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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300180

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300180

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300180
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 février 2023, Mme D C, demande au tribunal d'annuler la décision du 30 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Indre ne lui a accordé qu'une remise gracieuse de 165,25 euros sur un trop-perçu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 661 euros.

Elle soutient que :

- elle est dans une situation financière difficile et est à la recherche d'un emploi ;

- la caisse d'allocations familiales a commis des erreurs de calcul.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Indre conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. B a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le 18 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales (Caf) de l'Indre a réexaminé la situation de Mme C dès lors que l'intéressée n'a pas déclaré le bon montant de ses frais réels auprès de l'administration fiscale, ce qui a engendré un trop-perçu au titre de l'aide personnalisée au logement d'un montant de 661 euros. Le 27 décembre 2022, Mme C a sollicité la remise gracieuse de cet indu. Par une décision du 30 janvier 2023, la Caf de l'Indre n'a accordé qu'une remise de gracieuse de 165,25 euros. L'intéressée demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indus d'aide personnalisée au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

3. Il appartient au tribunal, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. En premier lieu, Mme C entend contester le bien-fondé de l'indu mis à sa charge en soutenant que la Caf de l'Indre a commis des erreurs de calcul. Toutefois, les conclusions de la requérante portent sur une décision lui refusant une remise totale de dette et tendent à ce que le tribunal lui accorde cette remise, de sorte qu'elle ne peut utilement remettre en cause le bien-fondé de cet indu. Par suite, le moyen tiré de la contestation de l'indu est inopérant.

5. En second lieu, le 18 janvier 2022, Mme C a déclaré 7 728 euros de frais réels pour l'étude de son aide personnalisée au logement à compter du 1er janvier 2022 auprès de la Caf de l'Indre. Toutefois, le 11 novembre 2022, les services fiscaux transmettent à la Caf de l'Indre les informations concernant les ressources de l'intéressée qui a déclaré 4 126 euros de frais réels. Cette différence a engendré l'indu précité de 661 euros qui a été ramené à la somme de 495,75 euros après la remise gracieuse partielle. Il résulte de l'instruction que la requérante, dont la bonne foi n'est pas en débat, avait un quotient familial de 637 euros à la date de la décision attaquée. Ainsi, en lui accordant seulement une remise partielle de sa dette, à hauteur de 25 %, la caisse d'allocations familiales de l'Indre n'a pas suffisamment tenu compte de la situation de l'intéressée. Il résulte de l'instruction que Mme C justifie se trouver dans une situation de précarité justifiant que lui soit accordée une remise supplémentaire de 25 % de la dette laissée à sa charge, d'un montant de 165,25 euros.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 30 janvier 2023 de la caisse d'allocations familiales de l'Indre.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Indre du 30 janvier 2023 est annulée en tant qu'elle n'accorde à Mme C qu'une remise partielle de 25 % de sa dette de prime d'activité.

Article 2:Il est accordé à Mme C une remise partielle supplémentaire du solde de sa dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 165,25 euros (cent soixante-cinq euros et vingt-cinq centimes), ramenant la somme due à 330,50 euros (trois cent trente euros et cinquante centimes).

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à la ministre du travail et de l'emploi et à la caisse d'allocations familiales de l'Indre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le magistrat désigné,

A. B

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne

à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef

La Greffière

M. A

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