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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2201238

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201238

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201238
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre
Avocat requérantMONPION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 août 2022 et le 11 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Monpion, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 juin 2022 prise par le maire de la commune de Brive-la- Gaillarde rejetant la demande du 9 mai 2022 tendant au retrait de la mise en demeure du 31 mai 2021, ensemble cette mise en demeure ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Brive-la-Gaillarde une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il ne peut pas raisonnablement être mis en demeure de réaliser des travaux sur le talus en litige dès lors que celui-ci est l'accessoire de la voie publique appartenant à la commune de Brive-la-Gaillarde et qu'ainsi, il n'en est pas propriétaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, la commune de Brive-la- Gaillarde, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chambellant, conseiller,

- les conclusions de Mme Siquier, rapporteure publique,

- et les observations de Me Monpion.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, propriétaire du lot n° 10 du lotissement dit D de la porte de Migoule " situé sur le territoire de la commune de Brive-la-Gaillarde, a été mis en demeure le 31 mai 2021, par la commune de Brive-la-Gaillarde, de remédier sous huit jours aux désordres engendrés par l'éboulement sur la chaussée de la rue Champollion du talus situé sur sa propriété. Par un courrier du 9 mai 2022, M. A a sollicité le retrait de cette mise en demeure. Par une décision du 28 juin 2022, le maire de la commune de Brive-la-Gaillarde a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

2. Aux termes de l'article L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées ". Aux termes de l'article L. 2111-2 du même code : " Font également partie D public les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1 qui, concourant à l'utilisation d'un bien appartenant au domaine public, en constituent un accessoire indissociable ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le talus en litige, fortement pentue, est situé en surplomb de la rue Champollion sur le territoire de la commune de Brive-la-Gaillarde, sur une parcelle de terrain appartenant à M. A. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier, que ce talus, qui est situé au-dessus de la rue Champollion, aurait été créé à l'occasion de la réalisation de cette voie, sous la forme notamment d'un talus de déblais, ou serait nécessaire au soutien ou à la conservation de celle-ci. Enfin, la circonstance qu'un drain ait été réalisé par la commune sur la voirie au bas de ce talus ne saurait lui conférer la qualité d'accessoire indissociable de la voie communale. Dans ces conditions, en l'absence de lien physique ou fonctionnel avec la voirie communale, ce talus ne constitue pas l'accessoire de la rue Champollion et ne présente dès lors pas le caractère d'un ouvrage public. Par suite, la commune de Brive-la-Gaillarde n'est pas responsable de l'entretien du talus en litige et M. A n'est ainsi pas fondé à demander l'annulation de cette mise en demeure et de la décision par laquelle le maire de la commune a refusé de procéder à son retrait.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Brive-la-Gaillarde, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Brive-la-Gaillarde, au même titre.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Brive-la-Gaillarde tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Brive-la-Gaillarde.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 où siégeaient :

- M. Revel, président,

- M. Christophe, premier conseiller,

- Mme Chambellant, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La rapporteure,

J. CHAMBELLANT

Le président,

F-J. REVEL

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef

La Greffière

M. B

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