mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301082 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CHRISTIAN DELPY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2023, Mme A D, représentée par Me Bouillaguet, demande au tribunal :
1°) de condamner le Greta Berry à lui verser la somme de 25 875 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis à la suite de son accident de service du 20 décembre 2017 ;
2°) de mettre à la charge de cet établissement la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la responsabilité :
- la responsabilité sans faute du Greta est engagée en raison de l'accident de service dont elle a été victime le 20 décembre 2017 ;
En ce qui concerne la réparation des préjudices, elle demande à être indemnisée de la façon suivante :
- déficit fonctionnel temporaire : 5 291 euros ;
- souffrances endurées : 10 000 euros ;
- déficit fonctionnel permanent : 7 000 euros ;
- préjudice esthétique : 800 euros ;
- assistance à tierce personne : 2 784 euros.
Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2023, la CPAM du Loir-et-Cher, demande au tribunal :
1°) de condamner le Greta du Berry à lui verser une somme de 25 422,59 euros en remboursement de ses débours ;
2°) de condamner cet établissement public à lui verser une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
3°) de mettre à la charge du Greta une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 5 février 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de la requête tendant à la réparation des préjudices résultant de l'accident de travail dont Mme A D a été victime, ces conclusions relevant, en l'absence de faute intentionnelle de l'employeur, de la compétence du juge judiciaire.
Le Greta défendeur a présenté ses observations sur ce moyen relevé d'office par un courrier du 6 février 2025 qui a été communiqué.
Mme D a présenté ses observations sur ce même moyen par un courrier du 10 février 2025 qui a été communiqué.
Vu :
- le rapport du Dr C, expert, du 7 novembre 2019.
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées :
- le rapport de M. Martha ;
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, a été engagée le 19 décembre 2017 par le Greta de l'Indre, devenu Greta Berry, en qualité d'agent vacataire pour une mission à mener le 20 décembre 2017, à hauteur de 7 heures, aux fins de contribuer aux travaux d'un jury d'examen. A la fin de cette mission, l'intéressée a glissé dans les escaliers et a chuté sur une dizaine de marches. Une fracture du plateau tibial du genou gauche ayant été diagnostiquée, l'intéressée a été opérée par ostéosynthèse le 21 décembre 2017, a été transférée à la sortie de son hospitalisation en soins de suite et de rééducation puis a été réopérée le 28 novembre 2018. Considérant avoir été victime d'un accident de service dont a résulté pour elle un certain nombre de préjudices, elle a adressé une demande préalable au Greta le 15 février 2023, reçue le 22 février suivant. Cette demande ayant été implicitement rejetée, Mme D demande au tribunal de condamner cet établissement public à lui verser une somme de 25 875 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de cet accident. La CPAM du Loir-et-Cher demande quant à elle au tribunal de condamner ce même établissement à lui verser une somme de 25 422,59 euros en remboursement de ses débours.
Sur la responsabilité sans faute :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". Aux termes de l'article L. 142-8 de ce code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ".
3. En outre, aux termes de l'article L. 451-1 du code de la sécurité sociale : " Sous réserve des dispositions prévues aux articles L. 452-1 à L. 452 -5, L. 454-1, L. 455-1, L. 455-1-1 et L. 455-2 aucune action en réparation des accidents et maladies mentionnés par le présent livre ne peut être exercée conformément au droit commun, par la victime ou ses ayants droit ". Aux termes de l'article L. 452-1 du même code : " Lorsque l'accident est dû à la faute inexcusable de l'employeur ou de ceux qu'il s'est substitués dans la direction, la victime ou ses ayants droit ont droit à une indemnisation complémentaire dans les conditions définies aux articles suivants ". L'article L. 452-3 de ce code prévoit que : " () la victime a le droit de demander à l'employeur devant la juridiction de sécurité sociale la réparation du préjudice causé par les souffrances physiques et morales par elle endurées, de ses préjudices esthétiques et d'agrément ainsi que celle du préjudice résultant de la perte ou de la diminution de ses possibilités de promotion professionnelle () ". Ce dernier article, tel qu'interprété par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2010-8 QPC du 18 juin 2010, prévoit que, dans le cas d'une faute inexcusable de l'employeur, la victime a le droit de demander à l'employeur, devant la juridiction de sécurité sociale, la réparation de l'ensemble des dommages non couverts par le livre IV du code de la sécurité sociale qui ont résulté pour elle de l'accident. Aux termes de l'article L. 452-5 de ce code : " Si l'accident est dû à la faute intentionnelle de l'employeur ou de l'un de ses préposés, la victime ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ". En revanche, en dehors des hypothèses dans lesquelles le législateur a entendu instituer un régime de responsabilité particulier, un agent non titulaire de droit public, fut-il vacataire, dès lors qu'il ne se prévaut pas d'une faute intentionnelle de son employeur ou de l'un des préposés de celui-ci, ne peut exercer contre cet employeur une action en réparation devant les juridictions administratives, conformément aux règles du droit commun, à la suite d'un accident du travail dont il a été la victime.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme D avait la qualité d'agent vacataire quand elle a été victime de son accident le 20 décembre 2017, lequel a été reconnu en accident de travail par l'expert, le docteur C, et la caisse de sécurité sociale dont relevait Mme D. L'intéressée ne se prévaut pas de ce que cet accident du travail serait dû à la faute intentionnelle de son employeur ou de l'un de ses préposés, et n'apporte au surplus pas d'élément de nature à établir que cet accident serait le résultat d'une volonté de lui causer un dommage. Par suite, et eu égard aux dispositions citées au point 3, elle ne peut pas rechercher devant la juridiction administrative la responsabilité du Greta à la suite de l'accident du travail dont elle a été la victime sur le fondement d'une responsabilité sans faute.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée comme étant portée devant une juridiction incompétente pour en connaître. Par voie de conséquence, la demande de remboursement et autres conclusions présentées par la caisse doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme D est rejetée comme portée devant un ordre juridictionnel incompétent pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions présentées par la CPAM du Loir-et-Cher sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D, au Greta Berry et à la CPAM du Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025 à laquelle siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Crosnier, premier conseiller,
- M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUSLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. B
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026