jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301106 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CHARTIER PREVOST -PLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 juin 2023, le 13 décembre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué et le 26 janvier 2024, Mme C A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du conseil municipal d'Aubusson du 22 mars 2023 portant approbation du compte administratif 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aubusson une somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir en sa qualité de contribuable de la commune ;
- le compte administratif 2022 est insincère ;
- la délibération litigieuse reflète la décision du maire de ne pas exécuter une décision de justice et méconnaît les dispositions des articles L. 211-2, L. 211-5 et L. 100-2 du code des relations entre le public et l'administration ainsi que celles de l'article L. 911-9 du code de justice administrative.
Des pièces complémentaires, enregistrées le 6 décembre 2024, ont été présentées pour Mme A et n'ont pas été communiquées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2024, la commune d'Aubusson, représentée par Me Plas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme A.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier ;
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public ;
- et les observations de Me A et de Me Plas représentant la commune d'Aubusson.
Considérant ce qui suit :
1. Par son jugement n° 2001057 du 22 septembre 2022, le tribunal administratif de Limoges a annulé la délibération n° 8 du 4 juin 2020 approuvant la mise en place d'un fonds d'urgence et de solidarité communale (FUSC) d'un montant de 185 000 euros. Considérant que cette somme ne figure pas dans la partie " recettes " des restes à réaliser du compte administratif 2022, tout comme les intérêts au taux légal à verser suite à des condamnations précédentes de la commune qui ne figurent pas dans la partie " dépenses " de ces mêmes restes à réaliser, Mme C A demande au tribunal d'annuler la délibération du 22 mars 2023 approuvant ce compte administratif au motif de son absence de sincérité.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1612-12 du code général des collectivités territoriales : " L'arrêté des comptes de la collectivité territoriale est constitué par le vote de l'organe délibérant sur le compte administratif présenté selon le cas par le maire, le président du conseil départemental ou le président du conseil régional après transmission, au plus tard le 1er juin de l'année suivant l'exercice, du compte de gestion établi par le comptable de la collectivité territoriale. () ".
3. Le compte administratif soumis au conseil municipal doit contenir toutes les opérations effectuées au cours de l'exercice écoulé en conformité avec le compte de gestion établi par le comptable public. Il suit de là, que la sincérité du compte administratif s'entend comme imposant l'exactitude des comptes qu'il retrace. Par suite, le moyen tiré de ce que le compte administratif de l'exercice 2022 de la commune d'Aubusson, qui n'a pour finalité que de retracer l'ensemble des opérations comptables réalisées au cours de cet exercice, n'est pas sincère au motif qu'une recette ou qu'une dépense non engagée n'y figure pas, ou que le maire de la commune refuse de respecter une décision de justice ne peut être utilement soulevé.
4. En deuxième lieu, la délibération par laquelle le conseil municipal d'Aubusson a approuvé le compte administratif de l'exercice 2022 constitue un acte à caractère réglementaire et n'est pas soumise, en tant que telle, à l'obligation de motivation au sens des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'article L. 100-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " L'administration agit dans l'intérêt général et respecte le principe de légalité. Elle est tenue à l'obligation de neutralité et au respect du principe de laïcité. Elle se conforme au principe d'égalité et garantit à chacun un traitement impartial. ". Si la requérante soutient que la délibération litigieuse méconnaît le sens de ces dispositions en ce qu'elle entraînerait une rupture d'égalité entre les créanciers, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que ce moyen est inopérant à l'encontre d'une délibération approuvant le compte administratif d'une commune.
6. En quatrième lieu, la requérante soutient que la délibération litigieuse doit être annulée sur le fondement de l'article L. 911-9 du code de justice administrative au motif que le maire de la commune d'Aubusson n'a pas procédé dans le délai de deux mois au mandatement des sommes dues en exécution du jugement du tribunal n° 2101442 du 1er décembre 2021 et n°1901314 du 5 mai 2022. Si ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée dans le délai prescrit, d'obtenir le mandatement d'office de la somme que la partie perdante est condamnée à lui verser par cette même décision, ce moyen est toutefois inopérant dans le cadre du présent litige dirigé contre la délibération du 22 mars 2023 approuvant le compte administratif de l'exercice 2022.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A aux fins d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aubusson, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
9. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A le versement de la somme que la commune d'Aubusson demande au titre de ce même article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune d'Aubusson.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. B
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026