Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201628

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201628
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE JB BOSCHET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la demande de Mme D, qui sollicitait la décharge de sa taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2022. La requérante, âgée de plus de 75 ans et disposant de faibles revenus, ne pouvait bénéficier de l'exonération prévue à l'article 1391 du code général des impôts. Le tribunal a jugé que la présence à son domicile de son fils, dont les revenus dépassaient le plafond fixé à l'article 1417 du même code, faisait obstacle à cette exonération, l'habitation n'étant pas occupée exclusivement par elle. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 novembre 2022, Mme E D demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2022, pour un montant de 1 026 euros, à raison d'un bien immobilier, constituant son habitation principale, situé à Saint-Martin-le-Vieux.

Elle soutient qu'eu égard à sa situation, notamment à son revenu fiscal de référence pour l'année 2021, elle remplissait les conditions pour être exonérée des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2022, quand bien même elle a hébergé gracieusement son fils, M. A B, à compter du 1er janvier 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de Mme Siquier, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par cette requête, Mme D, dont la réclamation contentieuse a été rejetée par une décision du 20 octobre 2022, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2022, pour un montant de 1 026 euros, à raison de la maison à usage d'habitation dans laquelle elle réside à Saint-Martin-le-Vieux.

2. Aux termes de l'article 1390 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - Les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité mentionnée à l'article L. 815-24 du même code sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties dont ils sont passibles à raison de leur habitation principale. / Le bénéfice de cette disposition est subordonné à la condition qu'ils occupent cette habitation : / - soit seuls ou avec leur conjoint ; / - soit avec des personnes qui sont à leur charge au sens des dispositions applicables en matière d'impôt sur le revenu ; / - soit avec d'autres personnes titulaires de la même allocation. / II. - Les contribuables qui ne bénéficient plus de l'exonération prévue au I : / 1° Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à leur habitation principale la première et la deuxième années suivant celle au titre de laquelle ils ont bénéficié de l'exonération prévue au I pour la dernière fois ; / 2° Bénéficient, pour le calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à leur habitation principale, d'un abattement sur la valeur locative de deux tiers la troisième année et d'un tiers la quatrième année suivant celle au titre de laquelle ils ont bénéficié de l'exonération prévue au I pour la dernière fois ". Selon l'article 1391 de ce code, dans sa version applicable au litige : " I. - Les redevables âgés de plus de soixante-quinze ans au 1er janvier de l'année de l'imposition sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'immeuble habité exclusivement par eux, lorsque le montant des revenus de l'année précédente n'excède pas la limite prévue à l'article 1417. / II. - Les contribuables qui ne bénéficient plus de l'exonération prévue au I : / 1° Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à l'immeuble habité exclusivement par eux la première et la deuxième années suivant celle au titre de laquelle ils ont bénéficié de l'exonération prévue au même I pour la dernière fois ; / 2° Bénéficient, pour le calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à l'immeuble habité exclusivement par eux, d'un abattement sur la valeur locative de deux tiers la troisième année et d'un tiers la quatrième année suivant celle au titre de laquelle ils ont bénéficié de l'exonération prévue audit I pour la dernière fois ". Aux termes de l'article 1417 du même code : " I. - Les dispositions des articles 1391 et 1391 B ainsi que du 3 du II et du III de l'article 1411 sont applicables aux contribuables dont le montant des revenus de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est établie n'excède pas la somme de 11 276 €, pour la première part de quotient familial, majorée de 3 011 € pour chaque demi-part supplémentaire, retenues pour le calcul de l'impôt sur le revenu afférent auxdits revenus ".

3. Il ne résulte pas de l'instruction que la requérante, qui n'établit ni même n'allègue être ou avoir été titulaire de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée par l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité mentionnée par l'article L. 815-24 du même code, aurait rempli, au titre de l'année 2022 ou au titre des années qui ont précédé, les conditions prévues par l'article 1390 du code général des impôts. Par ailleurs, si Mme D avait plus de 75 ans au 1er janvier 2022 et disposait d'un revenu fiscal de référence de 6 884 euros, il résulte toutefois de l'instruction que son fils, M. A B, a déclaré vivre chez elle à cette même date et disposait, au titre de l'année 2021, d'un revenu fiscal de référence de 29 774 euros nettement supérieur au plafond de revenus prévu par le I de l'article 1417 du code général des impôts, de sorte que la requérante ne remplissait pas les conditions pour être exonérée de la taxe foncière sur les propriétés bâties due pour son habitation principale sur le fondement de l'article 1391 de ce code. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2022, pour un montant de 1 026 euros, à raison de son habitation principale située à Saint-Martin-le-Vieux.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Ce jugement sera notifié à Mme E D et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

Le rapporteur,

J.B. C

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef,

La Greffière,

M. F

La greffière,

M. F

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