permettant d'en attester la connaissance par l'ensemble des parties, que la médiation est terminée () ". Aux termes de l'article 7 du décret n° 2022-433 du 25 mars 2022 relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et de litiges sociaux : " Le décret n° 2018-101 du 16 février 2018 portant expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et de litiges sociaux est abrogé. Toutefois, les effets de ses dispositions continuent de s'appliquer aux médiations engagées sur son fondement ". En outre, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la saisine du médiateur interrompt le délai de recours contentieux qui recommence à compter de la décision du médiateur.

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 ". Aux termes de l'article R. 142-1 de ce code : " Les réclamations relevant de l'article L. 142-4 formées contre les décisions prises par les organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole de salariés ou de non-salariés sont soumises à une commission de recours amiable composée et constituée au sein du conseil, du conseil d'administration ou de l'instance régionale de chaque organisme. Cette commission doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation ". Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". Aux termes du III de l'article R. 142-1-A du code de la sécurité sociale : " III. - S'il n'en est disposé autrement, le délai de recours préalable et le délai de recours contentieux sont de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Ces délais ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision contestée ou, en cas de décision implicite, dans l'accusé de réception de la demande ". Aux termes de l'article R. 142-1 du même code : " () Cette commission doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation ".

6. En l'espèce, les requérants ont saisi, le 19 mai 2021, la médiatrice de la caisse qui, par un courrier du 14 septembre 2021, leur a indiqué qu'elle mettait un terme à la médiation dès lors, qu'après plusieurs relances, ils n'ont pas présenté d'argument ou de justificatif à l'appui de leur demande. En défense, la caisse oppose une fin de non-recevoir tirée du recours tardif de la commission de recours amiable. Toutefois, si la décision de la médiatrice est intervenue le 14 septembre 2021, celle-ci n'est accompagnée d'aucun accusé de réception permettant d'établir la date à laquelle elle a été notifiée aux requérants. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de saisine de la commission de recours amiable dans les délais requis doit être écartée.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le département :

7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Le département de la Corrèze ne justifie pas de la notification de sa décision du 30 juin 2021 portant rejet de la demande de remise de dette des intéressés au titre du revenu de solidarité active à supposer que ces derniers aient entendus demander l'annulation de celle-ci, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, enregistrée le 25 février 2022, doit être écartée.

Sur le bien-fondé de la décision du 10 décembre 2021 en ce qui concerne les indus de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement :

8. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable, en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, relatif aux aides personnelles au logement, dont fait partie l'aide personnalisée au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ". Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme () en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".

9. En l'espèce, la situation de Mme B a fait l'objet d'un contrôle par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de la Corrèze dans le courant du mois de juillet 2020. Il ressort des constatations du rapport établi dans ce cadre, qui font foi jusqu'à preuve du contraire en application des dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, que Mme B n'a pas déclaré sa vie commune à partir du mois de mars 2018 avec M. D. L'absence de déclaration de cette vie commune mais également la minoration répétée de leurs différentes ressources dans les déclarations trimestrielles ainsi que le défaut de la mention d'une aide financière régulière d'une tierce personne à leur profit, qui devait être déclarée par les allocataires afin qu'elle soit prise en compte dans le calcul des ressources, ont eu pour conséquence d'engendrer les indus susmentionnés. Eu égard à la nature des ressources omises et au caractère répété de l'omission déclarative ainsi qu'aux justifications peu probantes des intéressés en l'espèce, les indus en cause dont le remboursement est réclamé doivent être regardés comme résultant de fausses déclarations. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales de la Corrèze a pu à bon droit remettre en cause à ce titre l'aide personnalisée au logement et la prime d'activité perçues par les requérants et leur réclamer le remboursement des indus de ces prestations.

Sur le bien-fondé de l'avis des sommes à payer du 6 décembre 2021 au titre de l'indu de revenu de solidarité active :

10. Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

11. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que les intéressés doivent être regardés comme ayant commis de fausses déclarations engendrant également l'indu de revenu de solidarité active susvisé pour la période de mars 2019 à février 2021 dont l'avis des sommes à payer du 6 décembre 2021 attaqué en demande le remboursement. Par suite, les requérants qui ne soulèvent aucun moyen spécifique à son encontre dans leur requête, ne sont pas fondés à en demander l'annulation.

Sur le bien-fondé de la décision du 10 décembre 2021 en ce qui concerne les aides exceptionnelles de fin d'année et de solidarité :

12. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 susvisé : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer ". Aux termes de l'article 3 du décret 29 décembre 2020 susvisé : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. Une seule aide est due par foyer ".

13. Il résulte de ce qui a été dit au point 11 que les requérants ne disposaient plus d'aucun droits au revenu de solidarité pour les mois de décembre 2019 et décembre 2020. Par conséquent, ils ne pouvaient pas bénéficier des aides exceptionnelles de fin d'année en cause.

14. En second lieu, selon les articles 1er et 2 du décret du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires et du décret du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de 25 ans les plus précaires, l'aide exceptionnelle de solidarité est versée au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 aux bénéficiaires du revenu de solidarité active dont le montant de l'allocation n'est pas nul durant ces mois.

15. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active a été mis à la charge des intéressés pour la période de mars 2019 à février 2021. Ainsi, ils n'avaient pas droit à cette aide pour les mois de mai et novembre 2020.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B et M. D ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions et avis des sommes à payer attaqués. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: Les conclusions de la requête de M. D et Mme B dirigées contre la décision leur infligeant une pénalité administrative sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2:Le dossier de la requête concernant les conclusions mentionnées à l'article 1er du présent jugement est transmis au pôle social du tribunal judiciaire de Tulle.

Article 3:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme C B, à Me Beaudry, au département de la Corrèze, à la ministre de la santé, du travail et des solidarités, à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze et à la présidente du tribunal judiciaire de Tulle (pôle social).

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.

Le magistrat désigné,

A. E

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef

A. BLANCHON

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