mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201883 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JUGE UNIQUE H SIQUIER |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement le 31 décembre 2022 et le 12 juin 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme D A, représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler, la décision implicite rejetant le recours administratif préalable obligatoire formé le 20 septembre 2022 par laquelle la caisse l'allocations familiales de la Haute-Vienne (Caf) lui a notifié un indu d'aide personnalisé au logement, et le refus de remise de dette du 31 août 2022 ;
2°) de lui accorder une remise de dette totale, et d'enjoindre à la Caf de la Haute-Vienne de lui rembourser les montant recouvrés, dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de la Caf de la Haute-Vienne le montant de 1300 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission de recours amiable de la Caf n'a pas été sollicité ;
- la Caf de la Haute-Vienne a méconnu l'article L 114-21 du code la sécurité sociale, en ne l'informant pas de son droit de communication, la privant ainsi d'une garantie ; l'agent de la Caf ayant effectué le contrôle ne disposait pas d'un agrément et régulièrement publié au bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) ; l'agent ayant procédé aux opérations de contrôle n'était pas assermenté lorsqu'il a engagé la procédure de contrôle ;
- sa bonne-foi et sa situation de précarité justifient la remise totale des sommes réclamées.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 10 octobre 2023, la Caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- qu'aucune enquête n'a été diligentée ;
- elle n'a jamais fait usage de son droit de communication dans ce dossier ;
- les dettes contractées par Mme A sont toutes soldées.
Mme A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hélène Siquier en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est bénéficiaire de l'allocation de logement familial. Elle a formé un recours le 21 août 2022 à l'encontre des indus de trop-perçu d'aide personnalisée au logement (APL) dont elle a contesté le bien-fondé. Par décision du 31 août 2022, la Caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Vienne, a confirmé les indus de trop-perçu d'APL 75,51 euros pour le mois de mars 2022, de 204,93 euros pour le mois d'août 2022 et a rejeté sa demande au motif qu'elles ont été soldées suite aux retenues effectuées sur les prestations versées. Ainsi la somme réclamée au titre d'un indu de trop-perçu d'APL de 38,52 euros pour la période allant de mars à juin 2022. La requérante demande la remise de la totalité des sommes qui lui ont été réclamées.
Sur les indus d'aide personnalisée au logement :
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnelle au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la CAF, qui a utilisé les ressources de la requérante extraites de la base des ressources mensuelles (BRM) ait diligenté une enquête ni qu'elle ait fait usage de son droit de communication. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-1 du code de la sécurité sociale, de la privation d'une garantie, du défaut d'agrément et d'assermentation de l'agent enquêteur doivent tous être écartés.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les indus d'aide personnalisée au logement (APL) proviennent de l'erreur par la Caisse d'allocations familiales commise lors du recalcul des droits aux APL de la requérante. En l'espèce, elle n'a pas pris en compte la situation professionnelle de Mme A en retenant à tort le montant de ses indemnités journalières maladies au titre de ses revenus pour le calcul de cette allocation Aussi, au cas d'espèce, il est constant que les indus en cause mis à la charge de la requérante proviennent de l'erreur commise par la caisse alors que la bonne foi de Mme A n'est pas remise en cause.
Sur la demande de remise gracieuse :
6. Une demande de remise de dette présentée devant le tribunal a pour objet de solliciter, en cas de précarité, la remise gracieuse de sommes dont le bien-fondé n'est pas contesté. Une telle demande perd son objet lorsque la dette est soldée.
7. D'une part, il résulte de l'instruction que la commission de recours amiable a bien été saisie à chaque recours formé par Mme A.
8. D'autre part, il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté que Mme A a remboursé intégralement des indus d'APL en litige par l'intermédiaire des sommes versées suite aux recalculs de ses droits. Par suite, la requête de Mme A, tendant à l'annulation de la décision du 31 août 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a refusé la remise gracieuse des sommes réclamées au titre des indus d'APL est devenue sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les frais du litige :
9. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne, qui n'est pas la partie perdante, une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Moutoussamy et à la Caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La magistrate désignée,
H. C
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. B
bb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026