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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300920

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300920

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300920
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 mai 2023 et 19 septembre 2024, Mme J I demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 avril 2023 par laquelle le directeur de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) a implicitement refusé de lui communiquer la carte professionnelle, le procès-verbal de la prestation de serment et l'acte de nomination pour assermentation de M. H, M. A, M. C, M. B, M. D, M. G, agents de l'Institut, la demande initiale de Mme K demandant la réalisation du contrôle de l'IFCE du 25 novembre 2019 sur sa propriété, la réponse de l'IFCE à ce courrier et le rapport du contrôle réalisé ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'IFCE de lui communiquer ces documents dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Elle soutient que :

- le refus opposé par l'IFCE à sa demande de communication est illégal dès lors qu'il s'agit de documents administratifs communicables ;

- les dispositions de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, le directeur général de l'Institut français du cheval et de l'équitation conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'avis n° 20231728 du 11 mai 2023 de la commission d'accès aux documents administratifs (Cada) ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. F en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 19 février 2023, Mme I a demandé à l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) de lui communiquer la carte professionnelle, le procès-verbal d'assermentation ainsi que l'acte de nomination pour assermentation de M. H, M. A, M. C, M. B, M. D, M. G, agents de l'IFCE, la demande initiale de Mme K demandant la réalisation du contrôle de l'IFCE du 25 novembre 2019 sur sa propriété, la réponse de l'IFCE à cette demande et le rapport du contrôle diligenté. L'intéressée a saisi, le 24 mars 2023, la commission d'accès aux documents administratifs (Cada) qui a rendu son avis le 11 mai suivant. Mme I demande d'annuler la décision du 19 avril 2023 par laquelle le directeur général de l'Institut du cheval et de l'équitation a refusé implicitement de lui communiquer les documents sollicités.

Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense :

2. En l'espèce, l'Institut français du cheval et de l'équitation soutient que l'intéressée a déjà en sa possession le rapport qui a été rendu suite au contrôle diligenté sur sa propriété le 25 novembre 2019. De plus, l'Institut indique que la réponse de l'IFCE à la demande initiale de Mme K n'existe pas. Exceptée la transmission du rapport précitée, la requérante ne conteste pas sérieusement ces allégations. Par ailleurs, Mme I verse à l'instance la carte professionnelle de M. A. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme I dirigées uniquement contre le refus de communication de la réponse de l'IFCE et la carte de professionnelle de M. A sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les textes applicables :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration : " La commission d'accès aux documents administratifs () émet des avis lorsqu'elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication d'un document administratif en application du chapitre Ier (). / La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux ". Il résulte de ces dispositions que le juge de l'excès de pouvoir ne peut être saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision de refus de communication de documents administratifs que pour les seuls documents pour lesquels la Cada a émis un avis.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". L'article L. 311-6 de ce code prévoit que : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret des affaires () ". L'administration ne peut cependant être tenue de communiquer un document inexistant.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la communication du procès-verbal d'assermentation et de l'acte de nomination pour assermentation des six agents concernés :

5. Les procès-verbaux d'assermentation de M. H, M. A, M. C, M. B, M. D, M. G constituent des documents administratifs communicables en application de l'article L. 311-1 du code précité sans que l'identité de ces agents ainsi assermentés doive être occultée et, d'autre part, que l'acte concernant leurs nominations transmis au tribunal pour assermentation sont également communicables sous réserve de l'occultation préalable, le cas échéant, des mentions relevant du secret de leur vie privée. Dès lors, aucun obstacle ne s'oppose à la communication de ces deux types de documents.

En ce qui concerne la communication de la carte professionnelle des six agents concernés :

6. D'une part, les cartes professionnelles des agents assermentés sont communicables à toute personne qui en fait la demande, en application de l'article L. 311-1 du code précité et, en application de l'article L. 311-6 du même code, de l'occultation préalable des mentions relevant du secret de la vie privée des agents concernés. Dès lors, aucun obstacle ne s'oppose à la communication de ce type de documents concernant M. C, M. B, M. D, M. G.

7. D'autre part, ainsi qu'il a été dit dans le jugement n° 2300321 du 11 juin 2024 du tribunal, il n'est pas sérieusement contesté que la carte de M. H a été détruite à la suite de sa retraite. Aussi, la demande de communication doit être regardée comme portant sur un document inexistant. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration que le directeur de l'IFCE a pu opposer un refus à la communication de ce document.

En ce qui concerne la communication de la demande initiale de Mme K concernant le contrôle du 25 novembre 2019 :

8. Ainsi qu'il a été dit dans le jugement n° 2300321 du 11 juin 2024 du tribunal, le contrôle du 25 novembre 2019 sur la propriété de l'intéressée qui a bien été réalisé à la demande de Mme K et du comité opérationnel départemental anti-fraude (Codaf), et donc du procureur de la République d'Avignon, constituent des documents administratifs communicables, sous réserve selon l'avis de la Cada n° 20230114 du 16 février 2023, qu'il n'aient pas été établis par le procureur de la République en vue de leur transmission à ce dernier, auquel cas de tels documents revêtiraient un caractère judiciaire et seraient exclus du champ d'application du livre III du code des relations entre le public et l'administration. En l'espèce, il n'est pas sérieusement contesté que les documents demandés seraient effectivement concernés par la réserve émise par la Cada. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le directeur général de l'Institut français du cheval et de l'équitation a refusé de communiquer à la requérante tout document confirmant que le contrôle du 25 novembre 2019 a bien été réalisé à la demande de Mme K et du comité opérationnel départemental anti-fraude (Codaf), et donc du procureur de la République d'Avignon, doivent être rejetées.

En ce qui concerne le rapport qui a été rendu suite au contrôle diligenté sur sa propriété le 25 novembre 2019 :

9. Les comptes rendus des missions de contrôle d'établissements auxquelles participent les agents de l'IFCE constituent des documents administratifs communicables à la personne qui en a fait l'objet. Dès lors, aucun obstacle ne s'oppose à la communication de ce rapport à l'intéressée.

10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme I est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 19 avril 2023 par laquelle le directeur de l'IFCE a implicitement et seulement refusé de lui communiquer le procès-verbal de la prestation de serment, l'acte de nomination pour assermentation de M. H, M. A, M. C, M. B, M. D, M. G, la carte professionnelle de M. C, M. B, M. D, M. G et le rapport qui a été rendu suite au contrôle diligenté sur sa propriété le 25 novembre 2019.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

11. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au directeur de l'IFCE de communiquer à Mme I le procès-verbal de la prestation de serment ainsi que l'acte de nomination de M. H, M. A, M. C, M. B, M. D, M. G pour assermentation, sous la réserve indiquée au point 5, et la carte professionnelle de M. C, M. B, M. D, M. G, sous la réserve indiquée au point 6, et le rapport qui a été rendu suite au contrôle diligenté sur sa propriété le 25 novembre 2019, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par l'IFCE soit mise à la charge de Mme I, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du 19 avril 2023 du directeur de l'IFCE refusant la communication de la réponse de l'IFCE à la demande initiale de Mme K et la carte professionnelle de M. A.

Article 2 : La décision du 19 avril 2023 par laquelle le directeur de l'IFCE a implicitement rejeté la demande de communication du procès-verbal de la prestation de serment, de l'acte de nomination pour assermentation de M. H, M. A, M. C, M. B, M. D, M. G, la carte professionnelle de M. C, M. B, M. D, M. G et le rapport qui a été rendu suite au contrôle diligenté sur la propriété de l'intéressée le 25 novembre 2019, est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au directeur de l'IFCE de communiquer à Mme I les documents cités à l'article 2, sous réserve de l'occultation préalable, le cas échéant, des mentions relevant du secret de la vie privée concernant l'acte de nomination et la carte professionnelle des agents concernés, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme J I et à l'Institut français du cheval et de l'équitation.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le magistrat désigné,

A. F

La greffière,

M. E

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef

La Greffière

M. E00jb

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