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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2200886

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200886

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200886
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantDAURIAC - PAULIAT-DEFAYE BOUCHERLE-MAGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 juin 2022 et le 11 avril 2023, le syndicat CGT du centre hospitalier La Valette, représenté par M. A, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la note de service n°108/2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier a fixé les modalités d'attribution de l'acompte de la prime de service 2021 pour les agents titulaires et stagiaires ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de La Valette une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la note de service, qui constitue une décision faisant grief :

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît les dispositions de l'article R. 6144-40 du code de la santé publique en ce qu'elle modifie les conditions d'attribution de l'acompte de la prime de service sans consultation préalable du comité technique d'établissement.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 mars 2023 et le 29 mars 2023, le centre hospitalier La Valette, représenté par Me Mons-Bariaud, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par syndicat CGT du centre hospitalier La Valette ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 31 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Crosnier,

- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une note de service n°108/2021, la directrice adjointe du centre hospitalier La Valette situé à Saint-Vaury (Creuse) a fixé les modalités d'attribution de l'acompte de la prime de service 2021 pour les agents titulaires et stagiaires de cet établissement. Le 22 avril 2022, le syndicat CGT du centre hospitalier La Valette a formé un recours gracieux à l'encontre de cette note de service. Suite au silence de l'administration, il demande au tribunal d'en prononcer l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () " et aux termes des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. A supposer que la note de service en litige serait une mesure réglementaire, elle ne serait pas soumise à l'obligation de motivation prévue par les dispositions du code des relations entre le public et l'administration citées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article R. 6144-40 du code de la santé publique, dans sa rédaction alors en vigueur : " II.- Le comité technique d'établissement est également consulté sur les matières suivantes : () / 3° Les critères de répartition de la prime de service, de la prime forfaitaire technique et de la prime de technicité (). ".

5. Un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

6. Il est constant que la note de service litigieuse qui fixe les modalités d'attribution et de versement de l'acompte de la prime de service pour 2021 a été diffusée le 18 novembre 2021 aux personnels du centre hospitalier sans que ces modalités aient été présentées préalablement au comité technique d'établissement. Toutefois, cette note de service se contente de préciser les modalités de versement de l'acompte de la prime de service au regard du nombre éventuel de jours d'absence pour maladie des agents du centre hospitalier, en précisant que le reliquat leur sera versé sur la paye de février 2022, et le syndicat requérant n'établit pas que cette note remettrait en cause les critères de répartition de la prime de service au sein de l'établissement. Dans ces conditions, l'absence de saisine du comité technique d'établissement avant la diffusion de la note de service contestée n'a pas privé les bénéficiaires d'une garantie. Par suite, le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête du syndicat CGT du centre hospitalier La Valette doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge du centre hospitalier La Valette, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du syndicat CGT du centre hospitalier La Valette est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat CGT du centre hospitalier La Valette et au centre hospitalier La Valette.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Artus, président,

M. Crosnier, premier conseiller,

M. Martha, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

Le rapporteur,

Y. CROSNIER

Le président,

D. ARTUS La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en chef,

A. BLANCHON

mf

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