vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201428 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | Jasper avocats Association d'Avocats à Responsabilité Professionnelle Individuelle |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 octobre 2022 et le 24 mai 2024, M. I H et Mme D F, représentés par Me Jegu, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des infections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser la somme de 1 million d'euros, assortie des intérêts au taux légal et à la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice résultant du décès de leur fils mineur des suites d'une méningo-encéphalite herpétique à HSV 1, qu'ils imputent aux vaccinations obligatoires qu'il a reçues contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (DTP) et le pneumocoque (Prevenar) ;
2°) d'ordonner une expertise médico-légale aux frais de l'ONIAM permettant de fixer les préjudices subis par leur fils ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la seconde injection du vaccin obligatoire contre la diphtérie, le tétanos, et la poliomyélite (DTP), pratiquée le 25 avril 2014 sur leur fils B, est à l'origine d'un choc immunitaire permettant le développement de la méningo-encéphalite à virus herpès simplex 1 ayant abouti à son décès ;
- le lien entre la vaccination obligatoire, la maladie et le décès de leur fils étant établi, ils sont fondés à solliciter la condamnation de l'ONIAM à leur verser la somme de 1 million d'euros en réparation des préjudices qu'ils ont subis, à charge pour l'ONIAM d'exercer tout recours et garantie à l'encontre des praticiens qui ont pris en charge B.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, l'ONIAM conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, il n'existe pas de lien entre les vaccinations reçues par le fils des requérants et la survenue de la méningo-encéphalite due à une contamination par le virus de l'herpès ;
- à titre subsidiaire, l'office qui intervient au titre de la solidarité nationale n'a pas vocation à se substituer dans le cadre d'une procédure contentieuse à un assureur défaillant en se retournant vers les éventuels responsables du dommage.
Par un mémoire enregistré le 11 juillet 2023, la Caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime déclare qu'elle n'entend pas intervenir dans le cadre de la présente instance.
Par ordonnance du 13 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. L'enfant B H, né le 22 décembre 2013, a reçu les 21 février et 25 avril 2014 des injections du vaccin " Infanrix Quinta ", qui associe les vaccins relevant de la vaccination obligatoire contre la diphtérie, le tétanos, et la poliomyélite (DTP) et des vaccins recommandés à l'époque des faits contre la coqueluche et l'Haemophilus influenzae de type B, ainsi que des injections de " Prevenar ", vaccin recommandé contre le pneumocoque. Il a subi une hospitalisation le 16 mai 2014 au centre hospitalier de Tulle pour fièvre avec frisson et hyperthermie au cours de laquelle est survenu un choc hémorragique avec diarrhée sanglante nécessitant une réanimation intensive et son hospitalisation au CHU de Limoges du 17 mai au 5 juin 2014, au cours de laquelle a été diagnostiquée une méningo-encéphalite herpétique à HSV1 compliquée d'un ulcère bulbaire de stress avec choc hémorragique. Cette pathologie a engendré chez B un polyhandicap associant une tétraparésie hypotonique, un retard de développement global, une épilepsie et un trouble du spectre autistique. Estimant que les dommages subis par leur fils, qui ont abouti à son décès le 17 novembre 2021, trouvent leur origine dans les vaccinations qui lui ont été administrées, M. H et Mme F ont demandé à l'ONIAM de les indemniser des préjudices qu'ils estiment avoir subis. Le 11 août 2022 , l'ONIAM a rejeté leur demande pour défaut de lien de causalité entre les vaccinations et la pathologie développée par B. M. H et Mme F demandent au tribunal de condamner l'ONIAM à leur verser la somme d'un million d'euros sur le fondement de l'article L. 3111-9 du code de la santé publique.
Sur l'engagement de la solidarité nationale :
2. Aux termes de l'article L. 1142-22 du code de la santé publique : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1, à l'article L. 1142-1-1 et à l'article L. 1142-17, des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale () / L'office est également chargé de la réparation des dommages directement imputables à une vaccination obligatoire en application de l'article L. 3111-9 () ". L'article L. 3111-9 du même code dispose : " Sans préjudice des actions qui pourraient être exercées conformément au droit commun, la réparation intégrale des préjudices directement imputables à une vaccination obligatoire pratiquée dans les conditions mentionnées au présent chapitre, est assurée par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales institué à l'article L. 1142-22, au titre de la solidarité nationale. () ".
3. En premier lieu, il est constant qu'à la date des faits, seul le vaccin contre la diphtérie, le tétanos, et la poliomyélite (DTP) figurait sur la liste des vaccinations obligatoires susceptibles d'engager la solidarité nationale sur le fondement des dispositions de l'article L. 3111-9 du code de la santé publique citées au point précédent. Si les requérants soutiennent que l'état de santé de leur fils s'est dégradé après la seconde injection du vaccin " Infanrix Quinta ", qu'il a reçue le 25 avril 2014, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 3 février 2019 établi par le professeur E, interniste infectiologue, le professeur A, pharmacologue clinicienne et le professeur G, pédiatre, qu'aucun des vaccins administrés à l'enfant ne peut être la cause d'une encéphalite à virus herpès, que les préjudices subis par le jeune B résultent directement de l'encéphalite herpétique, dite nécrosante, avec nécrose directe des cellules cérébrales, que ces encéphalites herpétiques surviennent sur un terrain génétique prédisposé et ne sont pas induites par les vaccins. En outre, en réponse au dire de Me Robert en date du 21 décembre 2018 suite aux interrogations émises lors de la réunion d'expertise du 19 novembre 2018, les experts ont relevé que le laboratoire GSK qui commercialisait le vaccin Infanrix Quinta n'a enregistré que deux déclarations de cas de méningo-encéphalite herpétique, dont celui du fils des requérants, sur plus de quatre vingt huit millions de doses de ce vaccin distribuées dans le monde. Ces éléments, qui ne permettent pas d'induire l'existence d'une quelconque probabilité de lien entre la vaccination obligatoire contre le DT-Polio et la méningo-encéphalite herpétique à HSV1 développée chez B ne sont pas sérieusement contestés par les requérants malgré la production de quelques articles scientifiques essentiellement en langue anglaise. Dès lors, en l'absence d'un lien de causalité direct et certain entre la vaccination et la pathologie développée chez B, M. H et Mme F ne sont pas fondés à demander la condamnation de l'ONIAM à les indemniser sur le fondement des dispositions de l'article L. 3111-9 du code de la santé publique, en réparation des préjudices qu'ils ont subis.
4. Pour les mêmes motifs, les conclusions tendant à ce que le tribunal ordonne une expertise médico-légale pour fixer l'ensemble des préjudices subis par B doivent être rejetées.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. H et de Mme F doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'ONIAM, qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. H et de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. I H, à Mme D F, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2014.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au ministre du travail, de la santé et des solidarité en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. C
bb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026