jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301327 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, M. B C, représenté par Me Marty, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 juin 2023, ensemble la décision implicite rejetant son recours administratif préalable née en cours d'instance le 29 août 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a mis fin à son contrat jeune majeur à compter du 15 juillet 2023 ;
2°) d'enjoindre au conseil départemental de la Haute-Vienne, à titre principal, de poursuivre sa prise en charge dans le cadre de son contrat jeune majeur et, à titre subsidiaire, de prendre une décision le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de la Haute-Vienne la somme de 1 800 euros à verser à son conseil, en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée sous réserve de renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2023, le département de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Christophe a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant ivoirien né le 31 décembre 2004, est entré en France en 2020. Par un jugement en assistance éducative du 11 décembre 2020, le juge des enfants de D le reconnaît mineur et décide de le confier aux services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Haute-Vienne. Le 31 décembre 2022, un contrat visant à l'accompagnement éducatif et social d'un jeune majeur est conclu entre M. C et le département de la Haute-Vienne. Par une décision du 19 juin 2023, le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a notifié à l'intéressé le refus de renouvellement de sa prise en charge au titre du dispositif jeune majeur à compter du 15 juillet 2023. M. C a formé le 27 juin 2023 le recours administratif préalable de l'article L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles. Le président du conseil départemental n'a pas répondu à ce recours de sorte qu'est née le 29 août 2023, en cours d'instance, une décision implicite de rejet. L'intéressé demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'office du juge :
2. Aux termes de l'article L. 111-2 du code de l'action sociale et des familles : " Les personnes de nationalité étrangère bénéficient dans les conditions propres à chacune de ces prestations : 1° Des prestations d'aide sociale à l'enfance ; () / Elles bénéficient des autres formes d'aide sociale, à condition qu'elles justifient d'un titre exigé des personnes de nationalité étrangère pour séjourner régulièrement en France () ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article () ".
3. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, qui a modifié cet article sur ce point, les jeunes majeurs de moins de 21 ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficient d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants.
4. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Il résulte de l'instruction que M. C a été pris en charge par le département de la Haute-Vienne suite au jugement en assistance éducative rendu par le tribunal pour enfants de D le 11 décembre 2020 alors qu'il était encore mineur, et qu'il relève ainsi des dispositions précitées du 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles. Si le département fait valoir que M. C vient d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle de maintenance des véhicules, qu'il est hébergé et qu'il démontre une capacité d'autonomie lui permettant de chercher et de trouver un emploi, le requérant soutient, pour sa part, qu'il est dépourvu de toute ressources ou revenus et qu'il ne trouve pas d'emploi dans le cadre de sa formation. Il ressort effectivement des éléments du dossier que le requérant bien que titulaire d'un CAP de maintenance de véhicules spécialité poids lourds ne trouve pas d'emploi dans cette filière et envisage, entre autres options, de se réorienter vers la maintenance de machines agricoles. En outre, le dispositif Declic axé sur l'insertion professionnelle, s'il peut aider le requérant dans sa réflexion sur son avenir en termes de formation ou d'apprentissage et lui offre un hébergement temporaire, ne lui octroie cependant aucune ressource et n'est pas adapté aux besoins spécifiques d'accompagnement d'un jeune majeur. Enfin, le rapport rédigé par l'institut Don Bosco le 28 mai 2023 précise que M. C a toujours besoin d'aide et de soutien car il est en difficulté dans la lecture et l'écriture et qu'il est sans ressources. Dans ces conditions et alors que l'intéressé ne dispose ni de ressources ni de soutien familial, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, M. C est fondé à soutenir que la décision refusant sa prise en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles et à en demander pour ce motif l'annulation.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision en litige et d'admettre M. C au bénéfice de l'aide sociale à l'enfance en qualité de jeune majeure.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Conformément aux pouvoirs du juge tels que rappelés au point 4 et aux motifs d'annulation retenus, il y a lieu de renvoyer M. C devant le département de la Haute-Vienne afin qu'il confirme dans un délai d'un mois à compter du présent jugement, les modalités du contrat jeune majeur qui a été conclu le 25 août 2023 entre M. C et le département suite à l'ordonnance rendue le 18 août 2023 par le juge des référés du tribunal suspendant l'exécution de la décision du 19 juin 2023 attaquée et enjoignant au président du conseil départemental de prendre en charge l'intéressé à titre provisoire dans le cadre du dispositif du contrat jeune majeur. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 19 juin 2023, ensemble la décision implicite rejetant le recours administratif préalable de M. C, née en cours d'instance le 29 août 2023, par laquelle le président du conseil départemental a mis fin à son contrat jeune majeur à compter du 15 juillet 2023, est annulée.
Article 2:M. C est admis au bénéfice de l'aide sociale à l'enfance en qualité de jeune majeur.
Article 3:M. C est renvoyé devant le département de la Haute-Vienne afin qu'il confirme les modalités du contrat jeune majeur conclu le 25 août 2023, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4:Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5:Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Marty et au département de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Slimani, premier conseiller,
- M. Christophe, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
M. A
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026