jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201293 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2022, M. C, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne, sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, de lui proposer ainsi qu'à sa famille un accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale dans un délai de 24 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- alors que par une décision du 19 mai 2022 la commission de médiation du département de la Haute-Vienne l'a reconnu prioritaire et devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, aucune proposition d'hébergement ne lui a été faite ;
- lui et sa famille n'ont aucune ressource financière et ils ne peuvent s'en procurer dès lors qu'ils sont en situation irrégulière sur le territoire ; ils vivent ainsi dans une situation précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision de la commission de médiation du 19 mai 2022 a bien fait l'objet d'une exécution dès le 19 juin 2022 et que la famille est de nouveau hébergée depuis le 9 septembre 2022 ;
- il ne peut être fait droit à la demande de M. C d'accéder à un logement puisque sa situation dépend de son propre fait et relève de son entière responsabilité au regard de l'irrégularité de sa situation de séjour en France et de ses refus successifs d'exécuter les décisions administratives lui faisant obligation de quitter le territoire français pourtant confirmées par les juridictions administratives depuis 2018.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Christine Mège, vice-président, en application de l'article R. 778-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme A a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée, et prononcé la clôture d'instruction de l'affaire.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant algérien né le 13 janvier 1974 à Achaacha, est entré irrégulièrement sur le territoire français en mai 2016. Par une décision du 19 mai 2022, la commission de médiation du département de la Haute-Vienne l'a reconnu comme étant prioritaire et devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement loyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Après avoir été hébergé en urgence par le 115, cet hébergement a pris fin le 19 août 2022. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne, sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, de lui proposer ainsi qu'à sa famille un accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 octobre 2022. Dans ces circonstances, il n'y a plus lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 modifié du code de la construction et de l'habitation : " () II.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. () Le président du tribunal administratif (), lorsqu'il constate que la demande a été reconnue prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir son injonction d'une astreinte. Le montant de cette astreinte est déterminé en fonction du coût moyen du type d'hébergement considéré comme adapté aux besoins du demandeur par la commission de médiation. Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".
5. Il résulte de ces dispositions que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation d'une demande tendant à ce qu'il ordonne l'hébergement d'une personne dont la commission de médiation a estimé qu'elle est prioritaire, doit y faire droit s'il constate qu'il n'a pas été proposé à cette personne une place dans une structure d'hébergement, sauf lorsque l'administration apporte la preuve que l'urgence a complètement disparu.
6. Par une décision du 19 mai 2022, la commission de médiation du département de la Haute-Vienne a reconnu M. C prioritaire et devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement loyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale.
7. Il ressort des pièces du dossier que depuis le 9 septembre 2022, et postérieurement à l'introduction de la requête, le requérant s'est vu proposer un logement correspondant à ses besoins et capacité tels qu'arrêtés par la décision précitée de la commission de médiation du département de la Haute-Vienne. M. C ne soutient ni même n'allègue qu'il n'aurait pas accepté le logement proposé ni que celui-ci ne correspondrait pas aux besoins de son foyer ou à ses capacités financières. Par suite, l'Etat s'étant acquitté de son obligation, la requête de M. C n'est pas fondée et doit être rejetée.
Sur les frais du litige :
8. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Toulouse, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de la préfète de la Haute-Vienne le versement à Me Toulouse de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2: Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C tendant à enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de lui proposer ainsi qu'à sa famille un accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale.
Article 3:L'Etat versera à Me Toulouse, avocat de M. C, la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Toulouse renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Toulouse et à au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Une copie du présent jugement sera faite à la préfète de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
C. MEGE
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
Le Greffier
M. B
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026