mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201804 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2022, Mme D E, représentée par Me Douniès, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2022 par laquelle la rectrice de l'académie de Limoges l'a admise à la retraite d'office pour invalidité non imputable au service à compter du 21 novembre 2019 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Limoges de reconnaitre l'imputabilité au service de sa mise à la retraite d'office dans un délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- aucun des membres de la commission de réforme réunie le 26 septembre 2022 n'était un spécialiste de la pathologie dont elle souffre, de sorte que la procédure suivie est irrégulière ;
- en ne reconnaissant pas l'imputabilité au service de sa pathologie, l'arrêté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Limoges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 21 octobre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le décret n°2022-353 du 11 mars 2022 relatif aux conseils médicaux dans la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E, professeure certifiée de lettres modernes, a été victime d'un accident de service, le 25 septembre 2012, au sein du collège où elle exerçait, en raison d'une chute à la suite de laquelle elle a violemment heurté un mur avec son épaule droite. Son état de santé en lien avec cet accident de service a été considéré comme consolidé au 10 décembre 2012, avec un taux d'incapacité permanente partielle fixé à 4 %. En 2016, un syndrome d'Ehlers-Danlos lui a été diagnostiqué, entrainant plusieurs arrêts de travail du 23 juillet 2018 au 6 décembre 2018 pour lesquels l'administration a refusé de reconnaitre le 6 décembre 2018 qu'ils étaient imputables à l'accident de service du 25 septembre 2012, décision confirmée par le jugement du tribunal du 28 décembre 2020. Par sa décision du 19 mai 2020, la rectrice de l'académie de Limoges l'a admise à la retraite d'office pour invalidité et l'a radiée des cadres à compter du 21 novembre 2019. Par son jugement du 6 juillet 2022, le tribunal a annulé ces décisions et enjoint à la rectrice de procéder au réexamen de la situation de Mme E en saisissant la commission de réforme en présence d'un médecin spécialiste de la pathologie dont elle souffre. Cette commission réunie le 26 septembre 2022 a émis un avis favorable à la proposition de l'administration et, par son arrêté du 20 octobre 2022, la rectrice de l'académie de Limoges l'a admise à la retraite pour invalidité au taux de 15% à compter du 21 novembre 2019 en raison de son incapacité définitive et absolue d'exercer ses fonctions. Mme E demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, l'arrêté du 20 octobre 2022 vise les textes applicables à la situation de Mme E, en particulier le code des pensions civiles et militaires, la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, ainsi que l'avis conforme du ministre chargé du budget, et mentionne que Mme E est admise à la retraite pour invalidité en raison de son incapacité définitive et absolue d'exercer ses fonctions. La décision contestée comporte ainsi l'énoncé des motifs de droit et les considérations de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil radié des cadres dans les conditions prévues à l'article L. 27 a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies à l'article L. 30 ter, avec la pension rémunérant les services. / Le droit à cette rente est également ouvert au fonctionnaire retraité qui est atteint d'une maladie professionnelle dont l'imputabilité au service est reconnue par le conseil médical prévu à l'article 21 ter de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 mentionnée ci-dessus postérieurement à la date de la radiation des cadres, dans les conditions définies à l'article L. 31. () ". Aux termes de l'article 31 de ce code : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par le conseil médical mentionné à l'article 28 (). Le pouvoir de décision appartient, dans tous les cas, au ministre dont relève l'agent et au ministre des finances (). ". Aux termes de l'article 6-1 du décret du 11 mars 2022 relatif aux conseils médicaux dans la fonction publique de l'Etat : " Le conseil médical départemental est composé : / 1° En formation restreinte :/ De trois médecins titulaires désignés par le préfet, pour une durée de trois ans, sur les listes de médecins agréés prévues à l'article 1er. Pour chaque titulaire, un ou plusieurs médecins suppléants sont désignés selon les mêmes modalités. () / 2° En formation plénière : / a) Des membres mentionnés au 1° ; / b) De deux représentants de l'administration désignés par le chef de service dont dépend le fonctionnaire concerné ; / c) De deux représentants du personnel inscrits sur une liste établie par les représentants du personnel élus au comité social dont relève le fonctionnaire concerné. () / Un médecin est désigné par le préfet parmi les médecins titulaires pour assurer la présidence de l'instance. () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la présence d'un médecin spécialiste au sein du conseil médical départemental ne présente pas un caractère obligatoire lorsque celle-ci est saisie dans le cadre d'une procédure de mise à la retraite pour invalidité non imputable au service.
4. En l'espèce, le conseil médical départemental, réuni en formation plénière le 26 septembre 2022, a rendu un avis favorable à la mise en retraite pour invalidité au taux de 15% de Mme E au motif qu'elle est définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions au sein de l'Etat, sans possibilité de reclassement. Si la requérante soutient que la spécialité en médecine interne au sein du centre hospitalier universitaire (Chu) de Limoges du Professeur B A, membre du conseil médical lors de cette réunion, ne concerne pas sa pathologie et l'a ainsi privée d'une garantie, les dispositions réglementaires citées au point précédent n'imposent plus la présence d'un spécialiste de la pathologie dont souffre l'agent au sein du conseil médical et, par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le service de médecine interne du Chu de Limoges est un centre de référence pour les maladies auto-immunes et les maladies rares, parmi lesquelles, ainsi qu'indiqué en défense, la littérature médicale facilement accessible sur internet classe le syndrome d'Ehlers-Danlos dont souffre Mme E. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, si Mme E soutient que la décision en litige qui ne reconnait pas l'imputabilité au service de sa pathologie est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, elle n'apporte aucun élément à l'appui de cette affirmation susceptible de remettre en cause l'appréciation de l'administration fondée initialement sur le rapport d'expertise du 19 octobre 2018, lequel précisait que l'accident de service du 25 septembre 2012 ne peut pas expliquer sa " pathologie actuelle ". Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2022 par lequel la rectrice de l'académie de Limoges a admis Mme E à la retraite d'office pour invalidité non imputable au service à compter du 21 novembre 2019 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et à la rectrice de l'académie de Limoges.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026