LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300671

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300671

jeudi 18 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300671
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. J..., détenu à la maison centrale de Saint-Maur, qui contestait la sanction disciplinaire de huit jours de cellule disciplinaire pour usage abusif d'objets autorisés. Le requérant invoquait l'incompétence de l'autorité ayant engagé les poursuites et une composition irrégulière de la commission de discipline. Le tribunal a écarté ces moyens, jugeant que la cheffe de détention disposait d'une délégation régulière pour engager les poursuites et que la commission de discipline était valablement composée, l'assesseur pénitentiaire n'étant pas l'auteur du compte-rendu d'incident. La décision s'appuie sur les articles R. 234-1, R. 234-2, R. 234-12 et R. 234-14 du code pénitentiaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 avril 2023, M. D... J..., représenté par l’Aarpi Thémis, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 19 décembre 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la sanction disciplinaire de huit jours de cellule disciplinaire que lui a infligée la commission de discipline de la maison centrale de Saint-Maur le 17 novembre 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l’aide juridique.


Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d’une procédure irrégulière : l’autorité ayant décidé de poursuivre la procédure disciplinaire à son encontre n’était pas compétente pour le faire ; il n’est pas établi que l’autorité ayant présidé la commission de discipline était compétente pour le faire et que le premier assesseur, membre de l’administration pénitentiaire, n’était pas le rédacteur du compte-rendu d’incident ;
- la sanction qui lui a été infligée est constitutive d’une erreur d’appréciation et est disproportionnée eu égard à la faible gravité des faits et aux circonstances dans lesquelles ils sont intervenus.


Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2025, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.


M. J... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 20 février 2023.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code des relations du public et de l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, à laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées :
- le rapport de Mme Béalé,
- les conclusions de M. Boschet, rapporteur public.



Considérant ce qui suit :

1. M. J..., incarcéré à la maison centrale de Saint-Maur, a fait l’objet d’un compte-rendu d’incident le 31 octobre 2022 au motif qu’il aurait fait un usage abusif ou nuisible d’objets autorisés par le règlement et détenu un objet de nature à compromettre la sécurité des personnes ou de l’établissement. Par une décision du 17 novembre 2022, le président de la commission de discipline a prononcé à son encontre une sanction de huit jours de cellule disciplinaire. Le 28 novembre 2022, M. J... a formé à l’encontre de cette décision le recours préalable obligatoire prévu à l’article R. 234-43 du code pénitentiaire. Par la présente requête, l’intéressé demande au tribunal d’annuler la décision du 19 décembre 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon a rejeté son recours.

2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l’article R. 234-1 du code pénitentiaire : « Pour l'exercice de ses compétences en matière disciplinaire, le chef de l'établissement pénitentiaire peut déléguer sa signature à son adjoint, à un fonctionnaire appartenant à un corps de catégorie A ou à un membre du corps de commandement du personnel de surveillance placé sous son autorité. (…) ». Aux termes de l’article R. 234-14 du même code : « Le chef de l'établissement pénitentiaire ou son délégataire apprécie, au vu des rapports et après s'être fait communiquer, le cas échéant, tout élément d'information complémentaire, l'opportunité de poursuivre la procédure. (…) ».

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C..., cheffe de détention au sein de la maison centrale de Saint-Maur, bénéficiait, en vertu d’une décision prise par Mme F... A..., cheffe de ce même établissement, et régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de l'Indre, n° 36-2021-126 du 12 octobre 2021, d’une délégation permanente de signature aux fins de signer toutes les décisions individuelles et notamment les décisions d’engagement des poursuites disciplinaires. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de la décision ayant engagé les poursuites manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 234-2 du code pénitentiaire : « La commission de discipline comprend, outre le chef de l’établissement pénitentiaire ou son délégataire, président, deux membres assesseurs. ». Aux termes de l’article R. 234-12 du même code : « En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l’agent présent lors de l’incident ou informé de ce dernier. L’auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline. ».

5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du registre de la commission de discipline, produit par le requérant, que cette commission était présidée par le directeur adjoint, M. B... E..., assisté de deux assesseurs, le premier M. H..., personne extérieure à l’administration pénitentiaire, le second étant membre de l’administration pénitentiaire. Il ressort des mentions portées sur ce même registre que l’assesseur pénitentiaire, Mme I..., n’était pas l’auteur du compte rendu d’incident du 31 octobre 2022, qui est un surveillant dont les initiales sont R.R. Enfin, le président de la commission de discipline avait reçu délégation à cette fin en application de l’article R. 234-1 du code de pénitentiaire, de Mme F... A..., cheffe d’établissement de la maison centrale de Saint-Maur, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n°36-2021-125 de la préfecture de l’Indre du 27 octobre 2021. Par suite, le moyen tiré de l’irrégularité de la procédure doit être écarté en toutes ses branches.

6. En dernier lieu, aux termes de l’article R. 232-4 du code pénitentiaire : « Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / 10° D'introduire ou tenter d'introduire au sein de l'établissement tous objets, données stockées sur un support quelconque ou substances de nature à compromettre la sécurité des personnes ou de l'établissement, de les détenir ou d'en faire l'échange contre tout bien, produit ou service ; / (…) ». Et, selon les dispositions des articles R. 233-1 et R. 235-12 du code pénitentiaire : « Lorsque la personne détenue est majeure, peuvent être prononcées les sanctions disciplinaires suivantes : (…) 8° La mise en cellule disciplinaire. » ; « Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré (…) ».

7. Il appartient au juge de l’excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l’objet d’une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

8. En premier lieu, il résulte des dispositions citées au point 7 que peut donner lieu à sanction la seule possession d’objets proscrits, quelle que soit la façon dont ils ont été introduits dans l’établissement. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige se fonde sur la découverte, dans la cellule de M. J..., lors d’une fouille de celle-ci, le 31 octobre 2022, d’une arme artisanale de type « pic », circonstance relatée dans un compte rendu d’incident du même jour et dont la matérialité n’est pas contestée par le requérant. Si à cet égard le requérant invoque qu’il détient cet objet aux fins d’assurer sa sécurité, notamment vis à vis des autres détenus, la détention de cet objet dangereux justifie à elle-seule le prononcé d’une sanction disciplinaire. Il suit de là que les moyens tirés de l’erreur de fait et de l’erreur de la qualification juridique des faits doivent être écartés.
9. En second lieu, compte tenu des griefs retenus à son encontre, M. J... encourrait jusqu’à vingt jours fermes de mise en cellule disciplinaire. Eu égard à la dangerosité de l’outil confectionné de type pic artisanal, la sanction retenue, de huit jours de cellule disciplinaire, n’est pas disproportionnée. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d’annulation présentées par M. J... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


D E C I D E :



Article 1er
:
La requête de M. J... est rejetée.

Article 2
:
Le présent jugement sera notifié à M. D... J..., à l’Aarpi Themis et au garde des Sceaux, ministre de la justice.




Délibéré après l’audience du 4 septembre 2025 où siégeaient :

- M. Revel, président,
- M. Gazeyeff, conseiller,
- Mme Béalé, conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2025.


La rapporteure,





J. BEALE
Le président,





F-J. REVEL

La greffière,





M. G...



La République mande et ordonne
au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière,




M. G...

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions