vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200715 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | VANNIER CRISTINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Vannier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 mars 2022 par laquelle le directeur des finances publiques de la Haute-Vienne a rejeté son recours administratif préalable dirigé contre les titres de perception nos ADCE 21 2600082816, ADCE 21 2600082817, et ADCE 21 2600082815, émis à son encontre le 30 novembre 2021, ensemble lesdits titres, correspondant à un trop-perçu d'aide allouée en application du décret n° 2020-371 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation pour un montant total de 4 500 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation par celui-ci à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- c'est à tort que l'administration a considéré que les justificatifs transmis, à savoir, les factures mentionnant le règlement en espèce, le bordereau des cotisations dues à l'URSSAF faisant mention de ses déclarations de chiffres d'affaires, étaient insuffisants pour établir son chiffre d'affaires réalisé en mars, avril et mai 2019 ;
- elle n'avait aucune obligation de déposer sur son compte bancaire les sommes perçues en espèce au titre de son activité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques de la région Nouvelle-aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :
- le rapport de M. Gazeyeff, conseiller ;
- et les conclusions de Mme Siquier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a exercé une activité d'hébergement touristique de courte durée dans le cadre d'une entreprise individuelle immatriculée au registre du commerce et des sociétés sous le n° 794 172 726 avant de cesser son activité à compter du 1er janvier 2021. Elle a bénéficié du versement d'un montant total d'aides exceptionnelles de 4 500 euros pour la période comprise entre le 1er mars 2020 et le 31 mai 2020 au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Par trois titres de perception émis le 30 novembre 2021, la direction régionale des finances publiques de la région Nouvelle- Aquitaine lui a demandé, en faisant référence à un courrier daté du 28 avril 2021, le remboursement de cette somme, au motif que l'intéressée ne justifiait pas de la condition d'éligibilité relative à la perte de chiffre d'affaires. Mme A a formé un recours préalable contre ces titres de perception qui a été rejeté par l'administration le 29 mars 2022. Mme A demande au tribunal, d'annuler cette dernière décision, ensemble les titres de perception émis le 30 novembre 2021 pour le recouvrement de la somme de 4 500 euros.
2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa version applicable à la période du litige : " Il est institué () un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation () ". Aux termes de l'article 3-1 de cette ordonnance : " I. Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret. / Sous réserve des dispositions du troisième alinéa du II, elles sont insaisissables. / II. - Les documents attestant du respect des conditions d'éligibilité au fonds et du correct calcul du montant de l'aide sont conservés par le bénéficiaire pendant cinq années à compter de la date de versement de cette dernière. / Les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt. ".
3. Il résulte des dispositions des articles 2 et suivants du décret du 30 mars 2020 modifié que, pour bénéficier des aides financières instaurées par l'ordonnance du 25 mars 2020, les entreprises créées avant 2019 devaient avoir subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période au titre de laquelle l'aide avait été demandée par rapport à la même période de l'année 2019 ou par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option lui étaient plus favorable.
4. En l'espèce, pour justifier des montants du chiffre d'affaire qu'elle a réalisé en 2019 et déclaré lors de ses demandes d'aide dans le cadre du fonds de solidarité, Mme A se prévaut de cinq factures pour les mois de mars, avril et mai 2019 sur lesquelles sont apposées la mentions manuscrite " payé en espèces " pour un montant global de 5 200 euros et d'un relevé de situation de l'URSSAF, daté du 14 février 2022 soit postérieur aux titres de perception litigieux, faisant mention de ses cotisations dues au titre de son activité et de son chiffre d'affaire déclaré au 1er et au 2ème trimestre 2019. Toutefois, ces seuls éléments, alors qu'aucun encaissement ne figure sur les relevés bancaires de l'intéressée, ne permettent pas d'établir la réalité des montants du chiffre d'affaires allégués. Dans ces conditions, l'administration était fondée à constater qu'elle ne remplissait pas la condition d'éligibilité relative à la perte de chiffre d'affaires prévue par les dispositions susmentionnées du décret du 30 mars 2020 pour lui réclamer le remboursement de l'indu en litige.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à Me Vannier et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- M. Gazeyeff conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.
Le rapporteur,
D. GAZEYEFF
Le président,
F-J. REVEL
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au ministre du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière,
M. Cjb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026