jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301363 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL VALIERE VIALEIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2023, la société Scalis, représentée par Me Valière-Vialeix, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 11 265,61 euros en réparation du préjudice subi du fait du refus de concours de la force publique ;
2°) de mettre à la charge de l'État, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 3 000 euros.
Elle soutient que :
- le préfet de l'Indre a gardé le silence à la suite de la demande présentée le 19 mai 2020 par l'huissier de justice mandaté afin de requérir le concours de la force publique en exécution d'un jugement prononçant la résiliation du bail et ordonnant la libération des lieux ; à l'issue d'un délai de deux mois, cette demande n'ayant pas été satisfaite, la responsabilité de l'Etat est engagée sur le fondement de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution ;
- le 13 février 2023, une demande indemnitaire a été adressée au préfet de l'Indre, portant sur la somme de 11 265,61 euros en raison du préjudice subi en lien avec le refus opposé de lui accorder le concours de la force publique afin de procéder à l'expulsion d'occupants d'un logement situé rue Dieudonné Costes sur le territoire de la commune de Châteauroux.
La requête a été transmise au préfet de l'Indre qui n'a pas produit d'observation malgré une mise en demeure de produire qui lui a été adressée le 23 octobre 2023 au titre de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 23 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 décembre 2023 à 16h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner,
- et les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Scalis a conclu avec des particuliers un bail d'habitation portant sur un logement situé rue Dieudonné Costes sur le territoire de la commune de Châteauroux. Par un jugement du 14 février 2020, le tribunal judiciaire de Châteauroux a constaté la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire, ordonné aux occupants de libérer les lieux et dit qu'à défaut, leur expulsion pourrait être poursuivie, le cas échéant avec l'assistance de la force publique. Cette décision a été signifiée aux occupants des lieux le 21 février 2020 par voie d'huissier de justice et un commandement de quitter les lieux a été transmis à la préfecture de l'Indre le 26 février 2020. Le 20 mai 2020, à la demande de la société Scalis, un huissier de justice a requis le concours de la force publique afin de procéder à l'expulsion de l'occupant de ce logement. Par un courrier du 13 février 2023 reçu le 15 février suivant, la société a saisi le préfet de l'Indre d'une demande indemnitaire. Devant le silence de l'administration, elle sollicite la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 11 265,61 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ". Aux termes de l'article R. 153-1 de ce code : " Si l'huissier de justice est dans l'obligation de requérir le concours de la force publique, il s'adresse au préfet. / La réquisition contient une copie du dispositif du titre exécutoire. Elle est accompagnée d'un exposé des diligences auxquelles l'huissier de justice a procédé et des difficultés d'exécution. / Toute décision de refus de l'autorité compétente est motivée. Le défaut de réponse dans un délai de deux mois équivaut à un refus. / Ce refus est porté à la connaissance du créancier par l'huissier de justice ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Si l'expulsion porte sur un lieu habité par la personne expulsée ou par tout occupant de son chef, elle ne peut avoir lieu qu'à l'expiration d'un délai de deux mois qui suit le commandement, sans préjudice des dispositions des articles L. 412-3 à L. 412-7. ( ) ". Aux termes de l'article L. 412-5 de ce même code : " Dès le commandement d'avoir à libérer les locaux, l'huissier de justice chargé de l'exécution de la mesure d'expulsion en saisit le représentant de l'Etat dans le département () ". Aux termes de l'article R. 412-2 du même code : " () l'huissier de justice envoie au préfet () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, copie du commandement d'avoir à libérer les locaux () ".
4. Il résulte de l'instruction que le concours de la force publique a été demandé le 20 mai 2020 par l'huissier de justice chargé de l'exécution du jugement du tribunal judiciaire de Châteauroux du 14 février 2020. En gardant le silence pendant plus de deux mois sur cette demande, le préfet de l'Indre a opposé un refus implicite à la société. En outre, le concours de la force publique a été accordé par le préfet de l'Indre à compter du 1er juin 2022. Par suite, la responsabilité de l'Etat se trouve engagée à compter du 20 juillet 2020 jusqu'au 1er juin 2022 inclus.
En ce qui concerne le préjudice :
5. Il résulte de l'instruction que le tribunal judiciaire de Châteauroux a fixé l'indemnité d'occupation des lieux à la somme de 509,14 euros correspondant au montant du loyer actualisé augmenté de la provision mensuelle sur charges. En tenant compte du montant ainsi fixé, le montant de l'indemnité d'occupation dû au cours de la période ayant couru du 20 juillet 2020 au 1er juin 2022 inclus est de 11 415,14 euros, dont il convient de déduire la somme de 400 euros que la société indique avoir perçu des occupants au titre de la période considérée. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par la société Scalis en l'estimant à la somme totale de 11 015,14 euros.
6. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à la société Scalis la somme totale de 11 015,14 euros en réparation du préjudice subi du fait du refus de concours de la force publique.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la société Scalis d'une somme de 800 euros.
D E C I D E :
Article 1er: L'Etat versera une somme de 11 015,14 euros (onze mille quinze euros et quatorze centimes) à la société Scalis en réparation du préjudice subi du fait du refus de concours de la force publique.
Article 2 : L'État versera la somme de 800 (huit cents) euros à la société Scalis en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à la société Scalis et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Une copie en sera adressée au préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef
La Greffière,
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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01/06/2026