jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201799 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JUGE UNIQUE H SIQUIER |
| Avocat requérant | SELARL VALIERE VIALEIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 décembre 2022 et le 1er août 2023, M. B D, représenté par Me des Champs de Verneix, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire de Limoges a refusé de lui communiquer des déclarations d'évènements indésirables médicamenteux VIGILIM le concernant à l'occasion de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Limoges, ensemble la décision du 3 novembre 2022 par laquelle le centre hospitalier universitaire de Limoges a confirmé sa décision ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier universitaire de Limoges la communication des fiches de déclaration d'évènements indésirables médicamenteux VIGILIM le concernant à l'occasion de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Limoges, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement, sous d'astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Limoges une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration et L. 1111-7 du code de la santé publique ;
- les déclarations d'évènements indésirables VIGILIM sont des documents administratifs communicables dès lors qu'il n'a pas la qualité de tiers ;
- par un avis n°20224542 du 22 septembre 2022, la commission d'accès aux documents administratifs a émis un avis favorable à la demande de communication des fiches de déclaration d'évènements indésirables médicamenteux VIGILIM le concernant ;
- il ne serait pas équitable de lui faire supporter une somme au titre des frais de justice.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier universitaire de Limoges, représenté par Me Valière Vialeix, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les fiches de déclaration d'évènements indésirables VIGILIM ne sont pas des documents administratifs communicables ;
- les documents sont réservés à l'audit interne de l'établissement de santé ;
- les données contenues dans ces documents sont anonymisées ne permettant pas d'identifier une déclaration d'évènement indésirable concernant M. D.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 décembre 2022.
Vu :
- l'avis rendu par la commission d'accès aux documents administratifs le 22 septembre 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le vice-président du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteur public,
- et les observations de Me Des Champs de Verneix représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, pris en charge par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges en septembre 2020, a fait l'objet d'une hospitalisation quasi-continue de décembre 2020 à octobre 2022, au cours de laquelle il a subi huit opérations chirurgicales. Par un courriel du 18 juillet 2022, M. D a demandé au CHU de Limoges de lui communiquer toutes les fiches de déclaration d'évènements indésirables médicamenteux, dénommées fiches de déclaration de suspicion d'évènement indésirable coordination des vigil@nces et gestion des risques (Vigilim), le concernant. Par un courrier du même jour, le CHU de Limoges a refusé de les lui communiquer au motif qu'elles ne constituent pas des documents administratifs communicables aux tiers. M. D a saisi, le 20 juillet 2022 la commission d'accès aux documents administratifs (Cada), qui a émis le 22 septembre 2022 un avis favorable à la communication de ces documents. Le requérant demande l'annulation de la décision du 18 juillet 2022 par laquelle le directeur du CHU de Limoges a refusé de lui communiquer les documents précités, ensemble la décision du 3 novembre 2022 par laquelle le CHU de Limoges a indiqué au président de la Cada ne pouvoir donner une suite favorable à sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. ". En outre, selon l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Enfin, aux termes de l'article L. 311-6 de ce code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : () 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ; / 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. () ".
3. Aux termes de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique : " Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues, à quelque titre que ce soit, par des professionnels de santé, par des établissements de santé (). Elle peut accéder à ces informations directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'elle désigne et en obtenir communication, dans des conditions définies par voie réglementaire au plus tard dans les huit jours suivant sa demande. ".
4. Il résulte des dispositions précitées que d'une part, les documents mentionnés revêtent le caractère de documents administratifs communicables, sous réserve de la protection des mentions protégées par la loi et, d'autre part, l'administration ne peut être tenue de communiquer un document inexistant ou dont elle n'est pas en possession. Il appartient, à ce titre, au juge administratif de tenir compte des allégations des parties pour apprécier si le document dont la communication est demandée existe bien et s'il est toujours aux mains de l'administration.
5. D'une part, la Cada a émis un avis favorable à la communication au requérant des fiches de déclaration Vigilim concernant personnellement M. D.
6. D'autre part, il ressort de la charte de confiance et d'incitation au signalement des évènements indésirables du CHU de Limoges communiquée en défense qu'il est de la responsabilité de chaque agent, quel que soit son grade ou son service, de signaler spontanément et sans délai via le système de signalement informatisé, toute information sur des évènements indésirables potentiels ou avérés. Ainsi, contrairement à ce que soutient le CHU de Limoges, les fiches ne sont pas seulement renseignées par les médecins chefs de service. En outre, cette charte rappelle l'engagement de chaque professionnel au respect de l'obligation de discrétion à laquelle il est tenu, précisant que l'identité des patients, des déclarants et de l'institution ne peut être communiquée à des tiers sauf dans le cadre des procédures légales. Dès lors que M. D ne saurait être regardé comme un tiers à l'égard des fiches qui le concernent strictement, ces dispositions ne font pas obstacle à la communication de ces fiches de déclaration Vigilim à ce dernier.
7. De dernière part, il ressort des pièces du dossier que les fiches de déclaration Vigilim comportent la mention de la personne concernée par une suspicion d'évènement indésirable sous la forme d'un numéro de séjour unique et individuel. Ainsi, contrairement à ce que fait valoir le CHU de Limoges en défense, l'anonymisation ultérieure des informations contenues ne fait pas obstacle à l'identification des seules fiches concernant l'hospitalisation de M. D.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision du 18 juillet 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire de Limoges a refusé de communiquer au requérant les déclarations d'évènements indésirables médicamenteux Vigilim le concernant à l'occasion de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Limoges doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au directeur du CHU de Limoges de communiquer à M. D les documents fiche de déclaration de suspicion d'évènement indésirable Vigilim le concernant dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre une somme de 1 800 euros à la charge du centre hospitalier de Limoges en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 18 avril 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire de Limoges a refusé de communiquer à M. D les fiches de déclarations d'évènements indésirables médicamenteux Vigilim le concernant à l'occasion de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Limoges est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier universitaire de Limoges de communiquer à M. D les fiches de déclaration d'évènements indésirables médicamenteux Vigilim le concernant dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Limoges versera au conseil de M. D une somme de 1 800 (mille huit cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me des Champs de Verneix, et au centre hospitalier universitaire de Limoges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La magistrate désignée,
H. CLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef
La Greffière
M. A
bb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026