mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200276 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 février 2022, M. A B, représenté par Me Dounies, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 21 décembre 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne a refusé de lui accorder la remise gracieuse des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités correspondantes, mises à sa charge en qualité de débiteur solidaire de la SARL Abd Ould à hauteur de la somme de 194 876 euros, procédant de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 11 octobre 2021 ;
2°) de prononcer la décharge totale, en droits et pénalités, de ces impositions ;
3°) à titre subsidiaire, de ramener le montant de la dette fiscale à une somme de 100 508 euros ou d'enjoindre à l'administration fiscale de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, si l'aide juridictionnelle lui était refusée, directement à son bénéfice en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la créance détenue par l'administration fiscale sur la SARL Abd Ould n'existe plus dès lors que cette société a été mise en liquidation judiciaire le 9 novembre 2016 ; à défaut pour l'administration fiscale d'avoir retrouvé son droit de poursuite individuel en sollicitant la désignation préalable d'un mandataire ad hoc chargé de représenter la société liquidée, la créance fiscale a disparu en vertu de l'article L. 643-11 du code de commerce ; la condamnation à la solidarité par l'arrêt de la cour d'appel de Limoges du 20 janvier 2021 étant postérieure à la disparition de la créance, aucun règlement ne peut être exigé de lui ; il ne peut y avoir de solidarité à paiement sans débiteur principal puisque cette obligation s'exerce solidairement avec le redevable légal ;
- l'administration était tenue, en application de l'article L. 622-24 du code de commerce et du paragraphe 20 du BOI-REC-EVTS-10-30 du 1er juillet 2015, d'une part, de déclarer provisoirement la créance de taxe sur la valeur ajoutée, antérieure à l'ouverture de la liquidation judiciaire, entre les mains du liquidateur par lettre recommandée avec avis de réception ou en main propre contre récépissé dans le délai de deux mois suivant la parution du jugement au BODACC et, d'autre part, en l'absence de réclamation de la société à l'encontre de ces impositions, d'émettre un avis de mise en recouvrement à l'encontre de la société Abd Ould avant le 9 novembre 2016 puis de déclarer définitivement sa créance ;
- l'arrêt rendu par la cour d'appel de Limoges le 20 janvier 2021 ne constitue pas un titre exécutoire régulier et méconnaît l'article L. 111-6 du code des procédures civiles d'exécution ;
- il ne peut être regardé comme débiteur solidaire des pénalités dès lors que l'arrêt du 20 janvier 2021 n'y fait pas référence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la saisie administrative à tiers détenteur fait suite à la mise en demeure de payer adressée au requérant le 30 juin 2021 conformément aux dispositions de l'article L. 257-0 A du livre des procédures fiscales ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. A B était associé au sein de la société à responsabilité limitée (SARL) Abd Ould qui exploitait un commerce de viandes à Limoges. A l'issue d'un contrôle de comptabilité, cette société a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et à des rappels de TVA assortis des pénalités correspondantes. Suite à la liquidation judiciaire de la société et à la condamnation de ses gérants pour fraude fiscale, une mise en demeure de payer la somme de 194 876 euros au titre de ces impositions a été adressée le 30 juin 2021 à M. B en sa qualité de débiteur solidaire. Dans le cadre de la requête n° 2101849 présentée devant le tribunal, M. B a demandé l'annulation des décisions du 15 septembre 2021 rejetant son recours gracieux contre les pénalités mises à sa charge, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de TVA ainsi que, à titre subsidiaire, le montant de sa dette fiscale soit ramené à 100 508 euros. Le 11 octobre 2021, un avis de saisie administrative à tiers détenteur lui a été adressé par le pôle de recouvrement spécialisé de la Haute-Vienne en vue du recouvrement des sommes dues. Par son courrier du 10 décembre 2021, M. B a demandé la remise gracieuse des pénalités dont le paiement lui était réclamé par la saisie administrative à tiers détenteur et a sollicité des délais de paiement. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 21 décembre 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne a rejeté sa demande. Il sollicite également la décharge des sommes qui lui sont réclamées et demande, à titre subsidiaire, que sa dette fiscale soit ramenée à 100 508 euros.
Sur le bienfondé des impositions litigieuses :
2. Aux termes de l'article L 262 du livre des procédures fiscales : " 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables. / (). L'article L. 281 de ce livre dispose : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ".
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales citées au point précédent, que dans le cadre du présent litige qui concerne le recouvrement par saisie administrative à tiers détenteur des impositions auxquelles M. B a été assujetti, assorties des pénalités correspondantes, ce dernier n'est pas recevable à remettre en cause le bienfondé de la créance. Par suite, ses conclusions tendant à titre principal à la décharge de l'obligation de payer la somme résultant de la saisie administrative à tiers détenteur et, à titre subsidiaire, à la diminution
de cette somme, doivent être rejetées.
Sur le rejet de la demande de remise gracieuse :
4. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : / 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence ; / 2° Des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives ; () ". Si la décision de l'administration refusant une remise gracieuse sur ce fondement peut être déférée au juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir, cette décision ne peut être annulée que si elle est entachée d'incompétence, d'erreur de droit, d'erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation ou encore si elle est révélatrice d'un détournement de pouvoir.
5. Lorsqu'elle se prononce sur des demandes de remise gracieuse d'impôt en application du 1° de l'article L. 247 précité, l'administration est tenue de ne prendre en compte que la situation financière du contribuable. En revanche, lorsqu'elle se prononce sur des demandes de remise gracieuse de pénalités en application du 2° du même article, elle doit également prendre en considération tous les éléments pertinents relatifs à la situation du contribuable, y compris l'intervention d'un jugement pénal relatif au contribuable.
6. En l'espèce, si M. B demande l'annulation de la décision du 21 décembre 2021 par laquelle l'administration a rejeté sa demande du 10 décembre 2021 tendant à obtenir la remise gracieuse des pénalités mises à sa charge suite au jugement rendu par le tribunal correctionnel de Limoges et sollicite un échéancier de paiement à hauteur de 50 euros par mois, il n'assortit toutefois ses conclusions d'aucun moyen opérant à l'encontre de cette décision.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026