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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2201699

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201699

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201699
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI
Avocat requérantFRUGIER JOËL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Frugier :

1°) forme opposition à la contrainte délivrée le 5 octobre 2022 par Pôle emploi Nouvelle Aquitaine tendant au recouvrement de la somme totale de 11 035,69 euros au titre d'un indu d'allocation de solidarité spécifique, augmentée de 194,05 euros de frais ;

2°) demande de mettre à la charge de Pôle emploi Nouvelle Aquitaine la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- les sommes qui lui sont réclamées sur la période du 1er avril 2015 au 31 janvier 2019 sont prescrites, le surplus étant contesté ;

- en lui accordant un effacement de 11 535,73 euros, les services de Pôle emploi ont admis leur faute ;

- elle a respecté ses obligations déclaratives mensuelles ;

- elle a droit à l'allocation de solidarité spécifique pour les mois d'avril et juillet 2019 dès lors que cette allocation est intégralement cumulable avec les rémunérations d'une activité professionnelle pendant trois mois ;

- elle n'a travaillé que deux jours entre avril et juillet 2019, lesquels ont faiblement été rémunérés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023, Pôle emploi Nouvelle Aquitaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 20 février 2019, Pôle emploi Nouvelle Aquitaine a mis à la charge de Mme B, bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) depuis le 1er août 2007, un indu d'un montant de 21 535,73 euros au motif de l'absence de déclaration de son activité professionnelle. Par la suite, Pôle emploi a fait bénéficier l'intéressée d'une remise partielle de sa dette. Cette dernière forme opposition à la contrainte délivrée le 5 octobre 2022 par Pôle emploi Nouvelle Aquitaine tendant au recouvrement de la somme totale de 11 035,69 euros au titre de l'indu d'allocation précitée, augmentée de 194,05 euros de frais.

Sur l'opposition à contrainte :

2. En premier lieu, en l'absence de dispositions prévoyant un délai spécial de prescription pour les actions des indus d'allocation de solidarité spécifique, celles-ci sont soumises au délai de prescription de droit commun édicté à l'article 2224 du code civil aux termes duquel : " les actions personnelles ou immobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits permettant de l'exercer ".

3. Il résulte de l'instruction que la créance née de versements indus d'allocation de solidarité spécifique à l'intéressée pendant la période comprise du 1er avril 2015 au 31 janvier 2019, pour laquelle le délai de prescription de cinq ans courait à compter du 1er avril 2019, date du premier de ces versements, n'était pas prescrite le 20 février 2019, date à laquelle Pôle emploi a notifié à la requérante les indus d'allocation de solidarité spécifique dont elle est redevable. Par suite, le moyen tiré de l'extinction de la créance de Pôle emploi, sur la période comprise entre le 1er avril 2015 et le 31 janvier 2019, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient l'intéressée, le fait que Pôle emploi ait fait bénéficier à cette dernière d'une remise partielle de dette au titre de l'allocation en cause d'un montant de 11 535,73 euros ne vaut pas reconnaissance de la responsabilité de l'administration alors que, par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B ait déclaré régulièrement l'ensemble de son activité professionnelle depuis 2015.

5. Enfin, d'une part, aux termes de l'article L. 5423-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance, qui ne satisfont pas aux conditions pour bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants prévue à l'article L. 5424-25 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources ".

6. D'autre part, aux termes de l'article R. 5425-2 du code du travail : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette période ". L'article R. 5425-6 du même code précise que : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique interrompt son activité professionnelle pendant une durée minimale de trois mois, il peut bénéficier à nouveau et dans leur intégralité des dispositions de la présente sous-section ".

7. Il résulte de l'instruction que l'emploi de Mme B au sein de l'entreprise Free Dom qui a commencé le 20 janvier 2015 s'est terminé le 31 janvier 2019. Cette dernière a repris une activité professionnelle du mois d'avril à août 2019. Aussi, la requérante ne peut être regardée comme ayant cessé son activité professionnelle pendant une durée minimale de trois mois à compter du 31 janvier 2019. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme B pouvait de nouveau bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique, en application de l'article

R. 5425-6 du code du travail, doit dès lors être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à s'opposer à la contrainte émise le 5 octobre 2022 par Pôle emploi Nouvelle Aquitaine.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de Pôle emploi Nouvelle Aquitaine, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Frugier et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités. Une copie en sera adressée pour information à Pôle emploi Nouvelle Aquitaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

Le magistrat désigné,

A. A

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef

A. BLANCHON

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