mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201470 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JUGE UNIQUE JB BOSCHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 octobre 2022 et 19 juin 2023, M. A C demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution des cotisations de taxe foncières sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2021 pour un appartement dont il est propriétaire situé au 8 rue René Ducros à La Souterraine ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser un euro symbolique à titre de dommages et intérêts.
Il soutient que :
- il remplissait toutes les conditions prévues au I de l'article 1389 du code général des impôts pour obtenir un dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties ; en particulier, au regard notamment des démarches qu'il a effectuées pour trouver un nouveau locataire, il justifie que la vacance de son appartement est indépendante de sa volonté ;
- il est fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser un euro symbolique à titre de dommages et intérêts.
Par des mémoires en défense enregistrés les 14 avril 2023 et 7 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet des conclusions aux fins de restitution des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties comme non-fondées et au rejet des conclusions aux fins d'indemnisation comme irrecevables à défaut de réclamation indemnitaire préalable susceptible de lier le contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Siquier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par cette requête, M. C, dont la réclamation contentieuse du 2 juin 2022 a été rejetée par une décision du 19 août 2022 du directeur départemental des finances publiques de la Creuse, demande au tribunal de prononcer la restitution des cotisations de taxe foncières sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2021 pour un appartement dont il est propriétaire au 8 rue René Ducros à La Souterraine. Il demande en outre la condamnation de l'Etat à lui verser un euro symbolique à titre de dommages et intérêts.
Sur la demande de restitution des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties :
2. Aux termes de l'article 1389 du code général des impôts : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ".
3. Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire, le caractère involontaire de la vacance s'appréciant eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.
4. En dépit des contestations formulées sur ce point par l'administration fiscale, tant dans sa décision du 19 août 2022 que dans ses écritures en défense, M. C n'apporte pas la preuve, qu'il supporte, de ce que, pendant la période de vacance de l'appartement au titre de laquelle il a sollicité un dégrèvement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties, ce logement était effectivement dans un bon état permettant une location dans des conditions normales. A cet égard, si, à l'appui de sa réclamation contentieuse, M. C a produit un état des lieux sortant en date du 30 avril 2021, il résulte de l'instruction que cet état des lieux a uniquement été renseigné par le requérant de manière non contradictoire et qu'il ne comportait pas de mention concernant le relevé des compteurs d'électricité, de gaz et d'eau. Par ailleurs, alors qu'il ne peut utilement se prévaloir de l'annonce publiée sur le site internet " www.leboncoin.fr " le 26 juin 2022 postérieurement à la période d'imposition litigieuse, M. C n'établit pas sur quel site internet les annonces " en ligne " des 16 juillet et 26 octobre 2021 auraient effectivement été publiées. Également, outre qu'il ne justifie pas de l'existence des annonces publiées sur le site internet " www.locservice.fr " dont il fait état, il est constant que M. C n'a pas recouru aux services d'agences immobilières en vue de trouver un locataire alors même que la commune de La Souterraine en comporte plusieurs. En outre, si M. C produit une attestation du 28 août 2022 par laquelle le directeur de la SCP HLM " La Maison Familiale Creusoise " indique que le requérant lui aurait confié, dans le cadre de son " rôle de syndic, la recherche de locataire pour son appartement ce depuis le mois de juillet 2021 ", aucun élément ne vient démontrer que cette mission de recherche d'un locataire aurait effectivement été confiée à cette SCP HLM en juillet 2021 ou, le cas échéant, quelles auraient été les actions menées par cette dernière. Compte tenu de ces éléments, et malgré la circonstance que l'appartement en litige serait situé dans une zone peu attractive en raison notamment de problèmes d'insécurité, M. C ne justifie pas qu'au titre de l'année 2021, la vacance du bien dont il est propriétaire aurait été indépendante de sa volonté au sens du I de l'article 1389 du code général des impôts. Par suite, il ne remplissait pas les conditions prévues par ces dispositions pour obtenir un dégrèvement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties dues au titre de l'année 2021 pour son appartement situé au 8 rue René Ducros à La Souterraine.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
6. M. C n'établit ni même n'allègue avoir saisi l'administration d'une réclamation indemnitaire susceptible de lier le contentieux. Par suite, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne est fondée à soutenir que les conclusions de M. C tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser un euro symbolique à titre de dommages et intérêts ne sont pas recevables et ne peuvent, pour cette raison, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
J.B. B
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière,
M. D
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026