mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201864 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS MICHEL LABROUSSE - CELINE REGY - FRANCOIS ARMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2022, Mme A D épouse B, représentée par Me Labrousse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 octobre 2022 par laquelle le directeur général de l'office public départemental de l'habitat " Corrèze Habitat " a mis fin à sa disponibilité pour convenances personnelles ;
2°) de mettre à la charge de Corrèze Habitat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée ;
- présente le caractère d'une sanction déguisée ;
- fait une application irrégulière du décret n°86-68 du 13 janvier 1986 en ce qui concerne ses dispositions relatives à la mise en disponibilité des fonctionnaires territoriaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023, l'office public départemental Corrèze Habitat, représenté par Me Eyrignoux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- suite à la démission de Mme D de la fonction publique territoriale le 13 février 2023, il n'y a plus lieu à statuer sur sa requête ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 9 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°86-68 du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration.
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Pawlotsky, substituant Me Eyrignoux, représentant l'office public départemental de l'habitat de la Corrèze.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, adjointe administrative principale territoriale de 1ère classe au sein de l'office public départemental de l'habitat Corrèze Habitat, a été placée en disponibilité pour convenances personnelles à compter du 1er juillet 2021, avant d'être recrutée à compter de cette date et par ce même employeur en qualité de responsable du pôle performance des achats et juridique, classé en catégorie III-Cadres-niveau 2, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Suite à un changement de direction générale, Corrèze Habitat, par sa décision du 26 octobre 2022, a entendu abroger le contrat de Mme D. Cette dernière demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 1 du code général de la fonction publique : " Le présent code définit les règles générales applicables aux fonctionnaires civils. Il constitue le statut général des fonctionnaires. Ceux-ci sont, vis-à-vis de l'administration, dans une situation statutaire et réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 514-1 de ce code : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors son administration d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. ". Aux termes de l'article 18 du décret du 13 janvier 1986 précité : " La disponibilité est prononcée par décision de l'autorité territoriale soit d'office (), soit à la demande de l'intéressé. ". Aux termes de l'article 21 de ce décret : " La mise en disponibilité sur demande de l'intéressé peut être accordée, sous réserve des nécessités du service, dans les cas suivants : / () b) Pour convenances personnelles () ". L'article 25 du même décret dispose : " L'autorité territoriale intéressée fait procéder aux enquêtes nécessaires en vue de s'assurer que l'activité du fonctionnaire mis en disponibilité correspond réellement aux motifs pour lesquels il a été placé en cette position. ". Il résulte de ces dispositions qu'un fonctionnaire placé en position de disponibilité ne peut, tant qu'il se trouve dans cette position, être recruté par l'administration dont il relève.
3 Il ressort des pièces du dossier que Mme D a été titularisée dans le cadre d'emploi des adjoints administratifs territoriaux, relevant de la catégorie C, à compter du 1er décembre 2004 et y a poursuivi sa carrière depuis. Dès lors, la requérante, placée en position de disponibilité le 1er juillet 2021 par l'office public départemental Corrèze Habitat ne pouvait être recrutée légalement à compter de cette date en qualité d'agent contractuel par son employeur. Au surplus, il est constant, comme le reconnait d'ailleurs la requérante dans ses écritures, que son placement en disponibilité n'est pas intervenu pour convenances personnelles mais pour exercer de nouvelles fonctions au sein de l'office et lui octroyer une rémunération supérieure à celle à laquelle elle pouvait prétendre dans son cadre d'emploi d'origine. Dans ces conditions, l'administration se trouvait en situation de compétence liée pour mettre fin à cette situation illégale en mettant un terme à son contrat et en replaçant Mme D en position régulière. Par suite, les moyens soulevés par la requérante à l'encontre de cette décision sont inopérants.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception de non-lieu tirée de la démission postérieure de la requérante soulevée par Corrèze Habitat, que la requête de M. D doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
5. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'office public départemental d'habitat de la Corrèze, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
6. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D le versement de la somme de 1 200 euros à l'office public départemental d'habitat de la Corrèze au titre de ce même article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera à l'office public départemental d'habitat de la Corrèze la somme de 1 200 (mille deux cents) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse B et à l'office public départemental de l'habitat Corrèze Habitat.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef
La greffière,
M. C
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026