mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201802 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AVELIA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Decressat, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 28 novembre 2022, date de la demande préalable, et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice moral et d'affection qu'il estime avoir subi en raison de l'arrêté 6 mai 2022 par lequel le préfet de l'Indre a autorisé la mise en œuvre d'une battue administrative de destruction à tir contre des sangliers sur des parcelles dont il est propriétaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'Etat est engagée à raison d'une erreur d'appréciation quant à la nécessité d'organiser une battue administrative sur ses parcelles au regard du nombre d'animaux prélevés ainsi que d'une erreur organisationnelle en ne l'associant pas à cette battue ;
- quand bien même l'arrêté préfectoral serait légal, la responsabilité de l'Etat doit en tout état de cause être engagée sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques dès lors qu'il n'a été informé de la battue administrative que la veille de celle-ci, qu'il n'a pas été associé à son déroulement et que cette décision induit à tort qu'il ne prélevait pas suffisamment de sangliers et de grands cervidés sur son territoire de chasse ;
- il est donc fondé à obtenir l'indemnisation de son préjudice moral et d'image qui en découle, à hauteur de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2023, le préfet de l'Indre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
L'affaire, qui relève du 10° de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, a été renvoyée en formation collégiale en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ni représentée :
- le rapport de M. Gillet,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 mai 2022, le préfet de l'Indre a autorisé, sur une partie du territoire des communes de Mézières-en-Brenne, Saulnay et Sainte-Gemme, la mise en œuvre d'une battue administrative de destruction à tir contre des sangliers le 7 mai 2022. Par la présente requête, M. B A, propriétaire d'un territoire de chasse inclus dans le périmètre défini par l'arrêté préfectoral, demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral et d'image qu'il expose avoir subi du fait de cette décision.
Sur le principe de responsabilité :
2. L'article L. 427-6 du code de l'environnement prévoit que chaque fois qu'il est nécessaire, sur l'ordre du représentant de l'Etat dans le département, après avis du directeur départemental de l'agriculture et de la forêt et du président de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, des opérations de destruction de spécimens d'espèces non domestiques sont effectuées pour l'un des motifs qu'il liste, et notamment la prévention de dommages importants aux cultures, ces opérations de destruction pouvant consister en des chasses, des battues générales ou particulières et des opérations de piégeage.
3. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la responsabilité sans faute de l'Etat serait engagée pour rupture d'égalité devant les charges publiques, qui au demeurant est d'ordre public, n'est pas fondé dès lors que M. A n'apporte aucun élément de nature à établir que la mise en œuvre de la battue administrative serait à l'origine d'un préjudice anormal et spécial dépassant les charges lui incombant normalement.
4. En deuxième lieu, pour autoriser la battue administrative de destruction à tir contre des sangliers le 7 mai 2022 au sein du massif cynégétique du Berger, le préfet de l'Indre s'est fondé tant sur le déficit de prélèvement de sangliers sur le secteur concerné que sur la nécessité de prévenir la survenue de dommages.
5. En l'occurrence, la nécessité de prévenir les dégâts causés aux cultures est au nombre des motifs, énumérés par l'article L. 427-6 précité du code de l'environnement, susceptibles de justifier la mise en œuvre par le préfet de mesures de régulation. M. A soutient néanmoins que la nécessité de la battue administrative n'était pas établie, notamment au regard du nombre de spécimens prélevés à l'issue de celle-ci. Il résulte de l'instruction, notamment des cartes produites par le préfet, établies sur la base des indemnisations versées aux exploitations agricoles, ainsi que de la plainte de plusieurs riverains nominativement identifiés, que des dégâts importants ont été causés aux cultures par les sangliers sur les parcelles situées à proximité immédiate du territoire de chasse appartenant à M. A et que ces atteintes perduraient, voire augmentaient chaque année en dépit de la mise en œuvre des précédentes mesures de régulation. M. A ne conteste d'ailleurs pas, dans sa requête, la nature des dommages constatés pour justifier la nécessité de la battue administrative, pas plus que la situation de son territoire de chasse dans le périmètre du foyer sensible le plus élevé en termes de dégâts provoqués par les sangliers des communes de Mézières-en-Brenne, Saulnay et Sainte-Gemme. En outre, le préfet de l'Indre fait valoir, sans être sérieusement contredit, que le nombre de sangliers prélevés par M. A sur son territoire de chasse était peu élevé en comparaison de ses voisins qui ont pourtant des territoires moins importants ou moins propices au refuge des sangliers. Au surplus, si le préfet de l'Indre admet que le résultat en termes d'animaux prélevés lors de la battue du 7 mai 2022 peut apparaître faible avec seulement deux sangliers tués par balle, et alors que la légalité d'une décision administrative s'apprécie à la date où elle intervient, il fait valoir, comme le montre le compte rendu de la battue, que douze jeunes sangliers ont été pris par les chiens et environ quatre-vingt-dix sangliers ont été vus. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Indre aurait commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, M. A soutient avoir été informé tardivement de l'organisation de la battue et des modalités de son organisation. Pour autant, le requérant admet dans sa requête qu'il a eu connaissance de la battue la veille de sa tenue, c'est-à-dire le jour où le préfet de l'Indre a pris l'arrêté litigieux, et il ne se prévaut d'aucune difficulté notamment matérielle découlant pour lui de ce calendrier. Il s'ensuit que la branche du moyen tiré du caractère tardif de l'information préalable doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, aucun texte ni aucun principe n'impose au préfet, lorsqu'il autorise la mise en œuvre d'une battue administrative sur le fondement de l'article L. 427-6 du code de l'environnement, d'inviter le propriétaire d'un territoire de chasse inclus dans le périmètre défini par l'arrêté préfectoral à participer à la tenue de la battue.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat à raison de l'arrêté préfectoral du 6 mai 2022 autorisant la mise en œuvre d'une battue administrative sur son territoire de chasse.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
10. Les dispositions citées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Martha, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le rapporteur,
K. GILLET
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026