mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301531 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Comelec 19 demande au tribunal de prononcer le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) d'un montant de 4 280 euros dont elle disposait au titre du premier trimestre 2023.
Elle soutient que :
- le véhicule en litige, qui a généré un crédit de TVA de 4 016 euros a été acheté par l'entreprise et est utilisé à des fins professionnelles dans le cadre d'une activité de travaux d'électricité ;
- son gérant dispose de deux véhicules pour ses besoins personnels ;
- le concessionnaire ayant vendu le véhicule en litige lui a assuré que le crédit de TVA serait récupérable ;
- sur la carte grise, le véhicule en litige est désigné comme utilitaire ;
- le montant de TVA lors de l'acquisition du véhicule a fait l'objet d'un crédit bancaire de six mois.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SARL Comelec 19 ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillet,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de M. A B, gérant de la SARL Comelec 19.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Comelec 19, qui exerce une activité de travaux électriques, a sollicité, le 19 avril 2023, le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) d'un montant de 4 280 euros au titre du premier trimestre 2023. Ce crédit de TVA a été généré à hauteur de 4 016 euros par l'acquisition d'un véhicule Doblo Cargo de marque Fiat pour un montant de 24 368,76 euros toutes taxes comprises (TTC). Sa réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 20 juillet 2023. Par la présente requête, la SARL Comelec 19 demande au tribunal de prononcer le remboursement de ce crédit de TVA d'un montant de 4 280 euros.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. () ". Aux termes de l'article 205 de l'annexe II de ce code : " La taxe sur la valeur ajoutée grevant un bien ou un service qu'un assujetti à cette taxe acquiert, importe ou se livre à lui-même est déductible à proportion de son coefficient de déduction ". L'article 206 de l'annexe II du même code prévoit, dans sa version applicable au litige : " I. - Le coefficient de déduction mentionné à l'article 205 est égal au produit des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission. () IV. - 1. Le coefficient d'admission d'un bien ou d'un service est égal à l'unité, sauf dans les cas décrits aux 2 à 4. /2. Le coefficient d'admission est nul dans les cas suivants : () 6° Pour les véhicules ou engins, quelle que soit leur nature, conçus pour transporter des personnes ou à usages mixtes, à l'exception de ceux : a. Destinés à être revendus à l'état neuf ; b. Donnés en location ; c. Comportant, outre le siège du conducteur, plus de huit places assises et utilisés par des entreprises pour amener leur personnel sur les lieux du travail ; d. Affectés de façon exclusive à l'enseignement de la conduite ; e. De type tout terrain affectés exclusivement à l'exploitation des remontées mécaniques et des domaines skiables, dans des conditions fixées par décret ; f. Acquis par les entreprises de transports publics de voyageurs et affectés de façon exclusive à la réalisation desdits transports ; () ".
3. Pour apprécier si un véhicule ou un engin a été conçu pour le transport des personnes ou pour un usage mixte au sens de ces dispositions, il y a lieu non pas de se référer aux conditions d'utilisation du véhicule mais de rechercher, compte tenu de ses caractéristiques lors de l'acquisition, l'usage auquel il est normalement destiné.
4. Il résulte de l'instruction que la SARL Comelec 19 a acquis le 22 février 2023, pour les besoins de son activité de travaux électriques, un véhicule de type Doblo Cargo de la marque Fiat dont le certificat d'immatriculation, produit au dossier, mentionne qu'il comprend cinq places assises incluant celle du conducteur. De plus, la facture d'achat indique qu'il s'agit d'une finition " 5 places " et les photos jointes au dossier montrent que ce véhicule dispose de quatre portes avec fenêtres permettant l'accès à l'habitacle. Dès lors, eu égard à ses caractéristiques techniques, quand bien même il relèverait de la catégorie " CTTE " propre aux véhicules utilitaires, ce véhicule, dont la cabine approfondie à l'arrière est conçue pour recevoir sans transformation une banquette de trois places, n'est pas, par nature, conçu exclusivement pour le transport de marchandises mais pour un usage mixte au sens du 6° du 2 du IV de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts. La circonstance, au demeurant non établie, que le véhicule ne serait utilisé, dans les faits, que pour le transport du matériel de la société requérante est sans influence sur l'appréciation du coefficient d'admission, qui dépend des seules caractéristiques du véhicule. Dès lors, la TVA ayant grevé l'acquisition dudit véhicule est exclue du droit à déduction et l'administration a pu légalement refuser d'accorder à la société requérante le remboursement du crédit de TVA qu'elle a sollicité à la suite de cette acquisition.
5. Il résulte de ce qui précède que la SARL Comelec 19 n'est pas fondée à demander le remboursement d'un crédit de TVA de 4 016 euros au titre de la période du 1er trimestre 2023 en raison de l'acquisition du véhicule considéré.
6. En second lieu, aux termes de l'article 242-0 C de l'annexe II du code général des impôts : " () III. - Par dérogation aux dispositions du I, les assujettis placés sous le régime d'acomptes prévu au 3 de l'article 287 du code général des impôts peuvent demander, lors du dépôt du relevé mentionné au dernier alinéa de l'article 242 sexies relatif à l'acompte de juillet ou d'un relevé mentionné au 3 de l'article 242 septies A, un remboursement du crédit constitué par la taxe déductible ayant grevé l'acquisition de biens constituant des immobilisations lorsque son montant est au moins égal à 760 € ".
7. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5, il y a lieu de considérer que le crédit de TVA de la SARL Comelec 19 au titre du premier trimestre 2023 s'élève au maximum à la somme de 264 euros, inférieure au seuil de remboursement institué par ces dispositions. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a refusé le remboursement demandé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Comelec 19 doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société à responsabilité limitée (SARL) Comelec 19 est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) Comelec 19 et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le rapporteur,
K. GILLET
Le président,
D. ARTUS Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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