jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301478 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LACOSTE - PLAT - MAISSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 août 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loir-et-Cher, représentée par Me Maury, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de se prononcer sur les conditions dans lesquelles Mme A B a été prise en charge par le centre hospitalier de Châteauroux.
Elle soutient que :
- en vertu d'une convention de délégation, elle gère les créances de la CPAM de l'Indre auprès de laquelle Mme A B était affiliée ; souffrant d'une artérite oblitérante des membres inférieurs avec une claudication à la marche, Mme B a subi une intervention chirurgicale au centre hospitalier de Châteauroux le 11 octobre 2016 ; à la suite de celle-ci, elle a présenté une infection du pontage fémoral qui a nécessité une prise en charge thérapeutique spécifique associée à une reprise chirurgicale consistant en l'ablation du pontage infecté et la réalisation d'un nouveau pontage en bioprothèse ; à compter du 21 novembre 2016, Mme B a été prise en charge par le centre hospitalier régional universitaire de Tours où une reprise chirurgicale a été réalisée le jour même en raison d'une désunion de la cicatrice ; il ressort des éléments qui lui ont été transmis que Mme B aurait, des suites de l'intervention réalisée au sein du centre hospitalier de Châteauroux, présenté une infection sur matériel imposant son ablation aux fins de l'endiguer et que cette infection serait susceptible de présenter un caractère nosocomial ; Mme B est décédée le 22 mars 2017 ;
- la désignation d'un expert est utile dès lors qu'elle a procédé à des versements à Mme B, son assurée, ou à son bénéfice, à la suite des complications intervenues postérieurement à l'intervention qu'elle a subie le 11 octobre 2016 au centre hospitalier de Châteauroux ; il est nécessaire de désigner un expert afin de déterminer si l'infection survenue à la suite de cette intervention présente, ou non, un caractère nosocomial, et si elle est susceptible d'engager, ou non, la responsabilité de l'établissement de santé conformément à l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2023, le centre hospitalier de Châteauroux et la société Relyens mutual insurance, représentés par Me Maissin, déclarent qu'ils ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée, formulent toutes protestations et réserves sur leur mise en cause éventuelle, demandent que la mission de l'expert soit complétée, que le paiement des frais et honoraires de ce dernier soient avancé par la requérante et la réserve des dépens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". En vertu des dispositions précitées, le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction.
2. La mesure d'expertise sollicitée par la CPAM de Loir-et-Cher tendant à déterminer les éventuels manquements commis par le centre hospitalier de Châteauroux concernant la prise en charge médicale de Mme B le 11 octobre 2016, lui ayant fait supporter des frais médicaux en qualité d'assureur en raison des soins dont elle a bénéficié à la suite d'une infection, entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais d'expertise et les dépens :
3. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent () les frais d'expertise () ".
4. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 621-13 du code de justice administrative qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Dès lors, en l'état de l'instruction, les conclusions présentées par le centre hospitalier de Châteauroux et la société Relyens mutual insurance tendant à réserver les dépens ou à ce qu'ils soient avancés par la requérante doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur D C, domiciliée au service prévention risques infectieux du centre hospitalier universitaire d'Orléans, 14 avenue de l'Hôpital, CS 86709 à Orléans (45067 cedex 2) est désignée en qualité d'expert. Elle aura pour mission de :
1°) se faire communiquer le dossier médical de Mme A B, notamment tous documents relatifs à son état de santé antérieurement et postérieurement à l'intervention qu'elle a subie et au suivi médical, aux actes de soin, aux traitements et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge au Chu de Châteauroux et au Chu de Tours ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ;
2°) décrire les soins et prescriptions dont Mme B a fait l'objet et les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge le 11 octobre 2016 ; préciser la nature des différents examens médicaux et interventions chirurgicales qu'elle a subis et leurs motifs ;
3°) donner son avis sur le point de savoir si les lésions dont elle était affectée ont un rapport avec les prises en charge dont elle a fait l'objet au sein du centre hospitalier de Châteauroux ; le cas échéant, déterminer distinctement la part des préjudices présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec les manquements reprochés à cet établissement, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec une possible pathologie initiale, tout état antérieur ou toute autre cause extérieure ;
4°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de l'hospitalisation de Mme B ; dire si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme B et aux symptômes qu'elle présentait ; s'agissant de l'intervention chirurgicale réalisée le 11 octobre 2016, préciser notamment si les mesures d'asepsie ont été correctement respectées, si l'infection peut être qualifiée de nosocomiale et si elle pouvait raisonnablement être évitée ; s'agissant de l'infection, dire quelle est la fréquence de survenue d'un tel accident en général, et la fréquence attendue chez cette patiente en particulier ;
5°) indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à Mme B une chance de voir son état s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader ; chiffrer la perte de chance (pourcentage ou coefficient) ;
6°) de façon générale, recueillir tout élément et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert ne pourra faire appel à un sapiteur sans avoir préalablement sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, du centre hospitalier de Châteauroux et de la société Relyens mutual insurance.
Article 5 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative dans leur rédaction issue du décret n° 2023-468 du 16 juin 2023. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert avertira les parties par lettre recommandée, quatre jours au moins à l'avance, des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme France transfert avant le 30 avril 2024. Il sera communiqué aux parties par le greffe avec un délai d'un mois pour d'éventuelles observations à l'issue duquel l'expert déposera son état de frais.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, au centre hospitalier de Châteauroux, à la société Relyens mutual insurance et au docteur D C, expert.
Limoges, le 9 novembre 2023
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026