lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200427 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HEAS FABRICE EMMANUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2022, M. D B, représenté par Me Heas, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de se prononcer sur les conséquences de son hospitalisation au centre hospitalier de la Tour Blanche (Issoudun).
Il soutient que :
- le 20 mars 2019, s'étant percé le pouce gauche par suite d'une injection d'huile sous pression, il s'est rendu au service des urgences du centre hospitalier de la Tour Blanche ; il est ressorti avec une simple prescription ;
- constatant une aggravation de sa blessure, il s'est rendu à l'hôpital privé de la Chataigneraie, à Beaumont, et a été opéré le 21 mars 2019 ; l'équipe médicale l'ayant prévenu du risque avéré d'amputation ; il est ressorti de cet hôpital le 22 mars 2019 avec une prescription médicamenteuse et de soins ainsi qu'avec la prescription d'une surveillance post opératoire ;
- le 28 mars 2019, il a fait l'objet d'une seconde intervention chirurgicale ; les soins se sont poursuivis jusqu'en mai 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2022, le centre hospitalier de la Tour Blanche, représenté par la Selas Seban Auvergne, ne s'oppose pas à la désignation d'un expert médical, à la condition que la mesure d'expertise soit complétée par des missions supplémentaires.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". En vertu des dispositions précitées, le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction.
2. Les mesures d'expertise demandées par M. B tendant à déterminer les éventuels manquements commis par le centre hospitalier d'Issoudun concernant sa prise en charge médicale le 20 mars 2019 entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur C A, domicilié au service de chirurgie orthopédique et traumatologique du centre hospitalier, boulevard Denière, BP 2757 à Vichy (03200), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
- se faire communiquer le dossier médical de M. B, notamment tous documents relatifs à son état de santé et au suivi médical, aux actes de soin, aux traitements et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de sa prise en charge ; procéder à l'audition et à l'examen de M. B ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ;
- décrire l'état de santé actuel de M. B, les soins et prescriptions antérieurs, et les conditions dans lesquelles il a été pris en charge le 20 mars 2019 ; préciser la nature des différents examens médicaux et interventions chirurgicales qu'il a subis et leurs motifs ;
- donner son avis sur le point de savoir si les lésions constatées ont un rapport avec la prise en charge de l'intéressé par le centre hospitalier de la Tour Blanche d'Issoudun et/ou l'hôpital privé de la Chataigneraie à Beaumont ; le cas échéant, déterminer distinctement la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec les manquements reprochés à ces établissements, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec une possible pathologie initiale, tout état antérieur ou toute autre cause extérieure ;
- de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors des hospitalisations de M. B ; dire si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale, et s'ils étaient adaptés à l'état de M. B et aux symptômes qu'il présentait ; s'agissant de l'examen de son pouce, préciser notamment si les mesures d'asepsie ont été correctement respectées, si l'infection peut être qualifiée de nosocomiale et si elle pouvait raisonnablement être évitée ; s'agissant de l'infection, dire quelle est la fréquence de survenue d'un tel accident en général, et la fréquence attendue chez ce patient en particulier ;
- donner son avis sur l'évolution des différentes lésions ; dire si l'état de M. B est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- dans l'hypothèse où des manquements imputables au centre hospitalier d'Issoudun seraient relevés, préciser notamment, la durée du déficit fonctionnel temporaire total ou partiel, la date de consolidation, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de l'intéressé, y compris professionnelles, l'importance des souffrances endurées ; dire s'il a eu une perte de chance ; évaluer le préjudice esthétique temporaire ou définitif, le préjudice psychique, le préjudice sexuel et le préjudice d'agrément ; donner son avis sur les frais divers, tels que les éventuels besoins ou dépenses : assistance d'une tierce personne, dépenses de santé futures ou frais de nature similaire ; indiquer tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par M. B du fait de ces manquements ;
- donner son avis sur la répercussion de l'incapacité sur la vie personnelle et professionnelle de M. B.
Article 2 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de M. B, du centre hospitalier de la Tour Blanche d'Issoudun, de la caisse de mutualité sociale agricole Beauce cœur de Loire et leurs représentants.
Article 3 : L'expert ne pourra faire appel à un sapiteur sans avoir préalablement sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 4 : L'expert fera précéder le dépôt de son rapport de l'envoi aux parties d'un pré-rapport en leur laissant un délai suffisant pour présenter leurs observations.
Article 5 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative dans leur rédaction issue du décret n° 2010-164 du 22 février 2010. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert, lui-même soumis au secret médical, pourra se faire communiquer directement par le centre hospitalier l'entier dossier médical de l'intéressé, sans que puisse lui être opposé ce même secret et pourra entendre toute personne des établissements de santé ayant pratiqué des soins à M. B.
Article 7 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours avant le 30 avril 2023.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, au centre hospitalier de la Tour Blanche d'Issoudun, à la caisse de mutualité sociale agricole Beauce cœur de Loire et au docteur C A, expert.
Limoges, le 14 novembre 202 Le juge des référés,
P. GENSAC
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en chef,
S. CHATANDEAU
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026