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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300953

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300953

vendredi 8 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300953
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juin 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Indre a rejeté son recours à l'encontre d'un indu d'un montant de 652,99 euros au titre de l''aide personnalisée au logement.

Il soutient qu'il a travaillé 50,5 heures en février 2021 et non 92 heures comme indiqué par la caisse d'allocations familiales, de même qu'il a travaillé 42 heures en mars 2023 et non 86 heures et n'a pas davantage enregistré de changement de situation le 1er février 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Indre conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. D a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande l'annulation de la décision du 9 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Indre a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 652,99 euros au titre d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent :1° L'aide personnalisée au logement () ". Aux termes de l'article L. 822-5 du même code : " Les aides personnelles au logement ne sont dues qu'aux personnes payant un minimum de loyer, compte tenu de leurs ressources et de la valeur en capital de leur patrimoine, lorsque cette valeur est supérieure à un montant fixé par voie réglementaire () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : () 2° Ses ressources () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer () ". Aux termes de l'article R. 822-14 du même code : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint se trouve, depuis au moins deux mois consécutifs, à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux mois consécutifs au cours de la période de paiement, en chômage total et qu'il perçoit l'allocation d'assurance prévue à l'article

L. 5422-1 du code du travail ou lorsqu'il se trouve en chômage partiel et qu'il perçoit l'allocation spécifique prévue à l'article L. 5122-1 du même code, ou perçoit l'allocation des travailleurs indépendants mentionnée à l'article L. 5424-25 du même code, les revenus d'activité professionnelle dont bénéficie l'intéressé sont affectés d'un abattement de 30 %. Cette mesure s'applique à partir du premier jour du deuxième mois civil suivant celui au cours duquel est intervenu le changement de situation. () ". Aux termes de l'article R. 822-15 du même code : " Il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage de l'intéressé lorsque celui-ci ou son conjoint est en chômage total depuis au moins deux mois consécutifs à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux mois consécutifs au cours de la période de paiement et s'il se trouve dans l'une des situations suivantes :1° Il ne bénéficie pas ou ne bénéficie plus d'une indemnisation dans les conditions mentionnées par l'article

R. 822-14 ; () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision, qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qu'il lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. En l'espèce, l'intéressé, inscrit à France Travail, a demandé à bénéficier de l'aide personnalisée au logement le 8 novembre 2016 qu'il obtient. Suite à un contrôle de sa situation en novembre 2022, il est apparu sur le fondement des informations fournies par France Travail non sérieusement contestées par le requérant que ce dernier a eu une activité salariée du 1er novembre 2020 au 30 juin 2021. Cette activité salariée a pour conséquence de mettre un terme à l'abattement sur ses ressources pour l'étude de son droit à l'aide en cause, ce qui a engendré le trop-perçu en litige pour la période de février à juillet 2021. Dans ces conditions, M. B ne pouvait bénéficier dudit abattement et c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales a mis à sa charge l'indu en question. Le requérant n'est donc pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.

5. La bonne foi n'étant pas remis en cause par la caisse, le requérant peut demander, s'il s'y croit fondé, à la caisse d'allocations familiales de l'Indre de lui octroyer une remise gracieuse de sa dette en fonction de sa situation de précarité.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. B est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Indre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

A. D

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef

La Greffière

M. C

if

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