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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300554

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300554

vendredi 8 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300554
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI
Avocat requérantDESFARGES PIERRE-HENRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des pièces, enregistrées les 6 et 11 avril 2023, sous le n° 2300553, Mme A D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental de l'Indre a implicitement rejeté, le 16 février 2022, sa demande de remise gracieuse d'un trop-perçu de revenu de solidarité active d'un montant de 225 euros ;

2°) de la décharger de la somme de 225 euros au titre du revenu de solidarité active.

3°) de mettre à la charge du département de l'Indre la somme de 2 000 euros au profit de son conseil, par application combinée de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- la décision en cause ne comporte ni le nom, ni le prénom ni la signature de son auteur ;

- les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ont été méconnues ;

- l'avis de la commission de recours amiable n'a pas été demandé ;

- des retenues ont été réalisées par la caisse d'allocations familiales de l'Indre avant la fin des délais et voies de recours contre l'indu en cause ;

- ses droits de la défense ont été violés ;

- elle est travailleur non salariée et a effectué régulièrement ses déclarations ;

- la décision est entachée par une erreur de droit et d'appréciation ;

- elle est de bonne foi et dans une situation financière précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2023, le département de l'Indre conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 6 avril 2023, sous le n° 2300554, Mme A D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Indre a seulement accordé une remise partielle de 596,10 euros au titre d'un trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 2 384,39 euros ;

2°) de la décharger de la somme qui a été mise à sa charge ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Indre la somme de 2 000 euros au profit de son conseil, par application combinée de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- la décision en cause a été prise par une autorité qui ne justifie pas d'une signature régulièrement publiée ;

- la preuve de l'assermentation de l'agent chargé du contrôle n'est pas rapportée ;

- les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ont été méconnues ;

- ses droits de la défense ont été violés ;

- elle est travailleur non salariée et a effectué régulièrement ses déclarations ;

- la décision est entachée par une erreur de droit et d'appréciation ;

- elle est de bonne foi et dans une situation financière précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Indre conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 2 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales (Caf) de l'Indre a notifié à Mme D un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) et de prime d'activité. Le 16 décembre suivant, l'intéressée a remis en cause le bien-fondé de l'indu de RSA et demandé une remise gracieuse de cette dette d'un montant de 225 euros. Le silence gardé par le président du conseil départemental de l'Indre sur cette demande a fait naître, le 16 février 2023, une décision implicite de rejet dont Mme D demande l'annulation. Par ailleurs, par une décision du 30 janvier 2023, la Caf de l'Indre a seulement accordé une remise partielle de 596,10 euros au titre de l'indu de prime d'activité d'un montant de 2 384,39 euros. Mme D demande également l'annulation de cette décision.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n° 2300553 et n° 2300554, présentées par Mme D, concernent la situation d'une même d'allocataire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'indu de RSA :

En ce qui concerne le bien-fondé :

3. En premier lieu, la décision implicite de rejet du recours administratif préalable, présenté par Mme D le 16 décembre 2022 auprès du président du conseil départemental de l'Indre, est réputée avoir été prise par ledit président en application des dispositions de l'article L. 242-47 du code de l'action sociale et des familles. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté.

4. En deuxième lieu, dès lors que la décision rejetant le recours administratif préalable de la requérante revêt un caractère implicite, le moyen tiré de l'absence des mentions requises par les dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

6. Il résulte de ces dispositions qu'une décision implicite, intervenue dans les cas où la décision expresse aurait dû être motivée, n'est pas entachée d'illégalité du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Une telle décision ne peut être regardée comme illégale qu'en l'absence de communication de ses motifs dans le délai d'un mois par l'autorité saisie. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que Mme D ait sollicité la communication des motifs de la décision par laquelle le conseil départemental de l'Indre a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire. L'intéressée n'est, par suite, pas fondée à soutenir que cette décision serait illégale du seul fait de son absence de motivation. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif (). ".

8. En l'espèce, si Mme D soutient que le caractère suspensif des recours dirigés contre l'indu de revenu de solidarité active en litige n'a pas été respecté, dès lors que la caisse d'allocations familiales de l'Indre aurait procédé à des retenues dès notification de la décision du 2 décembre 2022, il ne résulte pas de l'instruction que de telles retenues aient été pratiquées. Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

9. En cinquième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la décision en cause aurait été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code de la sécurité sociale est inopérant et doit être écarté pour ce motif.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".

11. Mme D soutient qu'elle n'a pas été informée de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus par la caisse d'allocations familiales dans le cadre du droit de communication qu'elle a exercé auprès de tiers. Toutefois, il n'est pas établi et il ne résulte pas de l'instruction que cet organisme aurait fait usage de ce droit au cours du contrôle de la situation de l'intéressée. L'indu en litige résulte de la prise en considération des déclarations trimestrielles de Mme D. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale est par suite inopérant et doit être écarté.

12. En septième lieu, la requérante reproche à la caisse d'allocations familiales de n'avoir pas respecté les droits de la défense. Cependant, il résulte de l'instruction qu'elle a été informée de sa situation par la caisse et qu'elle a pu faire ses observations tout au long des différentes procédures. Par suite, ce moyen manque en fait et doit être écarté.

13. En huitième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-60 de ce code : " La convention prévue à l'article L. 262-25 comporte des dispositions générales relatives à : / () 4° Les conditions et limites dans lesquelles la commission de recours amiable de ces organismes rend un avis sur les recours administratifs adressés au président du conseil général ; ces stipulations portent notamment sur l'objet et le montant des litiges dont la commission est saisie et les conditions financières de cette intervention () ". Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".

14. D'autre part, aux termes de l'article 4-1 de de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre le département et la caisse d'allocations familiales de l'Indre applicable en l'espèce : " la commission de recours amiable de la Caf de l'Indre n'est pas consulté par le département à l'occasion d'un recours administratif préalable obligatoire dirigé contre une décision relative au RSA ".

15. Mme D soutient que la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure pour n'avoir pas été précédée d'une consultation de la commission de recours amiable en méconnaissance des articles L. 262-47 et R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles. En l'espèce, le dossier de l'intéressée a pu justifier, comme le prévoit l'article 4-1 de la convention de gestion précitée, que le recours administratif préalable obligatoire de l'intéressée soit examiné directement par le président du conseil départemental de l'Indre sans être soumis préalablement pour avis à la commission de recours amiable. Dans ces conditions, l'absence de consultation de cette commission n'a pas eu d'influence sur le sens de la décision prise et ne peut être regardée comme ayant privé la requérante d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du défaut de consultation préalable de la commission de recours amiable doit être écarté.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : / () 2° Les modalités d'évaluation des ressources () ". L'article L. 132-1 de ce code dispose que : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire () ". L'article R. 132-1 du même code prévoit que : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu, à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur, sont considérés comme procurant un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3 % du montant des capitaux ". L'article L. 262-21 de ce code prévoit qu'il est procédé au réexamen périodique du montant de l'allocation, cette périodicité étant trimestrielle selon les dispositions règlementaires. L'article R. 262-6 du même code dispose que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. " Enfin, aux termes du II de l'article R. 262-7 de ce code : " Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes :/ 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision ; / 2° Le montant mensuel des prestations versées par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, sous réserve des dispositions des articles R. 262-10 et R. 262-11. Ces prestations sont intégralement affectées au mois de perception ; / 3° Le montant des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu, mentionnées à l'article R. 262-12 présentant un caractère exceptionnel. Celles-ci sont intégralement affectées au mois de perception () ".

17. En l'espèce, il n'est pas contesté que la cause de l'indu en litige d'un montant de 225 euros résulte d'une erreur de calcul de la caisse d'allocations familiales de l'Indre dans la prise en compte du bien immobilier de Mme D, situé dans la commune de Measnes, sur la période de juillet à novembre 2022. Toutefois, pour regrettable qu'ait été cette erreur, il n'en demeure pas moins qu'elle est tenue de rembourser cette somme qu'elle a indument perçue.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'indu de revenu de solidarité ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, celles tendant à la décharge de la somme à payer.

En ce qui concerne la demande de remise gracieuse :

19. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active.() La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité ou de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.

20. Alors que sa bonne foi n'est pas en débat, Mme D ne produit aucune pièce permettant d'établir la précarité financière alléguée de sa situation. Par suite, les conclusions de l'intéressée tendant à ce qu'il lui soit accordée une remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active doivent être rejetées.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le président du conseil départemental de l'Indre a implicitement rejeté, le 16 février 2022, sa demande de remise gracieuse d'un trop-perçu de revenu de solidarité active d'un montant de 225 euros.

Sur l'indu de prime d'activité :

En ce qui concerne le bien-fondé :

22. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Si l'intéressé soutient que la décision contestée ne comporte ni le nom, ni le prénom, ni la signature de son auteur, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

23. En deuxième lieu, la décision en litige comporte les visas et l'énoncé des dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale dont la Caf a fait application ainsi que les considérations de fait retenues pour fonder l'indu. Il s'ensuit que l'autorité compétente a satisfait à l'obligation de motivation qui lui incombait en vertu des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

24. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la décision en cause aurait été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code de la sécurité sociale est inopérant et doit être écarté pour ce motif.

25. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".

26. Mme D soutient qu'elle n'a pas été informée de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus par la caisse d'allocations familiales dans le cadre du droit de communication qu'elle a exercé auprès de tiers. Toutefois, il n'est pas établi et il ne résulte pas de l'instruction que cet organisme aurait fait usage de ce droit au cours du contrôle de la situation de l'intéressée. L'indu en litige résulte de la prise en considération des déclarations trimestrielles de Mme D. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale est par suite inopérant et doit être écarté.

27. En cinquième lieu, l'indu de prime d'activité n'a pas pour origine le rapport d'un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Indre. En conséquence, le moyen tiré de l'absence d'assermentation de l'agent de contrôle est inopérant et doit être écarté.

28. En sixième lieu, la requérante reproche à la caisse d'allocations familiales de n'avoir pas respecté les droits de la défense. Cependant, il résulte de l'instruction qu'elle a été informée de sa situation par la caisse et qu'elle a pu faire ses observations tout au long des différentes procédures. Par suite, ce moyen manque en fait et doit être écarté.

29. En dernier lieu, il n'est pas sérieusement contesté que l'intéressée a été informée les 17 novembre et 3 décembre 2021 ainsi que le 18 juillet 2022 de son obligation de déclarer trimestriellement ses salaires en tant que gérante salariée d'une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée et qu'elle a déclaré des revenus non-salariés. Cette omission a engendré un trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 2 384,39 euros sur la période de février à novembre 2022.

30. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'indu de prime d'activité, ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, celles tendant à la décharge de la somme à payer.

En ce qui concerne la demande de remise gracieuse :

31. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

32. Il appartient au juge administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prime d'activité, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

33. En l'espèce, comme il a été dit au point 27, l'indu résulte d'une erreur commise par Mme D dans ses déclarations de ressources. Il résulte de l'instruction que l'intéressée, qui avait un quotient familial de 722 euros, dont la bonne foi a été reconnue par la Caf de l'Indre qui lui a accordé une remise partielle de 25 % de sa dette et qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause, n'établit pas être dans une situation financière telle que le montant de l'indu de prime d'activité d'un montant de 1 788,29 euros laissé à sa charge excéderait ses capacités contributives. Il est loisible à l'intéressée, si elle s'y croit fondée, de solliciter de la Caf la mise en place d'un échéancier de remboursement adapté à sa situation financière.

34. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requêtes de Mme D, en leurs conclusions, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: Les requêtes de Mme D sont rejetées.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Desfarges, à la ministre du travail et de l'emploi et au département de l'Indre. Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de l'Indre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef

La Greffière

M. B

Nos 2300553,2300554

if

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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