lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301178 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SOLTNER RAPHAEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2023, M. F E, représenté par Me Des Champs de Verneix, demande au tribunal :
1°) de désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, chargé de se prononcer sur l'origine des désordres affectant la maison d'habitation dont il est propriétaire situé au 105 avenue Ernest Ruben à Limoges ;
2°) de réserver les dépens.
Il soutient que :
- il est propriétaire d'une maison d'habitation à Limoges qui est affectée d'inondations à la suite de travaux réalisés en 2011 relatifs à l'effacement des réseaux, la reprise des travaux d'assainissement, des trottoirs, de l'éclairage public dans l'avenue Ernest Ruben et la rue Saint-Georges ;
- estimant que ces inondations étaient en lien avec ces travaux, une expertise à l'amiable a été diligentée le 25 août 2015 par le cabinet Cyndexia concluant à ce que la présence d'inondations était due à la rue et aux trottoirs et que des travaux étaient nécessaires pour remédier à ces inondations ; la communauté d'agglomération n'a pas effectué les travaux indiqués dans le rapport et les désordres ont continué ; la société orange a effectué les travaux d'étanchéités indiqués dans le rapport ;
- une expertise judiciaire a été ordonnée par le tribunal administratif de Limoges par une ordonnance n° 1600741 du 29 septembre 2016 ; l'expert a conclu que l'insuffisance du réseau communal d'évacuation des eaux pluviales était à l'origine des désordres ;
- la communauté d'agglomération de Limoges a refusé d'effectuer les travaux préconisés par l'expert ; il a demandé au tribunal administratif de Limoges la condamnation financière de la communauté d'agglomération ainsi que l'injonction d'effectuer les travaux préconisés par l'expert ; par un arrêt de la Cour d'appel de Bordeaux du 17 novembre 2022, la communauté d'agglomération a été condamnée à payer 1 500 euros d'indemnités et la cour l'a enjointe à réaliser les travaux dans un délai de trois mois ; la communauté urbaine Limoges Métropole est intervenue en décembre 2022 pour réaliser ces travaux ;
- sa demande est utile dès lors que les infiltrations continuent malgré les travaux réalisés par la communauté urbaine Limoges Métropole.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2023, la communauté urbaine Limoges Métropole, représentée par Me Soltner, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise mais formule les protestations et réserves d'usage, demande à ce que la mesure d'expertise soit complétée, constater la conformité des travaux réalisés par la communauté urbaine Limoges Métropole au regard des prescriptions du rapport d'expertise de M. B et constater le défaut d'étanchéité du mur de l'immeuble évoqué par la communauté urbaine de Limoges Métropole, et réserver les dépens.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 août 2023 et le 31 août 2023, la société Orange, représentée par Me Villette, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. E la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Normand, vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. (). ".
2. M. E sollicite une mesure d'expertise portant sur l'origine de l'infiltration, située dans la cave de sa maison d'habitation au 105 avenue Ernest Rubens à Limoges, qui perdure malgré la réalisation de travaux sur le domaine public intervenus après expertise judiciaire. Cette requête tendant à la désignation d'un expert présente le caractère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à la demande d'expertise sollicitée, en présence de la société SADE CGTH, titulaire du lot n°1 du marché public de travaux relatif à la construction de réseaux d'eaux pluviales et d'eaux usées, et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les réserves exprimées :
3. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte des protestations ou des réserves. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la charge des frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. ()". Aux termes de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il n'appartient pas au juge des référés de fixer les conditions dans lesquelles les frais d'expertise seront supportés, lesquels feront l'objet d'une ordonnance de taxation après établissement du rapport. Les conclusions présentées en ce sens par les requérants et la communauté urbaine Limoges Métropole ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". L'article R. 761-1 du même code dispose que : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
7. La présente procédure ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'expertise. Il n'y a pas lieu pour le juge des référés de faire droit aux conclusions de la société Orange tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il s'ensuit que la demande présentée par la société Orange sur le fondement de cette disposition doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. D A, domicilié 204, route de Vert à Luglon (40630) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux des désordres affectant la propriété de M. E située sur la commune de Limoges, au 105 avenue Ernest Ruben, se faire communiquer toutes les pièces et tous les documents qu'il estimera nécessaires à l'accomplissement de sa mission et entendre tous sachants afin de recueillir leurs dires et explications ;
2°) opérer des constats sur site et procéder aux constats des désordres affectant la maison d'habitation de M. E ;
3°) rechercher l'origine et les causes de ces désordres, notamment s'ils sont en lien avec l'état de la maison d'habitation ou les travaux réalisés sur le domaine public après la dernière expertise, et fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) déterminer, le cas échéant, la nature et le coût des mesures de nature à prévenir ou limiter les dommages susceptibles de survenir ainsi que la nature et le coût des travaux de nature à remédier durablement aux désordres ;
5°) de manière générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
Article 2:L'expert ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3:L'expertise aura lieu en présence de M. E, de la communauté urbaine Limoges métropole et de la société Orange, ainsi que leurs représentants.
Article 4 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative dans leur rédaction issue du décret modifié n° 2010-164 du 16 juin 2023. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert avertira les parties par lettre recommandée, quatre jours au moins à l'avance, des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme France transfert, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours avant le 20 avril 2024.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : Les conclusions de la Société Orange présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F E, à la communauté urbaine Limoges métropole, à la société Orange et à M. D A, expert.
Limoges, le 23 octobre 2023
Le juge des référés,
N. NORMAND
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La greffière,
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026