mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200799 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juin 2022 et 1er février 2024, M. A B, représenté par Me Galinet, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Limoges à lui verser une somme de 50 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis à la suite des manquements commis par cet établissement ;
2°) de mettre à la charge de cet établissement de santé une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le CHU a commis des fautes, d'une part, en supprimant son poste à l'accueil de l'hôpital Jean Rebeyrol sans motif légitime et sans respecter les dispositifs prévus en cas de réorganisation de service, d'autre part, en lui proposant des postes en inadéquation avec les préconisations médicales et les aménagements de poste et d'horaires découlant de son statut de travailleur handicapé ;
- en raison de ces manquements, il a subi un préjudice moral qu'il évalue à 50 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, le centre hospitalier universitaire de Limoges représenté par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 2500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de décision faisant grief, de décision prise à la suite d'une réclamation préalable et de moyens ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté par le CHU de Limoges a été produit le 1er mars 2024 et n'a pas été communiqué.
La clôture d'instruction a été fixée au 4 mars 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
- et les observations de Me Tissier pour le CHU de Limoges.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjoint administratif hospitalier, a occupé le poste de chargé d'accueil à l'hôpital Jean Rebeyrol, relevant du centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges jusqu'en janvier 2018. Il a été affecté à compter du 22 janvier 2018 à l'accueil de l'Hôpital mère-enfant (HME), structure relevant également du CHU. M. B a été placé en congé de maladie ordinaire du 21 janvier au 1er juin 2018, puis du 4 juin 2018 au 3 décembre 2020, enfin en congé de longue durée à compter du 4 décembre 2020. Par cette requête, M. B demande au tribunal de condamner le CHU à l'indemniser du préjudice moral qu'il estime avoir subi à raison de la suppression de son poste de chargé d'accueil à l'hôpital Jean Rebeyrol et du caractère inadapté à son état de santé du poste à l'HME sur lequel il a été affecté et maintenu à compter du 22 janvier 2018.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le manquement tenant à suppression de l'emploi occupé par M. B à compter du mois de janvier 2018 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 92 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, applicable au présent litige : " Un emploi ne peut être supprimé dans un établissement qu'après avis du comité technique paritaire () ".
3. Il résulte de l'instruction que le changement d'affectation imposé à M. B résulte d'une réorganisation du service ayant conduit à la décision de fermer l'accueil au sein de l'hôpital Jean Rebeyrol en janvier 2018. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que cette fermeture aurait conduit à la suppression d'un emploi au sein du centre hospitalier universitaire, au sens des dispositions citées au point 2, alors qu'il n'est pas contesté que l'accueil de l'HME a été renforcé à la suite de cette réorganisation et que, dans un courrier du 16 janvier 2018, le CHU exprime son souhait d'accompagner l'intéressé vers un nouveau poste d'accueil en conformité avec ses compétences et ses restrictions. Par suite, le moyen tenant à la méconnaissance de la procédure de consultation préalable à une suppression d'emploi doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le requérant, qui se prévaut de différentes dispositions du code général de la fonction publique, sans assortir ce moyen de précisions circonstanciées, ne justifie pas de ce que l'établissement, qui a été en mesure de lui proposer dès mai 2017 un autre emploi correspondant à son grade, de nature semblable à celui qu'il occupait précédemment et à proximité de l'hôpital Jean Rebeyrol, aurait commis une faute en ne le faisant pas bénéficier d'un " dispositif d'accompagnement personnalisé ".
5. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le changement d'affectation de M. B à compter de janvier 2018 aurait été décidé pour des raisons étrangères au service, alors qu'il n'est pas sérieusement contesté que cette décision a été consécutive à la décision de fermer l'accueil de l'hôpital Jean Rebeyrol, elle-même justifiée par la baisse du flux de patients dans cet établissement et la nécessité de renforcer les effectifs à l'Hôpital Mère Enfant.
En ce qui concerne les manquements invoqués tenant au caractère inapproprié du poste proposé à M. B :
6. M. B soutient que le CHU de Limoges aurait commis une faute en lui proposant un poste, celui à l'accueil de l'HME, qui ne respectait pas les prescriptions médicales faites et était incompatible avec son handicap.
7. D'une part, il résulte de l'instruction que, par un avis du 17 janvier 2018, le service de santé au travail a estimé que l'intéressé était apte à occuper le poste qui lui était proposé à l'accueil de l'HME. D'autre part, il résulte également de l'instruction, notamment d'un courrier du 16 janvier 2018, que les aménagements nécessaires à l'environnement de travail ont été pris en compte par l'établissement, au regard notamment des observations réalisées à l'occasion des temps d'immersion qui ont eu lieu en sein de l'HME pour préparer la prise de poste de l'intéressé. Enfin, il résulte de cette même instruction, notamment d'un courrier du 18 juin 2020, que l'établissement a tenu compte de l'avis d'aptitude rendu le 28 avril 2020 concluant à un avis favorable à la reprise du travail sur un poste d'accueil, à temps partiel thérapeutique à 50% à compter du 4 juin 2020, sur 4 jours avec un jour de repos, et pas de travail en week-end. En se bornant à soutenir sans le démontrer par les seules photos produites au dossier que ce poste serait en inadéquation avec les restrictions médicales découlant de son statut de travailleur handicapé, M. B ne remet pas en cause ces éléments concordants. Il s'ensuit qu'il n'est pas fondé à soutenir que le centre hospitalier universitaire aurait commis une faute en l'affectant sur un poste inadapté à son handicap.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais de justice : 9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CHU de Limoges, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 500 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera au CHU de Limoges une somme de 500 (cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier universitaire de Limoges.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Crosnier, premier conseiller,
- M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
N°2200799
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026