mardi 21 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200554 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2022, M. C D, représenté par l'AARPI THEMIS, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) de Dijon a rejeté son recours préalable obligatoire formé à l'encontre des décisions du 20 janvier 2022 du président de la commission de discipline de la maison centrale de Saint-Maur lui infligeant une sanction de sept jours de cellule disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- en décidant son renvoi devant la commission de discipline alors qu'il n'est pas établi qu'il disposait d'une délégation expresse de la directrice de la maison centrale de Saint-Maur en ce sens, M. B, commandant pénitentiaire, a engagé la procédure disciplinaire sans disposer de la compétence nécessaire ;
- il n'est pas justifié de la compétence de M. A, adjoint à la directrice de la maison centrale de Saint-Maur, pour présider la commission de discipline ;
- il n'est pas établi que le premier assesseur de la commission de discipline, membre de l'administration pénitentiaire, ne soit pas le rédacteur des comptes rendus d'incident à l'origine de la procédure disciplinaire ;
- la décision du 18 février 2022 du DISP de Dijon est entachée d'erreur de fait ;
- le DISP de Dijon a inexactement qualifié les faits en considérant qu'il pouvait lui être reproché d'avoir commis la faute disciplinaire du premier degré prévue au 12° de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale tenant au fait " de proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires " ;
- la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :
- le rapport de M. Boschet ;
- les conclusions de Mme Siquier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Ecroué depuis le 5 novembre 2008, M. D a été incarcéré à la maison centrale de Saint-Maur du 9 mars 2021 au 27 juillet 2022. Par deux décisions du 20 janvier 2022, le président de la commission de discipline de cet établissement pénitentiaire a prononcé à son encontre deux sanctions, pour un quantum confondu de sept jours de cellule disciplinaire. Par cette requête, M. D demande au tribunal d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle le DISP de Dijon a rejeté son recours préalable obligatoire formé à l'encontre des décisions du 20 janvier 2022 du président de la commission de discipline de la maison centrale de Saint-Maur.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-5 du code procédure pénale : " Pour l'exercice de ses compétences en matière disciplinaire, le chef d'établissement peut déléguer sa signature à son adjoint, à un fonctionnaire appartenant à un corps de catégorie A ou à un membre du corps de commandement du personnel de surveillance placé sous son autorité. (). ". Aux termes de l'article R. 57-7-15 de ce code : " Le chef d'établissement ou son délégataire apprécie, au vu des rapports et après s'être fait communiquer, le cas échéant, tout élément d'information complémentaire, l'opportunité de poursuivre la procédure. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les poursuites disciplinaires ont été engagées par des décisions des 20 décembre 2021 et 18 janvier 2022 prises par M. B, commandant, lequel avait reçu délégation à cet effet conformément à une décision du 26 octobre 2021 de la cheffe d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Indre du 27 octobre 2021. Par suite, le moyen tiré de ce que M. B n'aurait pas été compétent pour prendre les décisions de poursuite doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-6 du code de procédure pénale : " La commission de discipline comprend, outre le chef d'établissement ou son délégataire, président, deux membres assesseurs ". Aux termes de l'article 57-7-13 de ce code : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline. ".
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du registre de la commission de discipline, que cette commission était présidée par le directeur adjoint de l'établissement pénitentiaire,
M. A, assisté de deux assesseurs, le premier, personne extérieure à l'administration pénitentiaire, le second étant membre de l'administration pénitentiaire. Il ressort des mêmes mentions que l'assesseur pénitentiaire n'était pas l'un des auteurs des comptes rendus d'incident du 16 décembre 2021 et 17 janvier 2022. Par ailleurs, le président de la commission de discipline avait reçu délégation à cette fin en vertu de l'article R. 57-7-5 du code de procédure pénale cité au point 2, par une décision du 2 août 2021 de la cheffe d'établissement de la maison centrale de Saint-Maur, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n° 36-2021-101 de la préfecture de l'Indre du 25 août 2021. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité des décisions du
20 janvier 2022 du président de la commission de discipline doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-47 du code de procédure pénale : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. (). ". Aux termes de l'article R. 57-7-1 du même code : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : () 10° D'introduire ou tenter d'introduire au sein de l'établissement tous objets, données stockées sur un support quelconque ou substances de nature à compromettre la sécurité des personnes ou de l'établissement, de les détenir ou d'en faire l'échange contre tout bien, produit ou service ; () / 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires ; () ".
7. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, le 16 décembre 2021, à l'occasion de la fouille de la cellule de M. D, ont été découverts deux téléphones portables, un câble de rechargement et quatre bouteilles d'alcool lui appartenant. Ces faits, reconnus par l'intéressé, caractérisent une faute disciplinaire de premier degré mentionnée au 10° de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale susceptible de justifier une sanction de mise en cellule disciplinaire. En outre, il ressort des pièces du dossier que, le 17 janvier 2022, lors de la distribution d'un repas, M. D a insulté le chef adjoint du bâtiment A de l'établissement pénitentiaire en le qualifiant de " chef de merde ". En se bornant à faire valoir que ces propos, qu'il ne conteste pas avoir tenus, auraient en réalité été adressé à d'autres détenus, M. D ne remet sérieusement en cause ni la matérialité des faits reprochés, en particulier que l'insulte visait bien ce personnel de la maison centrale de Saint-Maur, ni qu'ils caractérisent une faute disciplinaire de premier degré mentionnée au 12° de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale également susceptible de justifier une sanction de mise en cellule disciplinaire. Dans ces conditions, la décision du 18 février 2022 du DISP de Dijon n'est entachée d'aucune erreur de fait ou de qualification juridique des faits.
9. D'autre part, eu égard à la nature et à la gravité des fautes commises par le requérant, la sanction de mise en cellule disciplinaire pendant sept jours prononcée à son encontre n'est pas disproportionnée.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 18 février 2022 du DISP de Dijon et, par voie de conséquence, les autres conclusions présentées par M. D doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Revel, président,
M. Boschet, premier conseiller,
Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2025.
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
F-J. REVELLa greffière,
M. E
La République mande et ordonne
au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. E
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026