Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301177

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301177
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en juge unique, a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne de lui accorder une remise gracieuse sur deux indus de prime d'activité (429,04 € et 389,27 €). La requérante invoquait une erreur de calcul et sa situation financière difficile. Le tribunal a estimé que l'indu résultait d'une déclaration incomplète de ses ressources par Mme B, sans qu'elle établisse l'erreur alléguée, et qu'elle ne justifiait pas d'une précarité suffisante pour justifier une remise. La décision s'appuie sur les articles L. 843-1 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des pièces, enregistrés les 6 juillet, 9 août 2023, 22 avril et 27 août 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler les décisions du 11 mai 2023 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a rejeté ses demandes de remises gracieuses au titre de deux indus de prime d'activité pour des montants de 429,04 euros et 389,27 euros.

Elle soutient que :

- la caisse d'allocations familiales a commis une erreur de calcul ;

- elle est dans une situation financière difficile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle de ressources, il a été constaté que Mme B n'avait pas correctement déclaré ses salaires, ce qui a engendré, le 24 mars 2023, deux indus de prime d'activité pour des montants de 429,04 euros et 389,27 euros pour la période d'août 2021 à avril 2022. Le 27 mars suivant, l'intéressée a demandé une remise gracieuse totale de ces deux dettes. Par décisions du 11 mai 2023, la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne a rejeté ses demandes. Mme B demande l'annulation de celles-ci.

2. Aux termes des articles L. 843-1 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales [] ", " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. [] La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. En l'espèce, à la suite de la réception des ressources 2021 transmises par les services fiscaux, il est apparu que Mme B avait déclaré 24 725 euros de salaires et 1 495 euros de pensions alimentaires. Toutefois, pour cette même année, il n'est pas contesté que l'intéressée n'a déclaré à la Caf que 450 euros de pensions alimentaires, ce qui a engendré les indus précités. Si Mme B se borne à soutenir que les indus procèderaient d'une erreur de calcul de la Caf, elle ne l'établit pas.

5. A la date de ses demandes de remises de dettes, l'intéressée, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, avait un quotient familial de 993 euros. Elle ne produit également aucun justificatif concernant la nature et l'importance de ses charges et de ses ressources, autre que son avis d'imposition 2024 pour des revenus déclarés en 2021 pour le montant cité au point 4, qui ferait obstacle à ce qu'elle puisse rembourser ces indus.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre du travail et de l'emploi. Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

M. D

La République mande et ordonne

à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef

La Greffière

M. D

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