mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300544 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PREGUIMBEAU-GREZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 avril et le 15 juin 2023, la communauté de communes Marche et Combraille en Aquitaine, représentée par Me Plas, demande au tribunal :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de déterminer les causes des désordres affectant le bâtiment commercial situé dans la commune de Mainsat, leurs conséquences, ainsi que les moyens pour y remédier ;
2°) de statuer sur l'affectation du montant de la provision à valoir sur les honoraires de l'expert.
Elle soutient que :
- la réalisation d'un bâtiment commercial situé sur la commune de Mainsat a été confiée à différentes entreprises par un marché public du 5 juin 2012 parmi lesquelles la SNC Eiffage construction s'est vue attribuer le lot n°2 " gros œuvre ", la SARL établissement Mazet le lot n°11 " plomberie, sanitaire ", la SARL Giraud le lot n°7 " plâtrerie, isolation, faux plafond ", la société Berthon le lot n°9 " carrelage, faïence " et la société Proxifroid le lot n°8 " panneaux isothermes " ; la maîtrise d'œuvre a été confiée à l'entreprise G et M. F C et la mission de contrôle technique à la SAS Apave Sudeurope, les travaux ont fait l'objet d'une réception sans réserve le 12 avril 2013 ;
- une déclaration de sinistre a été réalisée le 21 novembre 2022 et une expertise réalisée par le cabinet Polyexpert a donné lieu à un rapport en date du 23 novembre 2022 concluant à ce que les désordres sont dus à des défauts de confection et de pose des panneaux / à une absence de barrière d'étanchéité entre les pièces à ambiance humide comme le laboratoire et les pièces sèches de l'autre côté du dégagement mais que l'étanchéité du carrelage n'a pu être vérifiée et qu'il conviendra de vérifier les CCTP des lots carrelage, plomberie et plâtre ;
- la mesure d'expertise qu'elle sollicite est utile afin de déterminer les causes des désordres affectant le bâtiment commercial, leurs conséquences, ainsi que les moyens pour y remédier ;
- la SARL Charissou-Batut bureau d'études sise 2 avenue Pierre Mendès France 23000 Guéret doit aussi être mise dans la cause ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2023, la SAS Eiffage construction Limousin, représentée par Me Preguimbeau, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Marche et Combraille la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et, à titre subsidiaire, demande à ce que la mesure d'expertise soit complétée.
Elle soutient que le rapport d'expert indique que les désordres ne sont pas imputables aux travaux réalisés dans le cadre du lot " gros œuvre ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2023, l'EIRL Berthon Eric conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la communauté de commune la somme d'un euro au titre de la loi n° 2021-1729 du 22 décembre 2021.
Elle soutient que les désordres sont notamment dus à un manque de communication entre le gérant et le propriétaire du bâtiment commercial, qu'un agent de la communauté de commune Marche et Combraille en Aquitaine serait intervenu pour réaliser des joints en silicone entre le carrelage et les caniveaux en contradiction avec les mesures conservatoires conseillées par le rapport d'expertise et que le rapport d'expertise n'impute pas les désordres aux travaux qu'elle a réalisés.
La société Proxifroid a communiqué des pièces complémentaires le 21 avril 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2023, la SAS Apave Sudeurope, représentée par Me Martineu, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise mais formule les protestations et réserves d'usage et demande à ce que la mesure d'expertise soit complétée comme suit :
- déterminer le coefficient de vétusté de l'ouvrage, eu égard aux dates de réception d'une part, et d'apparition des désordres, d'autre part,
- dire si les éventuels travaux de réparation constituent une amélioration de l'ouvrage et le cas échéant, en préciser le montant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, l'entreprise Giraud, représentée par Me Chagnaud, conclut au rejet de la requête et à sa mise hors de cause.
Elle soutient que sa responsabilité n'a pas été retenue par l'expert et qu'une expertise conduite par l'assureur " dommage-ouvrage " étant toujours en cours, sa non-poursuite aura des incidences sur la détermination des préjudices du fait du ralentissement des investigations de l'assureur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, la SARL établissement Mazet, conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Elle soutient que le rapport d'expertise ne mentionne pas les travaux qu'elle a réalisés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Normand, vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. L'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause, tous droits et moyens étant expressément réservés. Ainsi, peuvent être appelées à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative non seulement les personnes dont la responsabilité est susceptible d'être engagée par l'action qui motive l'expertise, mais aussi toute personne dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert.
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. (). ".
3. La communauté de commune Marche et Combraille sollicite une mesure d'expertise portant sur les désordres affectant le bâtiment commercial situé dans la commune de Mainsat. Une première expertise non judiciaire réalisée par le cabinet Polyexpert construction a donné lieu le 27 décembre 2022 à un rapport imputant les désordres à une " absence de barrière d'étanchéité entre les pièces à ambiance humide comme le laboratoire et les pièces dites sèches de l'autre côté du dégagement ". Par suite, cette requête tendant à la désignation d'un expert judiciaire présente le caractère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Si des courriers envoyés à la SARL Giraud et à la société Proxifroid par l'assureur du maître d'ouvrage indiquent que leurs responsabilités ne sont pas retenues, le rapport d'expertise mentionne que la présence d'une étanchéité au niveau du carrelage n'a pu être vérifiée, que les CCTP carrelage, plomberie et plâtrerie devaient être vérifiés et que " l'eau se propage en sol depuis le laboratoire et remonte par capillarité dans le cloisons en plâtre " de sorte que la responsabilité de ces deux sociétés est susceptible d'être mise en cause. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à la demande d'expertise sollicitée, en présence de la SARL établissement Mazet titulaire du lot n°11 " plomberie, sanitaire ", la SARL Giraud titulaire du lot n°7 " plâtrerie, isolation, faux plafond ", la société Proxifroid titulaire du lot n°8 " panneaux isothermes ", M. F C et la SARL Charissou-Batut bureau d'études, maîtres d'œuvre, la société Berthon titulaire du lot n°9 " carrelage, faïence ", la SNC Eiffage construction titulaire du lot n°2 " gros œuvre ", la SAS Apave Sudeurope titulaire de la mission de contrôle technique, et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. () ". Aux termes de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent () les frais d'expertise () ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il n'appartient pas au juge des référés de fixer les conditions dans lesquelles les frais d'expertise seront supportés, lesquels feront l'objet d'une ordonnance de taxation après établissement du rapport. En outre, il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par la SAS Eiffage construction Limousin ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A D, demeurant 33, rue Saint Fort à Bordeaux (33000), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux des désordres affectant le bâtiment commercial situé dans la commune de Mainsat, se faire communiquer toutes les pièces et tous les documents qu'il estimera nécessaires à l'accomplissement de sa mission et entendre tous sachants afin de recueillir leurs dires et explications ;
2°) rechercher l'origine et les causes de ces désordres et fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective, en précisant notamment si ces causes relèvent de la phase conception et/ou réalisation, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
3°) réunir les éléments d'informations permettant au tribunal de dire si les désordres sont de nature à le rendre impropre à sa destination ;
4°) décrire les travaux propres à remédier aux désordres et en chiffrer le coût ;
5°) de manière générale, recueillir tous éléments et faire toutes constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative ;
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la communauté de communes Marche et Combraille en Aquitaine, la SARL établissement Mazet, la société Berthon, la SNC Eiffage construction, la SAS Apave Sudeurope, la société Proxifroid, la SARL Giraud, M. F C et la SARL Charissou-Batut bureau d'études.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme France transfert, au plus tard le 15 avril 2024 accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : Les conclusions présentées par la SAS Eiffage construction Limousin relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes Marche et Combraille en Aquitaine, M. E G, M. F C, la SAS Apave Sudeurope, la SAS Eiffage construction Limousin, la SARL établissement Mazet, l'entreprise Giraud, l'EIRL Berthon Eric, la SARL Charissou-Batut, la société Proxifroid et à M. A D, expert.
Limoges, le 24 octobre 2023
Le juge des référés,
N. NORMAND
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière,
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026