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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2200573

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200573

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200573
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE JB BOSCHET
Avocat requérantDOUNIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées les 24 avril 2022 et 16 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Dounies, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la caisse des dépôts et consignations a implicitement rejeté le recours gracieux qu'elle a formé par un courrier du 5 décembre 2021 contre la décision du 8 octobre 2021 de cet établissement public lui accordant une allocation temporaire d'invalidité, en tant que cette allocation ne lui a pas été octroyée à compter du 15 février 2016 ;

2°) d'ordonner une expertise médicale en vue d'évaluer son taux d'incapacité permanente partielle imputable à ses accidents de service ;

3°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de lui octroyer le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité pour la période du 15 février 2016 au 28 février 2018 ou de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision portant rejet implicite de son recours gracieux est entachée d'une insuffisance de motivation en droit et en fait ;

- la procédure suivie par la caisse des dépôts et consignations pour rejeter son recours est irrégulière ;

- eu égard aux éléments médicaux qu'elle produit, elle est fondée à demander le bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité à compter du 15 février 2016 et non seulement à compter du 28 février 2018.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2023, la caisse des dépôts et consignations conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et aux fins d'injonction présentées par Mme B.

Elle fait valoir que :

- par une décision du 7 novembre 2022, il a été fait droit aux demandes formées par Mme B à l'appui de son recours gracieux reçu le 9 décembre 2021, l'intéressée s'étant en effet vu accorder une allocation temporaire d'invalidité aux taux désirés à compter du 15 février 2016 ; le 28 décembre 2022, Mme B s'est vu verser l'ensemble des sommes correspondantes ;

- elle ne peut être regardée comme ayant implicitement rejeté le recours gracieux formé par Mme B par son courrier du 5 décembre 2021 ;

- compte tenu de l'intervention de la décision en date du 7 novembre 2022 faisant droit à l'ensemble de ses demandes, les moyens soulevés par Mme B sont inopérants.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boschet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boschet,

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,

- les observations de Me Faré, pour Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Monitrice-éducatrice principale au foyer d'accueil pour adultes handicapés (FAAH) de Neuvic-Entier et d'Ambazac, Mme B, admis à la retraite le 1er mars 2020, a été victime d'accidents de service survenus les 9 septembre 2013, 9 décembre 2013, 1er décembre 2014, 24 septembre 2015, 18 mai 2017 et 14 mars 2019. Par plusieurs courriers, elle a demandé à son employeur que lui soit accordée une allocation temporaire d'invalidité en raison des séquelles qu'elle a conservées de ces accidents de service. La caisse des dépôts et consignations a reçu, le 18 février 2021, le dossier transmis par le FAAH de Neuvic-Entier. Par une décision du 8 octobre 2021, la caisse des dépôts et consignations a accordé à l'intéressée une allocation temporaire d'invalidité rémunérée au taux de 13 % à compter du 28 février 2018, au taux de 21 % à compter du 18 novembre 2019 et au taux de 24 % à compter du 6 février 2020. Par un courrier du 5 décembre 2021, reçu le 9 décembre suivant, Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision en tant que l'allocation temporaire d'invalidité rémunérée au taux de 13 % ne lui a été accordée qu'à compter du 28 février 2018 et non du 15 février 2016. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la caisse des dépôts et consignations aurait implicitement rejeté son recours gracieux.

2. Aux termes de l'article 2 du décret 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " L'allocation est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 10 % () ". Selon l'article 3 de ce décret : " La demande d'allocation doit, à peine de déchéance, être présentée dans le délai d'un an à compter du jour où le fonctionnaire a repris ses fonctions après la consolidation de la blessure ou de son état de santé. / Toutefois, lorsque le fonctionnaire n'a pas interrompu son activité ou lorsqu'il atteint la limite d'âge ou est radié des cadres avant de pouvoir reprendre ses fonctions, le droit à l'allocation peut lui être reconnu si la demande d'allocation est présentée dans l'année qui suit la date de constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de son état de santé. / Cette date est fixée par la commission de réforme prévue à l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 susvisé, lorsque l'accident ou la maladie donne lieu à l'attribution d'un congé au titre du régime statutaire de réparation des accidents du travail applicable à l'agent ou, à défaut, par un médecin assermenté ". L'article 5 du même décret prévoit que : " Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. / Dans le cas d'aggravation d'infirmités préexistantes, le taux d'invalidité à prendre en considération est apprécié par rapport à la validité restante du fonctionnaire ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " La réalité des infirmités invoquées par le fonctionnaire, leur imputabilité au service, la reconnaissance du caractère professionnel des maladies, leurs conséquences ainsi que le taux d'invalidité qu'elles entraînent sont appréciés par la commission de réforme prévue par l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 susvisé. / Le pouvoir de décision appartient, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse des dépôts et consignations, à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination ". Selon l'article 7 dudit décret : " L'entrée en jouissance de l'allocation temporaire d'invalidité est fixée à la date de reprise des fonctions après consolidation ou, dans les cas prévus au deuxième alinéa de l'article 3, à la date de la constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de l'état de santé de l'intéressé ". L'article 8 du même décret dispose : " L'allocation, concédée par le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations au vu de la décision prévue au second alinéa de l'article 6, est versée dans les conditions prévues par le régime de retraite des agents affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. Elle est soumise en matière de contentieux aux règles applicables aux pensions servies par cette caisse. Sous réserve des modalités de révision prévues ci-après, les dispositions de l'article 62 du décret du 26 décembre 2003 susvisé sont applicables au fonctionnaire ". Aux termes de l'article 11 de ce décret : " Après la radiation des cadres et sous réserve des dispositions de l'article 12, l'allocation continue à être servie sur la base du dernier taux d'invalidité constaté durant l'activité. / Cependant, si l'allocation n'a pas, à la date de radiation des cadres, donné lieu à la révision prévue à l'article 9, il est procédé à un nouvel examen des droits du bénéficiaire à ladite date. / En aucun cas le taux de l'invalidité indemnisée par l'allocation maintenue après la radiation des cadres ne peut faire l'objet d'une appréciation ultérieure en fonction de l'évolution de cette invalidité ".

3. Alors que la caisse des dépôts et consignation, qui par un courrier du 20 décembre 2021 a notamment indiqué à Mme B qu'elle avait tenu compte de son courrier du 5 décembre 2021, qu'elle avait demandé des éléments d'informations complémentaires à au FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac, qu'elle l'informerait de la nouvelle décision qui sera ultérieurement prise sur ses droits à allocation temporaire d'invalidité et que les délais de recours étaient interrompus dans l'attente de cette nouvelle décision, ne peut être regardée comme ayant implicitement rejeté le recours gracieux formé par l'intéressée, il résulte de l'instruction que, par une décision en date du 7 novembre 2022, prise à la suite d'un rapport d'expertise détaillé établi le 10 juin 2022 et d'un avis du 28 septembre 2022 du comité médical départemental de la Haute-Vienne, la caisse des dépôts et consignations a entièrement fait droit à la demande de la requérante en lui accordant l'allocation temporaire d'invalidité sollicitée à compter du 15 février 2016. Un rappel des sommes dues pour la période du 15 février 2016 au 28 février 2018, pour un montant non contesté de 5 090,47 euros, a d'ailleurs été payé en décembre 2022 à Mme B. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction avec astreinte présentées par l'intéressée.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit mis à la charge de la caisse des dépôts et consignations une somme à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction avec astreinte présentées par Mme B.

Article 2:Les conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse des dépôts et consignations.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

Le magistrat désigné,

J.B. BOSCHET

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

mf

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