mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200684 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MONPION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 mai 2022 et le 19 juillet 2024, Mme G E, représentée par Me Monpion, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 134 794 euros en réparation des préjudices qu'elle impute à l'agression dont elle a été victime le 29 mars 2017 dans l'exercice de ses fonctions ;
2°) de sursoir à statuer sur les pertes de gains professionnels futurs et l'incidence professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens et les frais qu'elle a dû exposer pour l'expertise judiciaire pour un montant de 2 160 euros.
Elle soutient que :
- par un jugement du 30 novembre 2023, le tribunal correctionnel de Limoges a reconnu M. F D, son collègue, coupable des faits de violence aggravée par deux circonstances, suivie d'une incapacité n'excédant pas 8 jours commis le 29 mars 2017 à Limoges ;
- conformément à l'article L. 822-30 du code général de la fonction publique, elle avait la possibilité de suivre une formation en vue de permettre une reconversion professionnelle rapide dans l'hypothèse où elle serait déclarée inapte aux fonctions de policière ;
- elle est fondée à demander l'indemnisation des préjudices suivants :
o dépenses de santé actualisées : 15 247,84 euros ;
o pertes de gains professionnels futurs et incidence professionnelle ;
o frais de formation professionnelle et frais annexes : 11'583,36 euros ;
o frais de santé futurs : 33 885,30 euros ;
o déficit fonctionnel temporaire : 16 112,50 euros ;
o souffrances endurées : 8 000 euros ;
o déficit fonctionnel permanent : 40 410 euros ;
o préjudice d'agrément : 8 000 euros ;
- dans le cadre du référé-expertise, elle a dû engager des frais de conseil dont elle sollicite l'indemnisation à hauteur de 960 euros ;
- elle doit être indemnisée de ses frais de déplacement pour se rendre au cabinet de l'expert judiciaire à Toulouse, soit 260,45 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le préfet de la Gironde, préfet de la zone de défense et de sécurité du Sud-Ouest, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la formation suivie par Mme E ne s'inscrit pas dans le cadre réglementaire relatif à son reclassement, qu'elle n'avait pas sollicité et qui ne lui a pas encore été proposé, de sorte que les frais s'y rapportant ne peuvent pas être indemnisés ;
- Mme E a suivi une formation et déclaré une activité professionnelle alors qu'elle était rémunérée durant son congé maladie par son administration et qu'elle n'a pas été déclarée inapte à la reprise de toute fonction au sein de la police nationale ;
- elle commet une confusion, dans ses conclusions indemnitaires, entre les prétentions relevant d'une indemnisation au titre de l'allocation temporaire d'invalidité et celles au titre de la responsabilité sans faute de l'administration qui ne peut s'envisager qu'à partir de la date de consolidation ;
- les soins post-consolidation " appareillage anti-acouphènes + piles à renouveler tous les 5 ans " seront pris en charge par l'administration ;
- l'ancienneté de l'expertise ne permet pas de chiffrer précisément tous les préjudices de la requérante dans le cadre d'une indemnisation complémentaire au titre de la jurisprudence Moya-Caville.
La requête a été transmise à la Caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime qui n'a pas produit d'observation.
Par ordonnance du 4 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 août 2024.
Vu :
- l'ordonnance n° 1900899 du 15 juin 2020 par laquelle le président du tribunal administratif de Limoges a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 1 200 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillet,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Marty, substituant Me Monpion, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une agression dont elle a été victime le 29 mars 2017, reconnue imputable au service, Mme G E, gardienne de la paix à la circonscription de sécurité publique de Limoges, a été placée en congé maladie ordinaire entre le 17 janvier 2019 et le 23 février 2019, puis en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 24 février 2019. Par une requête enregistrée le 24 mai 2019, sous le n°1900899, Mme E a demandé au juge des référés du tribunal de désigner un expert chargé d'évaluer les préjudices qu'elle impute à l'agression dont elle a été victime. Par une ordonnance du 15 janvier 2020, le docteur H B a été désigné comme expert. Il a rendu son rapport le 25 mai 2020. Par une lettre du 17 janvier 2022, notifiée le 19 janvier 2022, Mme E a formé auprès du préfet de la Gironde, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, une demande indemnitaire préalable, laquelle a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme E demande l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de son agression.
Sur l'étendue du droit à réparation de Mme E :
2. Aux termes de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en service () et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office à l'expiration d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé si cette dernière a été prononcée en application de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ainsi que du deuxième alinéa des 2° et 3° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée ". Aux termes de l'article L. 28 du même code : " Le fonctionnaire civil radié des cadres dans les conditions prévues à l'article L. 27 a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies à l'article L. 30 ter, avec la pension rémunérant les services () ". Et aux termes de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, applicable au litige : " Le fonctionnaire qui a été atteint d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille mentionnée à l'article 15 du titre Ier du statut général, correspondant au pourcentage d'invalidité ".
3. Compte tenu des conditions posées à leur octroi et de leur mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions, rappelées ci-dessus, qui instituent ces prestations, déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.
4. L'imputabilité au service de l'agression dont Mme E a été victime le 29 mars 2017 a été reconnue par décision du préfet de la Gironde, préfet de la zone de défense et de sécurité du Sud-Ouest, du 18 décembre 2019. Dès lors, en application de ce qui a été dit au point précédent, Mme E a droit, même en l'absence de faute de la personne publique qui l'emploie, à la réparation de ses préjudices personnels et des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que ceux réparés forfaitairement par l'octroi d'une allocation temporaire d'invalidité.
5. En revanche, dans la mesure où le tribunal n'est pas saisi d'un litige en matière d'allocation temporaire d'invalidité, il n'y a pas lieu de sursoir à statuer sur les conclusions indemnitaires se rapportant aux pertes de gains professionnels futurs et à l'incidence professionnelle qui sont réparés forfaitairement par l'octroi d'une telle indemnité.
Sur l'évaluation des préjudices de Mme E :
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire établi le 15 mai 2020, que la date de consolidation peut être fixée au 6 mars 2020.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux d'une autre nature que ceux réparés forfaitairement par l'octroi d'une allocation temporaire d'invalidité :
S'agissant des dépenses de santé actuelles :
7. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants (). / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ". Il résulte de ces dispositions que doivent être pris en charge au titre de l'accident de service les honoraires médicaux et les frais directement entraînés par celui-ci, y compris, le cas échéant, s'ils sont exposés postérieurement à la date de consolidation constatée par l'autorité compétente.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire, que Mme E présente un syndrome de stress post-traumatique directement imputable à l'agression dont elle a été victime. Si elle demande que lui soit allouée une indemnité de 9 480 euros correspondant aux honoraires médicaux qu'elle a dû engager pour son suivi psychologique, elle ne justifie toutefois de ces frais qu'à hauteur de 1 670 euros. Par suite, il y a lieu de lui allouer une indemnité de 1 670 euros au titre des dépenses de santé antérieures à la date du présent jugement.
9. La requérante demande également, sur le fondement des dispositions de l'arrêté du 14 mars 2022 modifiant l'arrêté du 3 juillet 2006 fixant les taux des indemnités kilométriques prévues à l'article 10 du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006, le remboursement des frais qu'elle a dû engager pour se rendre aux consultations médicales nécessitées par son état. Eu égard au montant des frais kilométriques et eu égard au véhicule dont elle dispose, le montant des frais engagés dont elle est fondée à demander le remboursement s'élève, au regard des justificatifs produits, à la somme de 1 184 euros.
10. Enfin, Mme E ne produit aucune pièce justificative des frais de stationnement qu'elle expose avoir supportés pour se rendre au cabinet de sa psychologue, le docteur A. La somme de 60 euros ne peut donc pas être prise en compte.
S'agissant des frais liés à la procédure d'expertise :
11. Si Mme E sollicite une somme de 960 euros correspondant aux honoraires d'avocat réglés à Me Monpion, il est constant que ces frais ont été exposés dans le cadre de la procédure de référé expertise. Dès lors, ces dépenses ne constituent pas un préjudice propre à la présente instance mais des frais de justice qui ne pouvaient qu'être indemnisés en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cadre de l'instance de référé expertise.
12. Par ailleurs, eu égard au montant des frais kilométriques et eu égard au véhicule dont elle dispose, le montant des frais engagés pour se rendre au cabinet de l'expert judiciaire à Toulouse, dont elle est fondée à demander le remboursement, s'élève, au regard des justificatifs produits, à la somme de 159,36 euros.
S'agissant des frais de formation professionnelle et frais divers :
13. Aux termes de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, applicable au litige : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes () ". Et aux termes de l'article 47 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme ".
14. Il résulte de l'instruction que l'auteur du rapport d'expertise judiciaire établi le 15 mai 2020 a considéré que, du fait de ses séquelles notamment psychiatriques, Mme E " ne peut reprendre la même profession au même poste et un reclassement professionnel est à envisager ". Toutefois, il n'est pas contesté que la requérante n'a pas sollicité le bénéfice d'un reclassement au sein de son administration en application des dispositions précitées. Il s'en suit que l'intégralité des frais inhérents à la formation universitaire de " case management " au sein de l'université de Tours, comme l'enregistrement de la marque " Les parapluies Violets " auprès de l'Institut national de la propriété industrielle et les coûts d'aménagement d'un local commercial, ne sauraient être regardés comme directement et exclusivement liés à l'accident de service mais relèvent d'un choix discrétionnaire de la requérante de quitter la fonction publique. Il s'en suit que ces dépenses dont se prévaut la requérante ne peuvent donner lieu à indemnisation.
S'agissant des dépenses de santé futures :
15. L'expert judiciaire a estimé que l'appareillage auditif masqueur d'acouphènes, dont bénéficie Mme E, devra être renouvelé de façon bilatérale tous les cinq ans avec les piles nécessaires à son fonctionnement. Pour la période courant à compter du présent jugement, Mme E est fondée à demander le versement d'un capital représentatif d'une rente à laquelle elle a droit au titre de ces dépenses de santé futures. Pour fixer le montant de ce capital, il y a lieu de tenir compte d'un taux de capitalisation issu du barème de la Gazette du Palais pour l'année 2022 de 38.107 pour une femme de 48 ans à la date de premier renouvellement de l'appareil. Il suit de là que, sur la base d'un prix de 4 439,34 euros, non contesté, correspondant à l'appareillage auditif effectué en 2018 par la société Amplifon, le montant auquel Mme E a droit s'élève à la somme de 33'071,92 euros.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
16. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire établi le 15 mai 2020, que l'accident de service a été à l'origine, pour Mme E, d'un acouphène ayant nécessité la mise en place d'un appareillage de masquage, gênant l'endormissement et la vie quotidienne, d'une hypoacousie prédominant sur l'oreille gauche, de vertiges et d'un stress post-traumatique. Au regard du taux d'atteinte à l'intégrité physique et psychique évalué par l'expert judiciaire à 18 % et compte tenu du délai entre la survenance de l'accident de service et la date de consolidation du dommage, il sera fait une juste appréciation de son déficit fonctionnel temporaire (DFT) en lui allouant une somme de 3 000 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
17. Il résulte de l'instruction qu'en raison de l'acouphène provoqué par l'accident de service du 29 mars 2017, Mme E peut se prévaloir de souffrances physiques et psychiques qui, comme le propose l'auteur du rapport d'expertise judiciaire du 15 mai 2020, peuvent être évaluées à 3/7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant une somme de 4 000 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
18. Mme E souffre, après consolidation, d'un déficit fonctionnel permanent qui peut être évalué à 18 % comme le propose l'expert judiciaire dans son rapport du 15 mai 2020. Compte tenu de l'âge de Mme E à la date de consolidation de son état de santé, il y a lieu de lui allouer une somme de 30 000 euros en réparation de ce préjudice.
S'agissant du préjudice d'agrément :
19. Le préjudice d'agrément subi par Mme E, qui, au vu des attestations établies par sa psychologue et son conjoint, subit une gêne permanente dans sa vie quotidienne du fait de son acouphène et de son stress post-traumatique, peut être évalué à la somme de 5 000 euros.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E peut prétendre à une indemnisation totale de 78 085,28 euros.
Sur les dépens de l'instance :
21. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. /Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. /L'Etat peut être condamné aux dépens ".
22. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise judiciaire réalisée par le docteur B, taxés et liquidés à une somme de 1 200 euros par une ordonnance du 15 juin 2020, à la charge définitive de l'Etat, qui est la partie perdante dans la présente instance.
Sur les frais liés au litige :
23. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
24. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme G E une somme de 78 085,28 (soixante dix huit mille quatre-vingt-cinq euros et vingt-huit centimes).
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 200 (mille deux cents) euros, sont mis à la charge définitive de l'Etat.
Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 800 (mille huit cents) euros à Mme G E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E, au préfet de la Gironde, à la Caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime et à la Mutuelle Cybele. Copie sera transmise au docteur B, expert, et à Me Monpion.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
Le rapporteur,
K. GILLET
Le président,
D. ARTUS Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026