mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201561 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2022, la société en nom collectif (SNC) La Civette, représentée par Me Combradet, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 31 décembre 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes et des amendes qui lui a été infligées ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la réduction des impositions supplémentaires mises à sa charge à concurrence d'un montant de 3 125,98 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas bénéficié d'un débat contradictoire au cours de la procédure de vérification de comptabilité, et notamment la proposition de rectification du 9 décembre 2015 ne serait pas suffisamment motivée ;
- la reconstitution de recettes opérées par l'administration aboutit à des résultats exagérés au vu des conditions réelles d'exploitation retranscrites dans l'état contradictoire du 2 décembre 2015.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales. ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée :
- le rapport de M. Gillet,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SNC La Civette, qui exerce une activité de bar tabac à Brive La Gaillarde en Corrèze, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle ont été mis à sa charges des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos les 31 décembre 2012, 2013 et 2014 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de ces mêmes exercices. Un dégrèvement partiel a été accordé par le service au stade de la réclamation préalable, les impositions supplémentaires restant en litige s'élevant à 28 902 euros auxquelles s'ajoutent une amende de 1 000 euros.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 55 du Livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 56, lorsque l'administration des impôts constate une insuffisance, une inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits, taxes (), les rectifications correspondantes sont effectuées suivant la procédure de rectification contradictoire définie aux articles L. 57 à L. 61 A ". Aux termes de l'article L. 57 du même code : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Et aux termes de l'article R. 57-1 du même code : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.
3. La SNC La Civette ne produit pas la proposition de rectification la concernant et ne met donc pas le tribunal en mesure d'apprécier le bien-fondé du moyen tiré de la motivation insuffisante de ce document. Elle ne produit pas davantage les autres documents de la procédure de vérification de comptabilité permettant d'apprécier les informations transmises au contribuable, notamment quant aux établissements retenus en comparaison par le service pour la reconstitution du chiffre d'affaires. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
4. Aux termes de l'article L. 192 du Livre des procédures fiscales : " Lorsque l'une des commissions ou le comité mentionnés à l'article L. 59 () est saisi d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission ou le comité. /Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission ou du comité ". Il en résulte que, lorsque la comptabilité a été rejetée comme comportant de graves irrégularités, la charge de la preuve incombe au contribuable dès lors que l'administration doit être regardée comme ayant établi l'imposition conformément à l'avis exprès de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires.
5. Il résulte de l'instruction que, d'une part, la comptabilité de la SNC La Civette a été rejetée par le service comme étant non sincère et non probante au vu des anomalies constatées, et notamment, ce qui n'est pas contesté par la requérante, de l'absence de bandes de caisse enregistreuse journalières, dites " tickets Z ", ou de relevés matériels de stock. D'autre part, l'administrateur général des Finances publiques de la Direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest fait valoir, sans être contredit, que l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a confirmé sa position quant à la reconstitution des recettes de la SNC La Civette. Il appartient ainsi au contribuable d'apporter la preuve du caractère exagéré des redressements effectués par le service.
En ce qui concerne la reconstitution des recettes :
6. Si la SNC La Civette estime qu'elle devait faire l'objet d'un redressement qui ne pourrait excéder en droit et en taxes sur la valeur ajoutée la somme de 3 125,98 euros, elle n'apporte toutefois aucune pièce justificative susceptible d'étayer ses allégations. Au demeurant, l'administrateur général des Finances publiques de la Direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest fait valoir que les arguments présentés dans la requête ont déjà été formulés au stade de la procédure contradictoire et pris en compte dans les dégrèvements partiels des cotisations supplémentaires mises à la charge du contribuable. Il s'ensuit que le moyen ne pourra qu'être écarté.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SNC La Civette demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société en nom collectif (SNC) La Civette est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif (SNC) La Civette, à l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest et à la direction générale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
K. GILLET
Le président,
D. ARTUS Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. A
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026